Charles de Vitis

Résumé

Charles de Vitis Paysages gris et bleus (1910)

L'escalier est en marbre blanc; les degrés sont larges, spacieux, commodes, faits pour des pas de vieillards, de gens graves et posés, de penseurs, comme cette Scala Regia du Vatican, l'imitant toujours, de loin.
Je cours à la fenêtre de ma chambre : elle ne donne pas sur la rue. Tant mieux! J'ai une vue idéale et très romaine.
Une cour, ou plutôt un jardin. Il n'est pas grand, mais il est orné d'une vasque et d'un jet d'eau murmurant, — ce qui est de
rigueur à Rome, la ville des belles eaux. — Au-dessus du jardin, une terrasse ornée d'orangers, de citronniers, de cactus et d'aloès.
Source : Gallica

Charles de Vitis Paysages gris et bleus (1910)

Vous tournez naturellement le dos à la gare du chemin de fer et vous avez derrière, un peu à gauche, une montagne - boisée, très boisée, couronnée d'un monastère, avec, par devant, une grande croix de bois, flanquée de la lance et du roseau, comme celle de la place Barberini, à Rome. La croix domine et semble protéger la ville.
Qu'est-ce que cela?
Le Kapuzinerberg, le couvent des capucins. Il faudra aller là-bas exprès, car c'est une excursion obligée. Mais ce n'est rien cela. Le grand décor, c'est cette rive gauche où s'étend la vieille ville.
Source : Gallica

Charles de Vitis Paysages gris et bleus (1910)

J'avais pourtant déjà été pris, une fois, à Rome, et toujours dans un couvent de capucins. C'était piazza Barberini, et je suis revenu de là écœuré, après avoir vu des squelettes de moines revêtus de la robe et du capuchon, grimaçant affreusement et se montrant avec toutes les apparences des damnés, tandis que leurs âmes jouissent de la béatitude céleste, je n'en doute pas.
A Palerme, comme à Rome, la terre a la propriété de dessécher rapidement les corps et de conserver la peau sur les os. Ici, ce ne sont plus des moines qu'on nous exhibe, mais des femmes parées
de robes élégantes
Source : Gallica

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