Résumé

Académie des sciences Mémoires de l’Académie des sciences

Alors s’établit le système continental, et, pour la France, le problème fut de tirer de son propre sol, à force de génie et d’industrie, tous ces mêmes produits qu’elle tirait auparavant de ses colonies.
On essaya d’extraire l’indigo du pastel ; on vit se développer l’art nouveau d’extraire le sucre de la betterave. Jamais les efforts de l’industrie française n’avaient eu des résultats plus vastes, et, dont l’influence sur l’Europe, sur le monde, fût plus profonde ; et c’est M. Chaptal qui a été l’âme de ces efforts.
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La France n’oubliera jamais cette époque des Lavoisier, des Laplace, des Berthollet, des Fourcroy, des Guyton-Morveau, des Meusnier, des Monge : hommes rares, et qu’une sorte de confraternité d’efforts et de talents unissait entre eux pour la recherche de la vérité.
On était, d’ailleurs, dans toute cette première ardeur qu’inspire une science naissante. Dès les premiers cours de M. Chaptal à Montpellier, les auditeurs se pressèrent en foule à ses leçons. Ces mêmes cours, reproduits à Toulouse, y attirèrent la même affluence, et y excitèrent le même élan pour l’étude de la chimie.
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Le but de tous les efforts de M. Chaptal semble avoir été de débarrasser la France de ces besoins extérieurs qui livrent toujours, plus ou moins, une nation à la merci des autres ; il a consacré sa vie entière à lui conquérir, si l’on peut s’exprimer ainsi, l’indépendance de ses ressources et de son industrie ; et jamais, comme on le verra bientôt, dévouement plus national n’a produit de plus grands effets.
Grâce à ses belles manufactures, l’alun, les acides sulfurique, nitrique, muriatique, le sel de Saturne, etc., ne furent plus importés de l’Angleterre ou de la Hollande.
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