“ Torrès. Je veux être le gendre de Joam Garral, et je le serai.—Vous n'ignorez pourtant pas, Torrès, que ma fille va épouser Manoel Valdez?—Vous vous dégagerez vis-à-vis de Manoel Valdez.—Et si ma fille refuse?—Vous lui direz tout, et, je la connais, elle consentira, répondit impudemment Torrès.—Tout?—Tout, s'il le faut. Entre ses propres sentiments et l'honneur de sa famille, la vie de son père, elle n'hésitera pas!—Vous êtes un bien grand misérable, Torrès! dit tranquillement Joam Garral, que son sang-froid n'abandonnait pas.—Un misérable et un assassin sont faits pour s'entendre! ”
Torrès
Définition et enjeux
Citations sur “Torrès”
“ «Damné guariba! s'écria-t-il bientôt. Je n'en viendrai jamais à bout, et il peut me reconduire ainsi jusqu'à la frontière brésilienne! Si encore il lâchait mon étui! Mais non! Le tintement des pièces d'or l'amuse! Ah! voleur! si je parviens à t'empoigner!...»Et Torrès de reprendre sa poursuite, et le singe de détaler avec une nouvelle ardeur!Une heure se passa dans ces conditions, sans amener aucun résultat. Torrès y mettait un entêtement bien naturel. Comment, sans ce document, pourrait-il battre monnaie? ”
Jules Lermina,
Les loups de Paris II. Les assises rouges
“ Cette femme est une vile courtisane qui s'est traînée dans toutes les hontes, qui a été la maîtresse d'un vieillard, qui l'a corrompu, puis de Martial, le peintre, qui a poussé Lionel Storigan au suicide, qui a volé le nom et le titre du duc de Torrès et l'a empoisonné. Cette femme, monsieur de Cherlux, a voulu devenir baronne de Silvereal et m'a conseillé de me débarrasser de ma femme par le poison. Voilà ce qu'est Isabelle de Torrès, monsieur. Non, ce n'est pas une femme, c'est un de ces êtres hideux que l'on écrase du pied comme un reptile! ”
“ Torrès, en quelques mots, les mit au courant de la situation. « Vous croyez n’avoir tué qu’un singe, leur dit-il, et en réalité, vous avez tué un voleur ! — Si nous vous avons été utiles, répondit le plus jeune des deux, c’est, à coup sûr, sans nous en douter ; mais nous n’en sommes pas moins très heureux de vous avoir été bons à quelque chose. » Et, ayant fait quelques pas en arrière, il se pencha sur le guariba ; puis, non sans effort, il retira l’étui de sa main encore crispée. ”
“ En ce moment, d’ailleurs, Torrès n’était plus au Brésil. Il avait tout récemment passé la frontière, et, depuis quelques jours, il errait dans ces forêts du Pérou, au milieu desquelles se développe le cours du Haut-Amazone. Torrès était un homme, de trente ans environ, bien constitué, sur qui les fatigues d’une existence assez problématique ne semblaient pas avoir eu prise, grâce à un tempérament exceptionnel, à une santé de fer. ”
“ Manoel, répondit Benito, qui se raccrochait à ce dernier espoir, tu as raison ! Il faut retrouver le cadavre de Torrès ! Nous fouillerons toute cette partie du fleuve, si cela est nécessaire, mais nous le retrouverons ! ”
Jules Lermina,
Les loups de Paris I. Le club des morts
“ Eh bien, si vous, duchesse de Torrès, vous êtes forte par votre beauté, par votre intelligence, par votre fortune, l'humble agent Mancal tient dans sa main, lui aussi, un pouvoir qui peut lutter contre toutes les énergies humaines. ”
“ D’ailleurs, dit Manoel, lors même que nous parviendrions à découvrir quel a été ce compagnon de Torrès, il est mort, et il ne pourrait témoigner de l’innocence de Joam Dacosta. Mais il n’en est pas moins certain que la preuve de cette innocence existe, et il n’y a pas lieu de douter de l’existence d’un document, puisque Torrès venait en faire l’objet d’un marché. Il l’a dit lui-même. Ce document, c’est un aveu entièrement écrit de la main du coupable, qui rapporte l’attentat jusque dans ses plus petits détails, et qui réhabilite notre père ! Oui, cent fois oui ! ce document existe ! ”
“ On ne pouvait s’en rapporter à un homme plus habile et connaissant mieux ces parages que le pilote Araujo. Or, puisqu’il affirmait que le corps de Torrès ne pouvait avoir été entraîné au delà de l’étroit chenal, sur l’espace d’un mille au plus, en fouillant toute cette portion du fleuve, on devait nécessairement le retrouver. ”
