M. Vivien Saint-Martin

Résumé

M. Vivien Saint-Martin Le Tour du monde

I Dans le mouvement d’émulation qui pousse à l’envi les grandes nations de l’Europe à l’étude approfondie de toutes les contrées et de tous les peuples du globe, dans cet esprit d’investigation si actif et si fécond qui associe la science aux préoccupations mêmes de la politique et du commerce, et qui couvre d’explorateurs les continents et les mers, l’Afrique a eu, depuis vingt ans, la plus large part. C’est là qu’étaient naguère encore les plus grandes lacunes de la carte du monde ; c’est là aussi qu’ont eu lieu les plus grandes découvertes.
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M. Vivien Saint-Martin Le Tour du monde

S’il y a au monde deux contrées différentes, c’est l’Arabie et l’Inde : l’Arabie avec son sol aride et ses déserts sans fin ; l’Inde avec les luxuriants trésors de son inépuisable végétation. Il y a néanmoins un trait commun entre ces deux régions que la nature a faites si dissemblables, c’est de se perdre à demi dans l’inconnu. L’inconnu, pour l’Inde, c’est son passé. Les anciens temps de l’Inde ne nous apparaissent que par de rapides échappées. Ceci n’est pas seulement vrai de son histoire, mais aussi de sa géographie
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M. Vivien Saint-Martin Le Tour du monde

Tout ce qui, dans la nature, les frappe et les étonne, devient dieu pour eux : — le tonnerre qui gronde, l’éclair qui brille, le fleuve qui mugit ; bien moins encore, l’animal qui les effraye, un arbre d’une grandeur peu commune, une montagne, une caverne, un rocher. À un certain endroit de la rivière, où les eaux se brisent contre un récif élevé qui en barre le cours, et que les nègres indigènes nomment dans leur jargon Wheaty-Headé, la Tête-Blanche, il fallut s’arrêter jusqu’à ce que l’équipage de la barque eût fait une offrande à la roche sacrée.
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