Résumé

Henri de Ponchalon Indo-Chine : souvenirs de voyage et de campagne… (1896)

Je passe toute la nuit sur le pont. Le coup d'oeil est féerique; Tourane est toujours en feu, l'embrasement est général.
L'îlot de l'Observatoire est éclairé par les flammes d'une jonque qui se reflètent sur les ondes tremblantes de la rade ; le mât en ignition lance des étincelles : on dirait une fusée retenue par une main invisible.
Les Annamites, qui n'ont jamais assisté à un pareil spectacle, semblent frappés de stupeur ; on n'entend aucun bruit dans l'isthme et la presqu'île de Tien-Tcha.
Source : Gallica

Henri de Ponchalon Indo-Chine : souvenirs de voyage et de campagne… (1896)

Le soir, assis sur l'arrière de la dunette, je suis la marche du navire : une brise douce et régulière enfle ses blanches voiles; il trace son sillon lumineux sur la mer phosphorescente ; au firmament, les étoiles brillent d'un pur éclat. Ce sublime spectacle éveille en mon âme des sentiments nouveaux : que Dieu est grand !
10 mars. — A deux heures de l'après-midi, la Saône jette l'ancre dans la rade de Gorée.
Avec plusieurs de mes camarades je descends à terre. Nous montons à la caserne rendre visite aux officiers des deux compagnies d'infanterie de
Dakar.
Source : Gallica

Henri de Ponchalon Indo-Chine : souvenirs de voyage et de campagne… (1896)

J'ai visité dans la matinée quelques cases annamites de Saïgon, malgré la répugnance que j'éprouve à me trouver en contact avec d'affreuses gens, aux dents noircies par le bétel, aux lèvres sanguinolentes, brûlées par la chaux, et qui mangent leur propre vermine!
Les habitations ressemblent à celles de Tourane ; l'ameublement est tout aussi primitif. Sur le sol battu sont étendues des nattes; les Annamites s'y accroupissent pour manger. Les repas consistent en riz, mélangé de poisson plus ou moins pourri, conservé dans des jarres.
Source : Gallica

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