“ Et comment s'appelle-t-il donc ce fazender? demanda nonchalamment Torrès.Joam Garral», répondit Fragoso.Et, en ce moment, il murmurait à part lui: «J'ai certainement vu cette figure-là quelque part!» Torrès n'était pas homme à laisser tomber une conversation qui semblait l'intéresser, et pour cause. ”
Jules Verne,
La Jangada: Huit cent lieues sur l'Amazone
(1881)
“ Ortega mort, on sait comment l'indigne Torrès s'acquitta de sa mission, comment il résolut d'utiliser à son profit le secret dont il était possesseur, comment il tenta d'en faire l'objet d'un odieux chantage. ”
Jean-François de La Harpe,
Abrégé de l’histoire générale des voyages…
“ Le vieillard se mit aussitôt en marche, et fut suivi de Torrès avec quinze hommes ; les autres restèrent dans le village. Les Espagnols éprouvèrent une joie bien vive à la vue d’un large ruisseau ; mais quel fut leur chagrin d’en trouver l’eau saumâtre ? Ils rencontrèrent en ce lieu un Indien qui avait une écale de coco pleine d’eau fraîche ; on lui demanda où il l’avait prise ; il fit entendre que c’était au delà de la lagune. Torrès détacha sept soldats avec l’insulaire pour aller reconnaître la source. ”
Jules Verne,
La Jangada: Huit cent lieues sur l'Amazone
(1881)
“ Torrès le para. Les deux adversaires reculèrent alors; mais, presque aussitôt, ils revenaient l'un sur l'autre, ils se saisissaient de la main gauche à l'épaule. Ils ne devaient plus se lâcher. Torrès, plus vigoureux, lança latéralement un coup de sa manchetta, que Benito ne put entièrement esquiver. Son flanc droit fut atteint, et l'étoffe de son poncho se rougit de sang. Mais il riposta vivement et blessa légèrement Torrès à la main. ”
André Bellessort,
Saint François Xavier : l'apôtre des Indes et du Japon
(1917)
“ Dans un pays où les gens se donnent si aisément la mort, elle perd sa valeur de témoignage. Cosme de Torrès et Juan Fernandez, contre qui les bonzes avaient repris l'offensive après le départ de François, coururent de graves dangers pendant ces émeutes. Mais les conjurés ne se souciaient point d'eux, et ni l'un ni l'autre n'était destiné à mourir d'un coup de sabre. ”
Charles Maurras,
La lettre à Schrameck
(1929)
“ Les DÉBATS d'hier l'affirment froidement, page 2, colonne 4, à l'endroit de ma déposition où j'affirme que je n'ai ni commis d'assassinat ni provoqué à l'assassinat ; votre collaborateur écrit : « Alors, riposte Me Torrès, que veulent dire ces mots : Que Jaurès soit pris de tremblement, ou ceux-ci écrits le 23 juillet 1914 : Le sort de Calmette sera subi par M. Jaurès. » Cédant à la logique de sa conscience, votre collaborateur décerne à Me Torrès le qualificatif d'implacable. Il n'y a d'implacable ici que sa propre distraction ou sa mauvaise volonté. ”
“ En effet, le guariba s’arrêta une seconde fois tout près de l’arbre, il se plaça de côté, de manière à dominer la tête du dormeur, et il leva son bâton pour l’en frapper. Mais, si Torrès avait été imprudent en déposant près de lui, dans le creux d’une racine, l’étui qui contenait son document et sa fortune, ce fut cette imprudence cependant qui lui sauva la vie. Un rayon de soleil, se glissant entre les branches, vint frapper l’étui, dont le métal poli s’alluma comme un miroir. Le singe, avec cette frivolité particulière à son espèce, fut immédiatement distrait. ”
Anonyme, Vie de Lazarille de Tormès
“ Il tomba à la renverse, demi mort et la tête fendue. « Comment ? Vous avez flairé la saucisse et vous n’avez pas flairé le pilier ? Flairez-le. » Je le laissai entre les mains de beaucoup de gens qui avaient accouru pour l’assister, gagnai d’un trot la porte de la ville, et avant la tombée de la nuit me retrouvai à Torrijos. Je ne sus point ce que Dieu fit de l’aveugle, ni n’eus cure de le savoir. ”
