“ Il écrit, et c’est son cœur qu’il découvre, c’est sa tête qu’il verse dans son livre ; et ce livre, c’est lui. Tel fut Napoléon Legendre : un écrivain sincère. Son livre, son œuvre, c’est lui, tel qu’il fut dans la vie, tel qu’on l’aima, avec ses idées, ses sentiments et ses goûts ; c’est une âme ouverte à qui veut lire, un esprit qui se donne, un cœur qui livre ses secrets. Pas de voiles tendus pour dérober la connaissance intime de l’amour ; pas d’artifices dressés pour déguiser la nature ; pas d’apparences trompeuses, pas de masque. Voulez-vous connaître Legendre ? ”
Citations sur “Legendre”
“ C’est une œuvre de bonne foi, limpide comme une eau de roche, d’une manière simple, d’un style franc, d’une langue vraie, à travers quoi la personnalité de l’auteur se laisse voir et pénétrer toute. Une sincérité entière et sans mélange, voilà la qualité dont il faut louer d’abord Napoléon Legendre. C’est une vertu, chez un écrivain, que l’ouverture de cœur. Sans doute, on peut trouver heureux que certains poètes ne se traduisent pas dans leurs œuvres tels qu’ils sont en réalité : il vaut mieux cacher ce qui n’est pas montrable. ”
“ Prenons garde à juger un écrivain suivant le genre qu’il a cultivé, à le voir dans la sphère où il s’est lui-même placé. Dire d’une colline qu’elle est plus haute que les autres et plus fraîche, ce n’est pas la comparer à la Jung-Frau et à ses glaciers. Vanter la grâce et l’élégance de l’hirondelle, ce n’est pas prétendre qu’elle égale l’aigle en son vol. De même, il est permis de trouver que Legendre est un aimable poète et un conteur fort agréable, sans par là faire entendre qu’on l’égale aux plus grands, ni que lui-même n’eût pu faire mieux. ”
“ Il n’a pas la puissance évocatrice de l’auteur des Bretons, ni l’élégance raffinée qu’on admire dans le recueil de la Fleur d’or, ni surtout l’art patient et laborieux des Histoires poétiques ; ses ressources sont plus restreintes, son souffle plus court. Mais comme celle de Brizeux, la muse de Legendre est pure, familière et discrète ; elle aime les âmes neuves, les émotions dont la douceur ne laisse pas d’être pénétrante, les joies intimes et les tristesses résignées. ”
“ Lui, il aime à se mettre à leur niveau, pour les voir de plus près, pour les mieux aimer, pour les décrire plus justement. Sans doute, il y perd quelque chose : la vue de l’ensemble ; d’autre part, il y gagne de saisir mieux le détail pittoresque, de voir avec plus de précision les coins de paysage humbles et rustiques, de pénétrer plus avant dans l’intimité des êtres, et d’en respirer la poésie, avant qu’elle ne se disperse. Legendre n’est pourtant pas ce qu’on est convenu d’appeler un observateur. Des choses lui échappent ; elles n’offrent pas pour lui d’intérêt ”
“ Par contre, on aime qu’un écrivain dont l’âme est saine soit sincère. D’abord, cela assure contre les écarts d’une imagination trop aventureuse. Non pas que la sincérité exclue l’imagination ; mais elle la rend moins hasardeuse, plus prudente, plus sage. Le génie, il est vrai, échappe à toutes les règles ; il a des élans et des vols sublimes, qui paraîtraient ailleurs écarts de caprice et de fantaisie. Mais nous ne parlons pas ici de génie. Legendre fut simplement un écrivain de talent, d’un talent fin et délié, et sûr aussi, et discret surtout. ”
Louis Ganderax,
Revue des Deux Mondes
“ Ce changement est le seul grave que M. Legendre ait opéré dans la fable; il a pourtant innové en ce point : plus shakspearien que Shakspeare, il a mis en action une scène racontée, cette pantomime calomnieuse jouée sur le balcon d’Héro, à laquelle son fiancé assiste avec le traître. Je me serais passé de cet embellissement. L’auteur d’un estimable Roger de Naples, M. Emile Blémont, réclame un peu bruyamment l’honneur de l’avoir inventé; je suis persuadé que M. Legendre n’a voulu lui rien prendre, et je ne crois pas qu’il lui doive grand’chose : qu’il lui abandonne l’objet du débat ! ”
“ La simplicité, voilà donc la qualité première de son style, qu’il écrive en prose ou en vers. C’est un genre que les virtuoses de la littérature trouvent un peu passé, mais dont on goûte toujours le charme. Un critique y trouvait naguère matière à reproche. Il avait lu Annibal : « Je me demande, écrivait-il, si cette nouvelle est à l’adresse des adultes ou des enfants. On dirait un récit de grand-papa à ses petits-enfants, et néanmoins j’incline à croire que Legendre voulait écrire pour les grandes personnes. » Entendons-nous. Qu’est-ce qu’une « grande personne » ? ”
Louis Peisse, Revue des Deux Mondes
“ Nous ne voudrions pas davantage avoir à demander compte à M. Legendre-Héral, praticien fort habile du reste, de la parfaite insignifiance de sa Psyché, qu’il appelle l’Éveil de l’ame, dont le principal mérite est de n’avoir aucun défaut choquant, ce qui ne suffit pas pour fixer l’attention sur une œuvre d’arts ni à M. Suc de l’incorrection générale de cette femme nue que le livret nomme la Mélancolie. Le type du Christ est un de ceux que l’art a eu le plus de peine à réaliser, et il n’y est même jamais parvenu d’une manière complètement satisfaisante. ”
“ L’AMANT DE VÉNUS C’était Édouard, Édouard Legendre, que la fantaisie avait pris de nous réunir. Cela n’arrivait plus souvent ; à peu près jamais. La vie, qui nous avait autrefois assis sur les bancs durs de la même université, nous avait depuis séparés ; et à mesure que nous avançions en âge, nous cherchions de moins en moins à nous retrouver ainsi. ”
Louis-Sébastien Mercier,
Le nouveau Paris
(1798)
“ Les violences de ce Legendre ont été telles, qu’il voulut plusieurs fois frapper Lanjuinais et le jeter en bas de la tribune. Après la rentrée des 73, nous demandâmes, dans une Assemblée particulière, le rappel des vingt-deux mis hors de la loi. Je portai la parole : Legendre s’y opposa et dit : Je mourrai plutôt à la tribune ; eh bien ! lui dis-je, tu y mourras ! Il se tut, ainsi que sa clique infernale, et les vingt-deux furent rappelés, c’est-à-dire, ceux qui existaient encore ; et tous ces hommes vertueux ont abattu peu à peu le monstre anarchique. ”
“ Pourquoi Monsieur Legendre et Maurice avaient-ils insisté pour que l’on invitât Noël Angers ? Ils étaient entrés dans le jeu de Mimi. Madame Legendre redoutait ce garçon outré, découplé, dont la tête s’articulait sur de gros muscles rétifs ; le cœur, à la moindre secousse, poussait des bouillons de sang vermeil et copieux. Un incident allait bientôt la rassurer. Le soir, la bruine cessa. Les bancs de brume se déchirèrent comme une bâche et les aiguilles de pin rosirent au pied des troncs délavés. Un monde de roche, de forêt et de montagne émergeait avec peine de l’humidité stagnante ”
“ Mais n’est-ce pas un mérite que de savoir mesurer son élan, de ne point s’essayer à de trop grandes entreprises, de ne jamais forcer son talent ? On y gagne de faire les choses avec grâce. Legendre savait admirer un poète qui se hausse et plane, et ”
Louis Legendre, Le Son d'une âme (1895)
“ Oui, mais c'est moi ! L'artiste a bien rempli sa tâche. Il ne m'a vraiment pas flatté, Mais c'est criant de vérité : Impossible que je me fâche. Il m'a joué d'un tour cruel; Mais quel reproche lui ferais-je ? Ce clair obscur, c'est du Corrège Et ce dessin, du Raphaël ! — C'est là ce qui rend l'aventure Si triste pour ma vanité, Que ce moi, si mal fagoté, Soit de la si bonne peinture. Être blagué de mon vivant, N'était-ce pas assez ? Pauvre homme, Je vais lâcher la forte somme, Las ! pour l'être au siècle suivant ! La mort qui brise tous les masques Sur le mien usera sa faux ! ”
George Lennox, Danton ; par G. Lennox (1878)
“ Pourquoi cette motion, rejetée quand elle fut proposée par Danton pour Bazire et Fabre d'Eglantine serait-elle acceptée aujourd'hui ? « Legendre paraît ignorer les noms de ceux qui sont arrêtés: toute la Convention les sait. Son ami Lacroix est du nombre de ces détenus. Pourquoi feint-il de l'ignorer? Parce qu'il sait bien qu'on ne pent, sans impudeur, le défendre. » ”
