Athanase Coquerel

Élements biographiques

Athanase Coquerel Revue des Deux Mondes T.89, 1870

Un bois touffu de chênes verts couvre le penchant de la colline que nous gravissons, et d’où la vue va s’étendant toujours plus loin. A nos pieds se déroulent une longue vallée où serpente le Jourdain, le lac Houleh, qui semble une lame d’argent ; tout encadré d’herbes paludéennes, en arrière s’élève le mont de Banias, dont le château n’est plus qu’un point blanc. L’Hermon se dresse sur un plan plus éloigné ; au-delà, l’Antiliban se hérisse de cimes, et à gauche apparaissent le Col des Cèdres et les crêtes rosées du Liban.
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Athanase Coquerel Varnhagen de Ense et le parti piétiste

Il est persuadé qu’en un sens le peuple français, vainqueur ou vaincu, y gagnerait plus que ses ennemis, « car, dit-il, en France une guerre donne le plus libre essor à toutes les forces populaires ; chez nous, il n’en est pas de même, nous pouvons simultanément avoir la guerre et voir l’esprit du peuple enchaîné. » C’est ce que toute l’Allemagne éprouvera bientôt. Elle a trahi toutes ses libertés et les a livrées à un despote pour qu’il réalisât le vieux rêve de l’unité nationale. L’Allemagne est faite, mais elle est asservie.
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Athanase Coquerel Varnhagen de Ense et le parti piétiste

Le peuple allemand tout entier devrait regretter cette heure au lieu de l’acclamer, s’il avait autant de bon sens que l’ivrogne de 1814, car avec Paris tombe aux pieds du vainqueur le peu qui reste de liberté politique et de justice sociale depuis Hambourg jusqu’à Munich.
Varnhagen était trop éclairé pour ne pas redouter les triomphes du militarisme prussien. « On ne regarde plus, disait-il, la Prusse comme une patrie. On maudit ses succès au dehors, on déteste la vieille gloire de ses armes, qui n’est plus qu’un instrument d’oppression. »
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