“ Torral écouta curieusement l’homme qui venait ; — un homme, car c’était un large pas sans hâté ; — la perspicacité aiguë du fumeur s’exerça en se jouant. L’homme s’arrêta, puis marcha encore ; au talon heurtant la pierre du trottoir, Torral devina l’hésitation courte du promeneur, forcé pour traverser la rue d’abandonner l’ombre des arbres. Le pas cessa devant la porte, et, au coup heurté d’un seul doigt, Torral reconnut Fierce, quoique Fierce n’eût jamais encore battu le pavé aux heures d’insolation. ”
“ Couché sur le flanc gauche, sa main droite présentant l’aiguille à la lampe, Torral préparait sa sixième pipée. Il avait entassé sous lui des coussins de Cambodge, en paille de riz fraîche ; son pyjama, débraillé, montrait son torse brun, trop étroit pour sa grosse tête ; un torse tout ensemble robuste et rachitique, le torse d’un civilisé qui sans trêve raffine sa cervelle héréditaire, et jette avec mépris son corps à la débauche. — Torral fuma sa sixième pipée. ”
Madame de Staël,
De l’Allemagne
(1810)
“ Le torse est un fragment de la statue d’Hercule divinisé, de celui qui reçoit d’Hébé la coupe de l’immortalité, tandis que l’Hercule Farnèse ne possède encore que les attributs d’un mortel ; chaque contour du torse, aussi énergique, mais plus arrondi, caractérise encore la force du héros, mais du héros qui, placé dans le ciel, est désormais absous des rudes travaux de la terre. ”
L.-E. Bompard, Huit Jours en Espagne, petites notes de voyage… (1883)
“ Vestes, chapeaux, cigares, éventails, pleuvent dans l'arène. Ce sont des éclats de voix, des explosions de joie. Bravo,toro ! bravo ! Hébété, le taureau relève la tête ; les lambeaux de chairs sont collés à ses cornes, il n'ose avancer de crainte de raviver ses plaies. Il est à point. Maintenant, le duel à mort. Taureau et prima spada sont en présence; un d'eux doit y rester. Armé d'une excellente lame, cachée sous une muleta d'étoffe légère, le torero s'approche; cette audace effraie l'animal qui en demeure stupéfait, et redevient soudain terrible, gratte le sable, se précipite. ”
“ Voilà, résuma le médecin. — Il n’y a rien de perdu, dit Torral. La Malais t’aime probablement ; fais-lui la cour. Utilise Fierce, l’imbécile ! puisqu’il va chez elle. Rencontre-la, n’importe où, guette-la, traque-la ; chasse à l’affût ! Et quant à l’autre, — que diable ! tu ne l’aimes pas : des éblouissements, ce n’est pas du rut. — Si je ne couche pas avec Marthe Abel, affirma Mévil, têtu, ces éblouissements-là ne finiront pas, et j’en crèverai. — Tout finit, dit Torral. ”
“ Mais la vie nouvelle qu’il goûtait depuis ces dix jours, l’enchaînait par trop de douceurs pour qu’il acceptât désormais d’y renoncer. Il plaida : « Je vis selon ta formule : J’ai trouvé sans effort des plaisirs à mon goût ; je les cueille. Je vis comme il me plaît, sans souci de rien, ni de personne. C’est toi qui m’as dicté ce programme ! — Imbécile ! » Torral l’injuriait sans colère, avec une grimace de pitié. « Imbécile ! Ne discutons pas. — Es-tu amoureux ? Ce ne serait pas une excuse, mais une explication... » Une révolte s’insurgea dans Fierce. ”
Paul Féval, Contes de Bretagne, par M. Paul Féval (1878)
“ Tords, toujours ! l'ossuaire A mis de la poussière A nos robes de deuil ; Or, Satan veut ses filles Proprettes et gentilles, Aux planches du cercueil. Tords la guenille, tords Le suaire Des épouses des morts ! Tords ! la fontaine est claire, Et coule, solitaire, Sur le luisant caillou. Tords ! allons ! tords plus vite ! La nuit marche et nous quitte, Tords! nous tordrons ton cou ! Après cette promesse flatteuse, les lutins se prennent par la main et commencent, toujours chantant, une ronde infernale. Le malheureux tord — Va trouver maître Luc et demande-lui quinze cents livres. ”
Auteur :, Revue des Deux Mondes
“ Nul effroi ne la trouble et n’obscurcit ses yeux. Qu’importe que la tête horrible roule, et saigne, Et pèse un poids trop lourd à son geste ingénu, Et que son pas dansant de ce sang noir s’imprègne Et qu’un roi paternel convoite son corps nu ? Sa figure naïve est puérile et claire Entre l’écartement lisse de ses bandeaux, Et sa robe revêt la grâce singulière D’un torse adolescent qui cambre un souple dos. ”
Jules Bois,
Les Petites Religions de Paris