“ Il faut sans doute que ces vocables soient bien nés, et c’est à faire le départ du bon et du mauvais dans notre vocabulaire que Legendre a consacré les meilleures pages de son livre, les pages où il revendique le droit de cité pour les expressions « que nous n’avons pas été libres de ne pas créer. » [35] Il aurait dû ajouter :... et pour les formes que nous avons conservées des patois français. Car, si Legendre disait justement : « La langue que nous parlons n’est pas un patois, » il avait tort d’aller plus loin et d’écrire : « Nous n’avons pas ici de patois. » ”
“ C’est toujours pour faire revivre une émotion ou un souvenir, pour inspirer l’idée du devoir, le désir de faire du bien, la fidélité aux croyances, le respect des traditions, que Legendre se fait conteur. ”
Registre du secrétariat général des sections de la ville de Lyon… (1907)
“ Taisez-vous ? s'écrie Legendre, vous êtes des factieux ; la force armée est là, je marcherai à sa tête pour vous dissoudre ; et il envoie au tribunal révolutionnaire le patriote Boissonnat, pour s'être chargé de présenter la pétition. Un soir, au spectacle, on jette des loges au parterre un billet; un jeune homme le ramasse et, à la demande générale, en fait lecture : c'étoit une invitation au sapeur à moustaches de vider la loge de la municipalité, d'où il insultoit les citoyens, etc. ”
Thomas Jan Stieltjes, Correspondance d'Hermite et de Stieltjes… (1905)
“ En faisant croître x indéfiniment, j'en conclus la relation cherchée Mais je vois que la démonstration ordinaire, telle que vous la donnez dans votre Cours, ne prête point à une objection sérieuse. Car les fonctions sous le signe j j ne changeant point de signe, il ne peut pas exister de doute sérieux sur la légitimité d'une réversion de l'ordre des intégrations. Ce qui précède, il ne faut le considérer que comme un jeu d'esprit. D'après certaines biographies, Legendre doit être né à Toulouse, du moins c'est ce que je croyais et M. Baillaud également. ”
Louis Legendre, Ce que disent les fleurs : poésies (1891)
“ Si, dans deux siècles et demi, vers l'an 2150, un Parisien parle de Ce que disent les fleurs, il y trouvera beaucoup plus que quatre vers à citer, et le bouquet de vers de M. Legendre n'aura rien perdu de sa grâce et de sa fraîcheur. Aucun chemin de fleurs ne conduit au succès. ”
Camille Bourcier, Essai sur la Terreur en Anjou… (1870)
“ « On a demandé r des preuves matérielles : eh bien ! si vous en voulez, faites re» fluer la Loire à Paris, faites amener les bateaux à soupapes, » faites venir les cadavres des malheureuses victimes qu'on a » sacrifiées ; ils sont en assez grand nombre pour cacher les » vivants (applaudissements) . »—L'image sanglante évoquée par Legendre avec tant d'énergie, n'a rien que de juste, même pour nous qui sommes déjà loin de ces horribles événements. ”
“ DES MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA TROISIÈME SÉRIE — 1909-1910 VOLUME IIISECTION ILEGENDRE par ADJUTOR RIVARDOTTAWA imprimé pour la société royale du canada 1910 IV. — LegendrePar Adjutor Rivard (Lu le 26 mai 1909) « Tout homme qui écrit, écrit un livre, et ce livre, c’est lui. » Un écrivain peut chercher à feindre : il montre un caractère d’emprunt, il croit paraître tout autre qu’il n’est, il va peut-être jusqu’à se piper lui-même ; peine inutile ! toujours par quelque endroit son style le trahit. Cependant, si le mensonge est habile, plusieurs prendront le change ”
“ La pensée que quelque part on souffre, qu’on est faible, qu’on est petit, que peut-être on a faim, que peut-être on a froid, l’obsède ; le désir de soulager ceux à qui « tout est peine et misère, » le tourmente. Toujours il revient à ceux qu’il appelle les Souffrants, et la moitié de son œuvre est faite pour plaindre et consoler, pour inspirer aux riches, aux puissants, aux heureux du monde, l’amour des pauvres, des faibles, des affligés, et la charité qui soulage. Legendre est bon. ”
Louis Legendre, Le Son d'une âme (1895)
