Edmond Gojon

Résumé

Edmond Gojon Le Jardin des dieux

Par ces livides nuits où l’éclair sans tonnerre
Fouille le silence des airs,
Ce qui des lacs de sel perdus parmi tes plaines
Devant mon rêve s’exhala
Tandis qu’une aigle d’or, petite et si lointaine,
Tremblait toute sur Djemila,
Ce qui, le long du roc tout ruisselant d’aurore
Et formidable sous nos mains,
Nous apparut un jour brûlant et rouge encore
De la pourpre et du sang romains,
N’est-ce pas, n’est-ce pas, terre des mosaïques,
Leur grand visage radieux,
Leur visage divin, leur visage héroïque,
Jardin des dieux, jardin des dieux !
Source : Wikisource

Edmond Gojon Le Jardin des dieux

Écoute son jet d’eau, une rose à la main.
Il regarde pâlir les furtives nuances
Dont l’heure, tour à tour, farde son horizon
Jusqu’à ce que la lune épanchant le silence
Vienne d’un lait d’azur enchanter sa maison.
Le papillon posé sur la rouge tulipe,
La grenade qui s’ouvre aux couteaux de midi,
Le liseron fermé que le matin défripe,
Animent seuls le fond de son rêve engourdi.
Tout gagne à son regard une étrange fortune :
Qu’il écrive, on entend le frelon bourdonneur,
Le nénuphar qui songe est un grand bol de lune,
Et l’œil de la princesse est un puits de bonheur.
Source : Wikisource

Edmond Gojon Le Jardin des dieux

La mer brûlante cède au rêve aérien.
Vois, elle se soulève, elle s’argente, et rien
N’est venu révéler ce qui s’agite en elle.
Les Ourses, les Gémeaux, le Lynx et le Serpent
Au-dessus de ses eaux déroulent leurs dorures,
Elle rêve, tandis que dans sa chevelure
Les pieuvres de l’Été se mêlent en rampant.
Alors la regardant, respirer sous les palmes,
Comme nous l’aimerons, cette gorgone d’or
Qui, mêlant tant de charme aux pièges de la Mort,
Se balance à la fois si perfide et si calme.
LEVER DE LUNE
Rien ne bouge, des feux se croisent sur la rade...
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature