“ LÉONORA. Ah ! monsieur ! avez-vous le cœur de parler de la sorte ? Cette nuit ! LE BARON, désignant les fenêtres de droite. A-t-elle vu ce qu’on prépare là pour demain matin ? LÉONORA. Je l’ai éloignée d’ici et j’ai fermé les rideaux. Elle croit encore que don Gabriel s’est pourvu en cassation ou que le roi lui fera grâce. Si elle avait vu l’horrible machine qu’ils dressent là, elle serait morte. LE BARON. Bah ! les femmes ont la vie plus dure qu’on ne croit. ”
Léonora
Définition et enjeux
Léonora incarne un personnage littéraire complexe, oscillant entre passion, duplicité et sacrifice. Dès le XIXe siècle, des auteurs comme Michel Zévaco ou Émile Montégut l’ont explorée comme une figure de force et de calcul, tandis qu’Alphonse de Lamartine la représente comme une figure morale, à la fois protectrice et victime.
Auguste Maquet la place au cœur d’épreuves émotionnelles, mettant en lumière ses dilemmes amoureux. Ces approches, variées et nuancées, révèlent une Léonora à la fois humaine et symbolique, ancrée dans des récits qui interrogent les rapports de pouvoir et les contradictions de l’âme.
Citations sur “Léonora”
Michel Zévaco,
Le Capitan
(1906)
“ Oui, reprit Léonora, comme si elle eût lu dans la pensée de Lorenzo, il me tuera. Mais pas avant que je lui aie donné le bonheur et la toute-puissance. Alors, je mourrai heureuse, oui, heureuse de mourir par lui et pour lui." Une exaltation de passion auréolait à ce moment la laideur de Léonora. L’amour la transfigurait. À un poète, à un artiste, elle eût semblé belle, réellement belle par l’éclat de ses beaux yeux de ténèbres flamboyantes, par le sourire de ses lèvres pâles, par cette sorte de lumineux dévouement qui avait on ne sait quoi de formidable et d’infiniment doux. ”
Émile Montégut, Dramaturges et romanciers ; Le théâtre de Théodore Barrière…
“ Quant aux deux personnages principaux, nous en parlerons avec quelques détails, car Léonora est la création la plus forte et Carnioli une des créations les plus heureuses de M. Feuillet. Léonora est un type accompli de perfidie ferme et réfléchie. Elle est perfide et rien que perfide ; elle est cruelle sans lâcheté, elle est méchante sans bassesse. Elle est galante sans avoir rien d’une aventurière ou d’une courtisane. Quand elle commet quelque indignité, ne croyez pas que ce soit par instinct de dissimulation, par besoin de vengeance, par orgueil blessé. ”
