Jean-Bernard

Françounil (1890)

Résumé

Jean-Bernard,  Françounil (1890)

“ Pierre resta seul, navre.
Le jeune homme se sentit faiblir ; en devenant joueur, il était aussi devenu paresseux, et l'orgueil n'avait pas tardé à lui pousser. Il fut abattu toute la journée.
Quoi ! se disait-il, hypothéquer ce petit domaine des Estivandiers, qu'il se souvenait avoir
vu travailler par son père avec tant d'ardeur, que sa mère elle-même avait fouillé à coups de pioche en tous sens, ce domaine où il avait été si heureux, tant que la folie du jeu ne l'avait pas empoigné, ce n'était pas possible, c'était plus fort que lui.
”
Source : Gallica

Jean-Bernard,  Françounil (1890)

“ Tout le village, qui aimait et estimait la mère Bonnéclat, l'accompagna au cimetière.
Rentrés chez eux, les deux jeunes gens se sentaient tellement abattus, qu'ils ne bougeaient pas des heures entières ; c'est au milieu de cette douleur, et comme protégés par l'ombre de la morte, planant encore dans la maison, qu'ils reprirent leurs projets d'avenir.
Depuis le retour de Pierre au pays, Fran-çounil n'avait pas fait une seule fois allusion au passé ; après l'enterrement, ce fut le jeune homme qui, le premier, amena la conversation sur tous les événements déroulés depuis deux ans.
”
Source : Gallica

Jean-Bernard,  Françounil (1890)

“ Né dans le bordj, il se considérait comme l'esclave même de Fadia, et il mettait son bonheur à rester auprès de celle dont, tout jeune, il avait sauvé la vie. Le bach-agha n'y voyait aucun mal. Quoi de plus naturel ? Amet aimait et servait sa maîtresse comme un chien fidèle : c'était son devoir, sa destination, pour ainsi dire.
N'était-il pas un kammès, un être inférieur dont on se sert, qu'on peut malmener et qui, lorsqu'on le frappe, remercie avec des larmes de reconnaissance, comme le chien dont il est à
peine l'égal.
”
Source : Gallica

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