“ Puis faisaient derrière eux flotter sur l'horizon, Comme un drapeau de pourpre, un long rideau de flamme : Tel Phoebus qui s'en va la colère dans l'âme, Phoebus, le dieu charmant, subitement cruel, Phoebus a dans sa fuite incendié le ciel ! Longtemps la lueur rouge a baigne l'étendue : La Nuit est maintenant tout à fait descendue, Et sous sa nappe d'ombre a noyé sans retour Tous les coins où brûlait encore un peu de jour. C'en est fait des couleurs, des formes illusoires : Le monde entier n'est plus qu'un tas de choses noires : Tout est silencieux, et tout semble détruit ! ”
Pierre Legendre, Notre Epopée coloniale... (1901)
“ « La France, je le sais bien, est actuellement gouvernée par des jeunes gens auxquels on ne cause pas. Quand tes amis auront aboli la République et élu un roi d'illustre naissance, cligne d'adresser la parole au lion des lions, nous verrons s'il y a lieu de lui faire quelque cadeau ou de l'autoriser à envoyer ses gens chez nous. » Tout ce que put obtenir M. Bayol, fut la signature d'une lettre clans laquelle Glé-glé exprimait son désir de vivre en bonne intelligence avec les Français. ”
Louis Legendre, Le Son d'une âme (1895)
“ Beau mérite d'aimer une forme parfaite, Une grâce tangible, un chef-d'oeuvre existant ! Le premier sot venu pourrait en faire autant : L'imagination n'est pour rien dans la fête. Et jamais ton amour n'est exempt de souci ! D'autres yeux que les tiens, te volant au passage, Emportent le reflet de ce divin visage : Si tu fais des jaloux, ne l'es-tu pas aussi ? Pour trouver une femme à toutes préférable, Le poète n'a pas besoin de la beauté ; Pour lui le beau n'est pas dans la réalité ; Il en porte en son coeur le type inaltérable. ”
Louis Legendre, Le Son d'une âme (1895)
“ Cette nuit il a fait de l'orage ; le vent Se ruait comme un fou sur la maison fermée. Tranquille, tu dormais ; moi j'écoutais, rêvant : Ton souffle pur, à peine ouvrait ta bouche aimée. Comme il devait pleuvoir et faire froid dehors ! Chère, de tes yeux clos je n'avais pas la flamme, Mais près, tout près de toi je me réchauffais l'âme A la chaleur égale et tiède de ton corps ! Le cyclone avait beau promener les désastres. Je t'avais pris la main : quoi qu'il dût advenir, J'étais calme, étant sûr que la chute des astres Pouvait nous écraser mais non nous désunir. ”
Adolphe Legendre, Un peu de poésie (1855)
“ Notre âme abandonnée est un roseau qui plie; Elle laisse échapper des soupirs, des sanglots, Comme un saule plaintif, tremblant au bord des flots. Eh bien ! le ciel voilé, la sombre rêverie Ont encor des attraits pour une âme attendrie ! ”
Louis Legendre, Le Son d'une âme (1895)
“ Les peintres n'aiment pas les sapins toujours verts, Sombres sous le soleil comme sous les étoiles : Ils ne leur font jamais les honneurs de leurs toiles, Sauf parfois quand ils sont de neige recouverts. C'est qu'ils n'éveillent pas la douce sympathie Ceux qui ne craignent rien des atteintes du sort ! Or, ces géants ont l'air de délier la Mort : Jamais la sève en eux ne semble ralentie... Le chêne monstrueux et haut comme une tour Charme pourtant les yeux et l'âme de l'artiste ; Car il pleure et sourit, il est joyeux et triste, Lui dont la feuille s'ouvre et tombe tour à tour. ”
Louis Legendre, Le Son d'une âme (1895)
“ La Foi rend au regard humain son but normal, L'azur ! Oui, de notre âme elle est la délivrance ; Par elle l'horizon reprend sa transparence, Et nous apercevons, sortis des chocs maudits, Pour les peuples meilleurs de lointains Paradis. Croyez donc avec une ardeur contagieuse ; Ayez de parti pris l'âme religieuse ; Croyez n'importe à qui, croyez n'importe quoi : Toute religion est un acte de foi ! ”
Louis Legendre, Ce que disent les fleurs : poésies (1891)
“ Pour battre en brèche son pouvoir, Les Fleurs n'ont aucune Assemblée! Sort unique !. Pour concevoir Que l'univers l'aime et l'admire, Il n'est pas besoin de la voir; Parmi les papillons, pas un Qui puisse en réchapper son âme : L'adorer est leur sort commun! Même cachée, on la respire, Et c'est surtout par son parfum Qu'elle étend au loin son empire ! Et les poètes qu'on acclame, En des rimes de bon aloi, L'ont chantée autant que la femme! ”
