Résumé

André Sabatier Le 13e bataillon des mobiles de la Seine… (1910)

Il y a foule partout; des mobiles artistes chantent sur la scène des beuglants, et les spectateurs reprennent en chœur les refrains connus. Tous les uniformes sont confondus. Au dehors, on croise quelques blessés échappés aux récents désastres, artilleurs, turcos, cavaliers, le bras en écharpe, sans sac, ni armes, sales, déguenillés, affamés, ne sachant où rejoindre leur régiment, si toutefois ils s'en soucient.
L'ennemi a envahi l'Alsace et gagne la Lorraine; il est bien près de nous, et nul ne paraît y songer dans cette atmosphère viciée de Mourmelon.
Source : Gallica

André Sabatier Le 13e bataillon des mobiles de la Seine… (1910)

Les Allemands s'avancent : encore quelques marches et ils seront au camp; les ordres d'évacuation sont donnés, la mobile regagnera Paris. On enlève vivement ou on brûle les tentes, on couche à la belle étoile, car nous devons partir le lendemain, et l'on ne part pas. Nous sommes là dans la plaine, sans abri, sans nos sacs, qui sont rendus au campement; le moral du bataillon se déprime : plus d'exercices, de ballades à Mourmelon qui devient lugubre.
Source : Gallica

André Sabatier Le 13e bataillon des mobiles de la Seine… (1910)

Vite, vite, nous retournons à Latour-Maubourg, d'où le bataillon va être parti pour sa véritable destination. Non! il est toujours là, sans ordres.
Nous rentrons chez nous un peu désabusés et nous recommençons à flâner.
Enfin quelques bataillons partent à Châlons; le 9 août c'est notre tour. Le 13e se forme tant bien que mal; l'unique clairon sonne la marche, et de la caserne nous gagnons la gare des marchandises du chemin de fer de l'Est. Parents et amis se mêlent à nos rangs et les disloquent; c'est une énorme bande désordonnée et bruyante où moblots et civils sont confondus.
Source : Gallica

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