Jean Renaud

Définition et enjeux

Portrait de Jean Renaud Jean Renaud Tornades (1944)

Tout était bien, et Pierre se sentait à l'aise parmi ces « Errants » et dans ce pays, dont la mélancolie était souvent à l'unisson de sa propre tristesse.
Depuis son arrivée, il avait fui Kasba-Tadla, où le magasin-bistrot s'accote au dancing-lupanar.
Mais il aimait le prodigienx spectacle des crépuscules d'or et de pourpre, à l'heure où les troupeaux rentrent des pâtures.
Il se laissait gagner à l'influence du climat, à la magie de la lumière, dans cette région mystérieuse un peu, où le commandant assurait que, seuls, peuvent vivre les hommes forts : « Le bled tue les autres ! »
Source : Gallica

Portrait de Jean Renaud Jean Renaud Tornades (1944)

Tu vois que ce n'est pas de gaîté de cœur... Il faut !
Il répétait : Il faut ! quand le boy parut à la porte de la véranda :
— Monsieur ton frère, commandant tiraillour, Sidi Nestor y en a là.
Suzanne se leva :
— Laisse-moi partir... Tout est prêt ; j'ai besoin de me retirer... Je reviendrai ensuite.
Elle détournait la tête ; mais elle sentait que des larmes coulaient lentement jusqu'aux coins de sa bouche, y laissant un goût amer.
Elle ne pouvait paraître devant son beau-frère et ses amis avec le sillon nacré des larmes sur ses joues poudrées et avec ses yeux rougis.
Source : Gallica

Portrait de Jean Renaud Jean Renaud Tornades (1944)

Il murmura : c'est enfantin, sans se douter qu'il venait de subir, pour la première fois, cette épreuve du bled, semblable à celle du désert ou de la forêt vierge, et qui n'épargne pas plus les colons que les guerriers.
Il ignorait que, grâce à elle, l'Européen, lavé de ses préjugés, de ses partis pris, de son éducation métropolitaine, comprend mieux le charme des tam-tams, ne s'effare pas des incantations et ne condamne plus, comme ridicule, l'existence des forces, dont les marabouts, les féticheurs et les sorciers sont les prêtres fanatiques et rusés.
Source : Gallica

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