“ Un kakemono, où l’on voit aux pieds d’une femme, un enfant nu, couché à terre, et qui s’est enveloppé la tête de la traîne de la robe de gaze noire de la femme, en sorte que son visage apparaît teinté de la trame noire et fleuri des fleurettes du tissu transparent. Un kakemono très original. En haut, une femme qui a un poisson au bout de son hameçon dans le ciel, dans le bas, un jeune homme penché en dehors du bateau, et remplissant une coupe, dans le reflet de son buste dans l’eau, — le reflet le plus réel qu’un peintre ait jamais fait. ”
Kakemono
Définition et enjeux
Citations sur “kakemono”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Le Japonais Watanobé-Seï a fait un dessin, mais non plus, un de ces croquis improvisés au bout du pinceau, mais un grand panneau à l’aquarelle, un kakemono. Le dessin pour être précieux au Japon, doit être fait sans aucune reprise du trait, sans aucun repentir. On attache même une certaine importance à la rapidité du faire, et le compagnon du peintre a été regarder l’heure à la pendule, quand l’artiste a commencé ! ”
“ Un autre kakemono de la même famille, et d’un faire semblable, est un kakemono appartenant à M. Hayashi. C’est une danseuse mimant une danse de caractère, une ancienne danse noble, sous le vêtement archaïque de cette danse. Elle est coiffée du petit bonnet en forme d’ourson, yeboshi attaché sur ses cheveux répandus sur ses épaules, par un cordonnet noué sous le menton, et la danseuse se mouvant et se développant dans l’ample robe, tient de ses deux mains, rabaissé contre sa hanche, l’éventail uchiwa. ”
“ Une élégante japonaise en pied, dans une robe mauve, où sont dessinés, les ailes éployées, deux grands Ho-ô, et qui a, derrière elle, un plateau en laque, monté sur un riche pied. Femme tenant contre elle un enfant qui tend les bras vers un petit moulin, que fait tourner au-dessus de sa tête, une autre femme. Un kakemono imprimé, tout à fait supérieur, aux tons enveloppés, aux tons des plus gras, est un kakemono que j’ai vu chez M. Gillot, et qui représente une femme debout, appuyée contre un treillage, au-dessus d’une femme accroupie, jouant avec un écran renversé. ”
Raoul-Charles Villetard de Laguérie, La Corée, indépendante, russe, ou japonaise
“ C’est un paysage japonais, un immense Kakemono, qu’un à-propos bizarre dresse au-dessus du quartier nippon de Tchikkokaï. Pendant cette revue, l’œil s’est habitué à l’impression lilas sur lilas du fond de cette colossale cuvette, large d’au moins 6 kilomètres. Il en dégage peu à peu quelques ensembles partiels. Des toitures denses, aucune ne dépassant sensiblement le niveau commun, sont étroitement blotties l’une contre l’autre. ”
Musée Guimet, Petit guide illustré au Musée Guimet (1910)
“ Au fond de la vitrine. Kakémono peint sur soie encadré d'une bordure en soie blanche ornée des armoiries du Temple de Honguan-dji : SHÔTOKOU-TÔ-AÏSHI, prince de la famille impériale, qui fut très versé, dit-on, dans la théologie bouddhique. Kakémono, peint sur soie par le prêtre Don-Yô, représentant DON-RAN, prêtre de la secte Djô-dô, tenant un sceptre ou crosse et un chapelet. Kakémono représentant ZÉN-DÔ, prêtre chinois, fondateur de la secte Djô-do. Il tient un chasse-mouches. ”
Émile Bayard, Le style japonais : ouvrage orné de 140 gravures (1928)
“ Le peintre japonais exécute le kakemono (ou tableau) avec un pinceau mouillé d'encre de Chine qu'il manœuvre presque verticalement. Ses couleurs sont préparées à l'eau légèrement additionnée de colle de riz ; elles reposent dans des godets. ”
Eliza Ruhamah Scidmore,
Par l'Occident à l'Extrême-Orient…
(1900)
“ Depuis que l'Occident est devenu si enthousiaste de peintures japonaises, des contrefaçons de Hokusai, Okio et Sosen ont ouvert un champ d'exploitation avantageux aux intelligents peintres de Kakémono. Comme les originaux des Kakemonos par ces artistes atteignent une valeur de mille yen, il y a lieu de se méfier des peintures de ces artistes offertes au rabais. ”
Edmond de Goncourt,
La maison d'un artiste, Tome 2