“ Absorbé dans la contemplation du phénomène, je restai debout et silencieux. La moitié supérieure du torse seulement se dessina, puis disparut aussitôt ; fut-il réabsorbé dans le corps de H. P. B. ou non, je ne le sais. Elle resta immobile, comme une statue, pendant environ trois minutes, puis elle soupira, revint à elle. Lorsque je la priai de m’expliquer le phénomène, elle refusa, disant que c’était à moi à développer mon intuition de façon à comprendre le phénomène du monde dans lequel je vivais... ”
“ Torral haussa les épaules. Malais s’en alla. Fierce, silencieux, allumait une autre cigarette. L’ingénieur se tourna vers lui. — « Viens-tu ? — Où tu voudras. » Ils sortirent ensemble. Les piastres de Fierce sonnèrent dans sa poche lourde. Il pensa non sans mélancolie que tout ce gain ne lui donnait aucune joie. — « Deux, trois mille piastres, pensa-t-il ; au taux ordinaire des femmes, il y a pourtant là de quoi payer le spasme de tout un régiment... » — « Où allons-nous ? demandait Torral. — Au diable ! la vie est stupide. » ”
“ Fierce entra, traînant lourdement ses semelles, comme marchent les soldats vaincus.Torral posa la lampe à terre. La fumerie était vide: plus de nattes, ni de coussins, ni de pipes; trois murs blancs, et le tableau noir du fond, qui semblait une dalle funéraire avec ses épitaphes de craie.La lumière se condensa sur le sol. Torral vit les souliers de Fierce, boueux, et la toile de son pantalon, maculée de rouge. ”
Ernest Duvergier de Hauranne,
Le Salon de 1872
“ Le torse est d’une facture, admirable, l’aplomb de toute la figure d’une aisance et d’une légèreté merveilleuses. L’œil se promène avec une sorte de volupté sur ces belles formes si pleines, qui s’élancent d’un seul jet, comme la tige d’un arbre sain et vigoureux. Quelques défauts, pourtant très visibles, ne nuisent pas trop à cette magnifique harmonie. ”
“ «Lâches! Vous vous en foutez, que vos femmes couchent avec les premiers cochons venus? Eh bien, moi, une putain, je vais vous appeler par vos noms: vous êtes des chiffes molles, des vidés, des pourris. On vous giflerait que vous ne sentiriez pas les gifles Parce que ce n'est pas du sang que vous avez dans le ventre: c'est....»L'ordure glissa sur leur ironie. Torral surtout dégustait ces insultes comme un hommage barbare à sa supériorité;—c'est un plaisir de philosophe que de contempler le libre jeu d'un instinct nu;—Torral riait sans colère et sans indulgence. ”
Anonyme, Le Songe de Poliphile
“ La prêtresse divine me dit : « — Prends donc, mon fils, cette torche allumée par ses mains pures, et, tout en la tenant, dis, sincèrement, par trois fois ainsi : » De même que l’eau fraîche éteindra cette torche ardente, que le feu d’amour rallume son cœur changé en pierre et en glace. » Ayant dit, avec le rite consacré, les propres paroles que l’hiérophante m’avait ordonné de proférer, toutes les vierges prêtresses, expertes en leur vénérable ministère, répondirent : « Ainsi soit-il. » À la dernière fois, elle me commanda de plonger ma torche allumée dans la froide citerne. ”
Gustave Planche,
Revue des Deux Mondes
“ L’auteur ne s’en est pas tenu à l’accent du visage, il a voulu trouver des auxiliaires dans toutes les parties du modèle. Ce n’est pas, comme pourraient le croire les esprits frivoles, un raffinement puéril, mais un trait de sagacité. Le torse et les membres d’un personnage qui médite et ne vit que par la pensée ne doivent pas ressembler au torse et aux membres d’un personnage guerrier ; eh bien ! que l’on compare la poitrine de Balder à la poitrine de Thor, et l’on verra quel parti l’auteur a su tirer de cette distinction. ”
“ Torral et Fierce par contenance, regardèrent une minute au dehors, puis, Fierce se pencha pour prendre du feu à la cigarette de Torral, tous deux indifférents.—Hélène, dont on voyait les bras au cou de son amant, s'agitait de mouvements lents et rythmés, et poussait de grands soupirs et des plaintes.... Une voiture venant à leur rencontre, les croisa dans le temps d'un éclair. D'autres survinrent. La route tournait à gauche, et se prolongeait en allée de parc, joliment encadrée de pelouses et de bosquets. ”
