Sergent Lefèvre, Le carnet de campagne du sergent Lefèvre… (1916)
“ Notre commandant de compagnie fit prévenir les brancardiers divisionnaires. J'espère donc que le vaillant convoyeur se sera tiré de l'aventure ; mais je ne suis pas sûr qu'il en soit sorti avec sa jambe. La blessure m'avait, en effet, paru grave; et j'ai tant vu de blessés, j'en ai si souvent pansé sur le champ de bataille et dans la tranchée, que je commence à m'y connaître un peu. Les voitures roulent interminablement dans l'obscurité d'une nuit pluvieuse et froide. Les gradés hurlent des choses qui se perdent dans le bruit des moteurs; les chauffeurs crient et parfois s'injurient. ”