“ L'escalier tourne et monte, du premier au second étage, toujours entre des dessins de l'école française et des kakemonos japonais.Le kakemono est une bande longitudinale de gaze peinte à l'aquarelle [94] , collée sur un morceau de soie qui la marge tout autour d'un dessin de fleurs, généralement tissées en or ou en argent, et que tient tendu un petit rouleau de bois, terminé par deux rondelles d'ivoire pendant en bas. C'est le tableau du Japon, la seule peinture que les amateurs de là-bas [95] et le commun des martyrs accrochent à ses cloisons. ”
George Bousquet, Revue des Deux Mondes
“ Plus on est Chinois, plus on se rapproche de la perfection. Voilà pourquoi les anciens kakemono sont si estimés; ils remontent à l’introduction de l’art au Japon et sont dus souvent à des élèves directs des premiers maîtres. ”
Louis Gonse,
L'art japonais. Tome 1
(1883)
“ On appelle kakémonos ces peintures sur soie ou sur papier élégamment encadrées de bandes d'étoffes unies ou brochées, montées sur une feuille de papier épais et enroulées sur un léger cylindre de bois de pin, garni à ses extrémités de bouts en ivoire, en corne, en bois naturel ou laqué. Le kakémono est le tableau des Japonais. Il est peu de maisons, si modestes qu'elles soient, qui n'en possèdent un ou plusieurs. ”
Ernst Grosse, Le Lavis en Extrême Orient, par E. Grosse… (1924)
“ Le rouleau en hauteur, le kakémono, est, en Chine aussi bien qu'au Japon, la forme la plus fréquente du tableau mobile. Accroché au mur de la chambre, au Japon au mur du tokonoma, il en est l'ornement le plus distingué et correspond ainsi au tableau de chevalet d'Europe. Les kakémonos peints à l'encre sont en général de dimensions moyennes; la beauté d'un lavis ne croît, en effet, nullement en proportion de son format, et on ne peut donner tort aux chajins (présidents d'une société de buveurs de thé) japonais d'avoir préféré les lavis de petites dimensions. ”
Émile Bayard, Le style japonais : ouvrage orné de 140 gravures (1928)
“ Essentiellement déductifs, non spontanés, les Japonais sont initiés, dès le jeune âge, à un style d'éducation qui subordonne encore le geste inné à une convention noble. De même qu'au degré d'habileté graphique s'apprécie, chez eux, la qualité plus ou moins distinguée de celui qui écrit, la personnalité de l'artiste se dérobe sous une arabesque. Au Japon, d'ailleurs, tout est poésie, en art comme en littérature. On n'y sépare point l'esthétique du bouquet de celle du kakemono qui lui sert de fond. ”
Léon de Milloué, Petit guide illustré au Musée Guimet… (1900)
“ Leur puissance est immense et ils sont toujours prêts à l'employer pour le bien du monde. Aussi sont-ils l'objet d'un culte très fervent. Kakémono peint sur soie : DJOU-ITCHI-MÉN KOUAN-ON OU Kouan-on à onze têtes. Mandara (mandala) de BÉN-TÉN déesse des eaux, de la parole et de la musique, entourée des divinités bouddhiques ; peinture sur soie. ”
Émile Bayard, Le style japonais : ouvrage orné de 140 gravures (1928)
“ C'est ainsi, du moins, que l'on pratiquait la gravure en couleurs au XVIIe siècle, et, dès le début du XVIIIe siècle on pratiqua l'impression en couleurs à deux ou trois tons, qui devait triompher à la fin du XVIIIe siècle, avec les Torii, les Harunobu, les Utamaro. Au kakemono s'oppose ici le makimono, dont le rouleau, moins volumineux, se déploie à la main dans le sens de la largeur. Le makimono est l'ancêtre du livre japonais, alors que le surimono représente dans un très petit format carré, l'estampe luxueusement tirée en un grand nombre de couleurs, avec rehauts et d'ord'argent. ”
Objets d'art du Japon et de la Chine… (1901-1903)
“ Kakémono papier. En haut, à gauche, signature : Sôtatsu Hokio, suivie du grand cachet circulaire: Taïceikén. Haut.. 1,05; larg. 0,44. XVIIe siècle. 1515. — Kôrin. Une dame de l'ancienne Cour, portant, sur un plateau de laque, une jonchée de feuilles d'érable rouges. Kakémono papier. A droite, la signature : Hokkio Kôrin. Haut. 0,71 ; larg. 0,29. XVIIe siècle. 1516. — Kôrin. Sous le demi-disque lunaire, réservé dans un fond de vapeur dorée, une touffe de roseaux, où l'encre de Chine délavée se mêle à des touches d'or pâle. ”
Objets d'art du Japon et de la Chine… (1901-1903)
