Paul Deltuf

Résumé

Paul Deltuf La Ferme du manoir (1887)

« Le beau mérite de penser aux gens quand on les voit ! Le souvenir des absents honore toujours celui qui en est capable, et, bien loin d'en vouloir à Angélique de regretter, même ici, la maison maternelle, je lui en sais bon gré. Ce n'est pas qu'elle soit mal auprès de nous, ce n'est pas qu'elle n'aime tendrement son bon papa et sa bonne maman; c'est qu'elle aime encore plus sa mère, voilà tout. »
Les petits garçons furent vivement émus des sages paroles de M. Godefroy, et ce fut leur tour d'avoir des larmes dans les yeux.
Source : Gallica

Paul Deltuf La Ferme du manoir (1887)

Angélique avait les yeux pleins de larmes. Tout surpris de ces marques de compassion envers un animal comme celui-là, le gardien tira la clef de sa poche d'un air bourru et ouvrit la porte.
Alors ils introduisirent le seau d'eau dans la fourrière, mais ce fut à peine si le vieux cheval en but quelques gorgées.
« Je vous disais bien, » s'écria le gardien d'un ton plus doux, « que cela ne servirait à rien; il
en est à son dernier soupir, c'est fini. Pauvre bête, va ! M'est avis qu'elle a dû faire un fier cheval dans son temps. »
Source : Gallica

Paul Deltuf La Ferme du manoir (1887)

Angélique, toute tremblante et tout près de crier encore, lui dit ce qui lui faisait peur. Alors l'oncle David s'écria en riant : « Comment, petite folle, c'est une vache inoffensive qui te fait cette peur-là?
— Non, mon oncle, je croyais que c'était un taureau, le plus méchant des animaux. »
L'oncle David se mit à rire.
« Tousles taureaux, » continua-t-elle avec insistance, « sont des bêtes sauvages; rien ne peut les apprivoiser. »
Source : Gallica

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