Résumé

Marcel de Baillehache Souvenirs intimes d'un lancier de la Garde impériale (1894)

Je le reconnus le premier, car j'étais tout près de la première pile du pont, et, agitant mon bonnet de police, je criai : « Vive l'Empereur! » Aussitôt tout le monde leva la tête et le cri de : « Vive l'Empereur! » s'étendit sur toute la ligne. Il salua lentement d'un air triste et bien accablé. Ce fut l'avant-dernière fois que je le vis. Ce jour-là le Prince impérial vint à cheval visiter les bivouacs de la Garde; il était accompagné du général Bourbaki et de M. Bachon, son écuyer. Il fut chaleureusement acclamé par les troupes.
Source : Gallica

Marcel de Baillehache Souvenirs intimes d'un lancier de la Garde impériale (1894)

Je vis revenir l'Empereur à Saint-Cloud le 19 juillet à 6 heures du soir, le jour de la déclaration officielle de la guerre. Jamais je n'oublierai son visage. Il était enfoncé dans sa voiture, pâle, la tête baissée, le regard fixe, dans l'attitude d'un véritable condamné à mort. On criait autour de lui : « Vive l'Empereur ! à Berlin ! à Berlin! » Mais il pressentait déjà que tout était perdu.
La nation a entraîné l'Empereur dans cette funeste guerre, et, au risque de heurter la légende, il est bon de mettre le pays en présence de son affolement.
Source : Gallica

Marcel de Baillehache Souvenirs intimes d'un lancier de la Garde impériale (1894)

Les fanfares de chasse étaient-elles gaies, c'était l'Empire brillant, respecté et fort ; devenaient-elles graves, elles semblaient sonner le glas funèbre et dire à la France : « Tu as été trop heureuse, tu es montée trop haut, il faut mourir. » Tous les jours un sous-officier de l'escadron se rendait en grande tenue à quatre heures dans la cour du château pour chercher le mot qui se donnait avec une certaine solennité. Un adjudant des palais impériaux arrivait et ordonnait aux chefs des différents postes et au maréchal des logis de cavalerie de former le cercle.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature