Résumé

Paul Collard Impressions et souvenirs d'un colonial (1925)

Devant l'écran d'or fondu qui s'élargit aux confins du désert, le Sphinx et les pyramides entrent dans cette nouvelle nuit qui est pour ces dernières bien près de la deux millionième. Tout à l'heure, dans l'ombre qui va se répandre, une clarté montera, paraissant sortir d'Héliopolis. Ce sera le premier sourire d'Isis sur la plaine de sable immense, sans fin, toute chaude des baisers brûlants d'Osiris.
Ça et là glisse, dans la tièdeur du soir, le vol d'oiseaux qui regagnent leurs fourrés. Le héron, le pélican passent silencieux.
Source : Gallica

Paul Collard Impressions et souvenirs d'un colonial (1925)

Elle ajoute quelque chose d'intraduisible à l'impression qui se dégage sous ce ciel si pur, si doux, si lointain, de ces plaines infinies plongées dans le silence du soir, dans ce silence du soir égyptien qui n'a pas d'égal au monde, aux abords du désert. La nature y montre un visage si recueilli qu'on la dirait
pâmée encore dans l'extase où l'a jetée le regard de Dieu, descendu sur elle de si près. Telles nous apparaissent l'Arabie pétrée, la Palestine et la partie septentrionale des terres que baigne la mer Rouge.
Source : Gallica

Paul Collard Impressions et souvenirs d'un colonial (1925)

L'atmosphère se fait de plus en plus tiède. Le sol a des miroitements de brasier qui couve sous la cendre. D'une extrémité à l'autre du cercle que ferme le ciel, d'un bleu très clair dans la lumière intense du soleil, rien que la mer de sable
fauve dont les vagues et les rides semblent figées, rien que le désert, vision saisissante d'une région de notre globe qui ne participe pas à la vie, terre morte que, sous le tropique du Cancer, l'ardente caresse du soleil empêche de se glacer.
Source : Gallica

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