“ Le Bouddha Amida, précédé des Bodhisatwa Seisi et Kwanon, l'un debout en une attitude de prière, l'autre présentant le calice de lotus, semble descendre vers la terre. Il fait des deux mains le geste d'argumentation. Du centre de son nimbe partent des rayons alternativement doubles et triples. Les trois figures, portées par des nuages, se détachent sur un fond noir en camaïeu d'or, le détail des robes étant très finement peint en ton sur ton, tandis qu'un léger trait noir dessine le visage et le contour des membres. Kakémono soie. ”
Louis-Émile Bertin,
Les grandes guerres civiles du Japon…
(1894)
“ Il était le César devant qui tout devait fléchir, et le palais du Mikado ne comptait pas pour lui plus que le sénat de Tibère ne comptait pour le solitaire de Caprée. 11 est aussi le premier des grands personnages japonais, dont l'histoire et les arts se sont plu à conserver le portrait complet. Quand on voit, sur un kakémono, un homme corpulent, couvert de la robe de bonze, aux traits accusés et énergiques, menton large, lèvres serrées, front haut et crâne rasé, devant qui tous s'inclinent, c'est Kyômori. ”
Léon de Milloué, Petit guide illustré au Musée Guimet… (1900)
“ En haut, YÉM-MA, roi des enfers, assis à son tribunal, juge les morts que lui amènent les démons, ses aides. A droite de son tribunal, on voit le miroir, Kagami, où se reflètent tous les actes de la vie, et la balance où se pèsent les bonnes et les mauvaises actions. Kakémono très finement peint sur soie, du XVIIIe siècle, copie d'une vieille peinture du vnio siècle : Le PARADIS DE SOUKHAVATÎ. Soukhâvati est un immense lac, dont la surface est couverte de fleurs de lotus qui répandent un rare parfum et servent de sièges aux élus. ”
Objets d'art du Japon et de la Chine… (1901-1903)
“ Deux dames, cheminant par une épaisse chute de neige, abritées toutes deux sous un même parapluie, et s'éclairant d'une lanterne que l'une d'elles tient au bout d'un bâton. Les blancs se découpent à la gouache sur un fond de grisaille, seul coupé par les fleurs d'un prunier, dont le rose délicat s'affine encore au milieu des flocons tourbillonnants. Kakémono soie. A gauche, la signature : Koubo Shimman. Haut. ”
Objets d'art du Japon et de la Chine… (1901-1903)
“ XVIIIe siècle. 1563. — Tsunémassa. Scène champêtre, l'été. Sous l'ombre d'un saule, auprès d'un ruisseau sinueux bordé de roseaux, une dame élégante est assise sur une large banquette, causant à deux jeunes filles qui font la chasse aux lucioles. Kakémono soie. Signature à droite. Haut. 0,36; larg. 0,53. XVIIIe siècle. 1564. — Tsunémassa. Debout sur une terrasse bâtie sur un haut rocher, est représentée la poétesse Mourasaki Shikibou, vêtue d'une longue robe à traîne, le regard perdu dans les profondeurs de l'espace, le pinceau dans une main, le papier dans l'autre. ”
Objets d'art du Japon et de la Chine… (1901-1903)
“ Kakémono soie. Haut. 0,86. Larg. 0,37. XIIe siècle. 1456. - Ngan-Kwai'1 (en japonais Ganki) . Dharma, debout sur la feuille de roseau qui le porte sur les flots, est enveloppé du manteau rouge qui couvre le sommet de la tête et les mains jointes dans le geste de la prière. Des anneaux d'or cerclent ses chevilles et pendent à ses oreilles. L'exécution cursive de la draperie contraste avec le modelé 1 L'un des plus grands artistes de la dynastie Song, est resté célèbre en Chine et au Japon par ses peintures de cigognes, d'oies sauvages, de dragons, de singes et de tigres. ”
Le Jubilé du Musée Guimet, vingt-cinquième anniversaire de sa fondation… (1904)
“ Une statuette, bois. Japon. Une assiette porcelaine. Chine. Un devant d'autel brodé et peint. Six aquarelles, personnages et paysages sur papier. Chine. Une divinité, bronze. Deux divinités, bronze. Tibet. Un petit personnage assis, bronze. Vingt-six aquarelles sur soie, sujets chinois traités à l'européenne. Petit Saint-Thomas (Maison du) . — Kakémono peint sur soie représentant Mon-djou, assis sur un lion et tenant le livre de la Loi : « Dessiné respectueusement par Kinomassatami, préfet de la province de Bouzcn, promu au titre du 5e degré inférieur. » ”
Objets d'art du Japon et de la Chine… (1901-1903)
