Résumé

Portrait de Émile Delmas Émile Delmas Java, Ceylan, les Indes : excursion sous l'équateur et la zone torride (1897)

Le temps est splendide aujourd'hui ; nous avons la vraie mer des Indes, d'un bleu éclatant et profond, mélangé d'argent; le beau ciel! quelles caressantes ondes! On se sent ragaillardi ; c'est que Ceylan approche, et nous savourons les avant-goûts du paradis. Ce n'est point que, à chaque heure, la pensée du pays ne vous traverse l'esprit, avec son cortège d'êtres dont on ne sait plus rien ; mais cette lacune, quand on part, on sait bien qu'on en souffrira; et l'on part, malgré tout (c'est du touriste que je parle) , hypnotisé par le rêve d'azur et d'or.
Source : Gallica

Portrait de Émile Delmas Émile Delmas Java, Ceylan, les Indes : excursion sous l'équateur et la zone torride (1897)

Mais l'homme sait mettre partout, au service de sa foi, une candeur allant jusqu'à l'héroïsme.
C'est un véritable tableau vivant sur le pont, Javanais à la physionomie débonnaire, Malais à la mine rusée, Arabes à l'œil extatique et sombre, Chinois silencieux et sceptiques, femmes et enfants pêle-mêle, bébés demandant le sein, collection de tous les types, de tous les bronzes, de tous les cuivres jaunes de l'Orient; et tout ce monde, dans une harmonie que rien ne trouble, grouille, dort, mange la boulette de riz, rehaussée de piment rouge, d'arek ou de bétel.
Source : Gallica

Portrait de Émile Delmas Émile Delmas Java, Ceylan, les Indes : excursion sous l'équateur et la zone torride (1897)

Voici les palais d'un riche Hindou, du rajah de Jeypore, du rajah du Népaul, entremêlés de constructions perchées dans les airs. Là, un palais colossal,
trop pesant sans doute pour la berge minée par les eaux, s'est écroulé dans le fleuve; des tours entières ont roulé dans le Gange; leurs débris sont là, comme des léviathans, couronnés de fidèles en prières. Puis, un temple à flèche élégante, avec ses sanctuaires en belle pierre rouge lie de vin. Cet autre temple, au pied duquel on brûle des cadavres, est celui de Barni; la fumée légère s'envole gaîment, comme aspirée par le soleil.
Source : Gallica

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