Élie Reclus

Élie Reclus

Résumé

Portrait de Élie Reclus Élie Reclus,  Le Pain

“ L’hostie d’amour était distribuée par la « victime qui demain pouvait elle-même passer par le feu. C’était sa vie, c’était sa mort que l’on mangeait. On y sentait déjà sa chair brûlée. En dernier lieu, on déposait sur elle deux offrandes qui semblaient de chair, deux simulacres : celui du dernier mort de la commune, celui du dernier né. L’assemblée, fictivement, communiait de l’un et de l’autre. Triple hostie, toute humaine. Sous l’ombre vague de Satan, le peuple n’adorait que le peuple. C’était là le vrai sacrifice ». ”
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Portrait de Élie Reclus Élie Reclus,  Le Pain

“ Les pontifes romains adressaient leur culte à Tellumo, force mâle du sol, Tellus, force femelle, Altor, le Nourricier, Russor, le dieu qui reprend, Rusina, la déesse qui renouvelle, tous et toutes s’occupant de l’épi de blé et donnant leur nom à l’un des moments du grand phénomène. On ne savait quel il fallait le plus admirer, mais ce qui plongeait dans les plus longues réflexions était de voir le grain déposé en terre, enseveli à la façon d’un mort. Dans la terre obscure et humide, dans la terre, tombe et matrice, le cadavre se désagrège et se corrompt. ”
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Portrait de Élie Reclus Élie Reclus,  Le Pain

“ À l’origine les dieux avaient accepté l’homme comme l’animal du sacrifice. Mais le Médha — la force magique — s’éloigna de l’homme et entra dans le cheval. Voici que le Médha quitta le cheval pour le bœuf. Du bœuf, le Médha émigra dans la brebis, de la brebis dans la chèvre et de la chèvre dans le sol. Alors les dieux se tinrent pour satisfaits des offrandes de riz et d’orge. Après tout, le grain moulu répond au poil et aux cheveux de l’animal sacrifié, l’eau répandue répond à la peau, la mie à la chair, la croûte aux os, et le beurre dont on l’arrose aux moëlles. ”
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