Arnould Galopin,
Sur le front de mer : le mémorial de la marine marchande
(1918)
“ Neige et grésil flagellent les hommes transis, immobilisés sur leurs bancs. La houle s'enfle, devient énorme, joue monstrueusement avec le canot, secoue le câble que scient peu à peu les arêtes du fond et qui finit par céder. C'est la dérive. c'est le martyre qui va commencer ! Quels que soient leurs eflorts, la lutte pour se maintenir en vue de la côte devient impossible à ces hommes qui, depuis près de dix heures, tiennent vaillamment la mer. La faim, le froid, la nuit, les éléments déchaînés, tout s'acharne contre eux, et le canot de sauvetage va devenir un canot de perdition. ”