“ Kakémono papier. Cachet à droite. Haut. 1,17 ; larg. 0,49. XYIC siècle. 1500. — jvlotonobou. Un petit oiseau au milieu des fleurs et des herbes. Kakémono papier. Cachet à droite. Haut. 0,49 ; larg. 0,26. XVIe siècle. 1501. — Shôyei. Encre de Chine, représentant deux moineaux dans les bambous. Kakémono papier. Cacheta gauche. Haut. 0,25 ; larg. 0,23. XYIC siècte. 1502. — Iyétsugou. Encre de Chine sur papier, représentant le vol. de deux hirondelles sur des branches de saule, agitées par le vent Cachet a droite. Haut. 0,36; larg. 0,31. ”
A. Maufroid, De Java au Japon par l'Indochine… (1913)
“ Parfois, dans les petits magasins, lorsque le client, après avoir palpé les vases précieux, les étoffes brillantes, les bronzes niellés d'or et d'argent, se dispose à partir sans avoir rien acheté, le marchand" emploie le moyen suprême : il tire avec précaution (1) Kakémono : dessin qui se pend. Makimono : dessin qui se roule. ”
Objets d'art du Japon et de la Chine… (1901-1903)
“ Portrait d'une dame du monde en costume de promenade, la tête à demi tournée en arrière, le regard baissé. Les teintes, d'une harmonie extrêmement douce, sont serties par des traits à la fois délicats et fermes. Le manteau, rose pâle, offre, comme décor, un semis de feuilles carrées, sur lesquelles des dessins à l'encre de Chine, d'une finesse exquise, représentent des épisodes du roman Ghenji Monogatari. Kakémono soie. A gauche, la signature : Hishikawa Morofussa, avec la légende : Dessin japonais. Haut. ”
Lafcadio Hearn,
Le Japon inconnu : (esquisses psychologiques…
(1904)
“ Akira choisit un chrysanthème et insiste pour me le faire accepter c'est le remords au cœur que je commence à briser, pétale par pétale, la très charmante chose qu'est cette fleur de sucre. Cependant, quatre grands kakémono, aux teintes adoucies, montés sur soie, ont été apportés, dér oulés, suspendus au mur. Ce sont des merveilles de dessin et de couleur, de la meilleure période de l'art japonais. Chacun d'eux a sa légende Le premier, à sa partie supérieure, ,présente une scène du Shaba ou monde terrestre le monde « réel » comme ont accoutumé de l'appeler les humains. ”
Louis Gonse,
L'art japonais. Tome 1
(1883)
“ Les collectionneurs collectionneurs ont la religion de Kôrin. En Amérique on recherche ses oeuvres avec ardeur ; en France on les dédaigne et on les ignore. Elles dénotent un rare tempérament de coloriste. A ce point de vue seul elles sont des plus curieuses à étudier. J'ai dans ma collection deux kakémonos fort étranges d'aspect, – une biche bramant dans la solitude, et un tronc de saule, – qui feraient, j'en suis sûr, les délices d'un Ricard ou d'un Gustave Moreau. Mon ami Théodore Duret, qui est un grand collectionneur d'albums et de livres japonais, n'a qu'un kakémono ”
“ En le nombre infini de ces kakemonos, qui sont pour la plupart d’une exécution un peu rapide, et sans variété dans les motifs, et se répétant volontiers avec quelques changements insignifiants, il en est quelques-uns de plus soignés, de mieux réussis, et dont le faire approche des bons neshiki-yé. ”
Louis Aubert, Les Maîtres de l'estampe japonaise… (1914)
“ Au Japon, pays d'Extrême-Orient où l'art a toujours souffert de l'habitude de trop se répéter, cet effort pour rassembler toutes les trouvailles classiques afin de représenter avec style la réalité quotidienne et familière que l'art classique avait délaissée, cet effort de Matabei, des écoles Tosa et Kano4, en la première moitié du XVIIe siècle, et que les 1. Un livre de Moronobu, Byôbu Kakemono-ye Kagami (1682) , est une série de vieilles et fameuses peintures des écoles de Chine et du Japon, que, dit-il à la fin du volume, « il s'est appliqué à copier ». ”
Musée Guimet, Petit guide illustré au Musée Guimet (1910)
“ Au dessous de chacune de ces statuettes se trouve l'animal cyclique qu'elle représente et qui donne son nom à l'heure. Les mêmes animaux sont sculptés au dessus de la tête de chaque personnage. Contre le mur, Trois Kakémonos représentant : Celui du milieu, AMIDA, entouré des saints, dans le paradis de Soukhâvatî ; les deux autres, les seize grands RAKANS (Arshats) , disciples de Çâkya- Mouni. Sept grandes statues de bois doré sur des socles : YAKOUSCHI NIORAÏ, le Bouddha guérisseur, debout sur un lotus, avec une auréole feuille de figuier, tenant de la main gauche le vase à Amrita. ”
