“ Chaque branche peut devenir une dynastie. À la seule condition de se courber jusqu’au peuple. De quelque façon qu’on le considère, Louis-Philippe d’Orléans fut un grand choix du sort. Prince remarquable, homme rare ; préparé à la couronne par les vicissitudes, par l’exil, par l’infortune, même par la misère ; portant la triple empreinte de la vieille race royale qui l’avait produit, de la république révolutionnaire qui l’avait éprouvé, et de la bourgeoisie qui le couronnait. L’heure où l’histoire parle avec son accent vénérable et libre n’a pas sonné pour le roi Louis-Philippe. ”
Louis-Philippe d'Orléans
Définition et enjeux
Citations sur “Louis-Philippe d'Orléans”
Auguste-Aimé Boullée, Études biographiques sur Louis-Philippe d'Orléans… (1849)
“ Ainsi qu'il arrive aux hommes d'État de tous les siècles, Louis-Philippe d'Orléans a été tour à tour loué avec excès, et dénigré sans mesure. Tandis que les uns ont marqué sa place parmi les dominateurs les plus renommés des nations, d'autres, lui déniant jusqu'à l'intelligence politique, ont affecté de ne voir en lui qu'un instrument et presqu'une erreur de la fortune, un ambitieux vulgaire et sans portée. ”
Jules Tréfouël, Souvenirs : 1817-1878 (1883)
“ Louis-Philippe d'Orléans était assuré d'avance d'avoir l'assentiment de la nation qu'il n'a pas voulu consulter; mais il a eu le tort d'agir en souverain; de croire que les peuples solidaires de leurs voisins peuvent vivre isolément, sans participer aux progrès de l'Europe et de l'Amérique, et même reprendre quelquefois des usages délaissés depuis longtemps, réputés nuisibles à leur bien-être. Toujours est-il que Louis-Philippe, aux manières simples, vivant sans faste, avec économie, avait su se faire aimer de la bourgeoisie et de la nouvelle noblesse de Napoléon. ”
Ernest Daudet,
Le Duc d’Aumale
“ Quoi qu’on pense des circonstances dans lesquelles Louis-Philippe d’Orléans accepta le pouvoir, on n’a pas oublié que pendant dix-huit ans la France, sous son règne, fut heureuse et prospère. C’est alors qu’elle amassait ce trésor de gloire militaire qui, au bout d’un demi-siècle et malgré des revers immérités, reste encore ce qu’elle a de plus précieux et de plus pur. Une politique imprudente a pu le compromettre sans emporter le souvenir des heures qui le virent former. ”
Alexandre-Ernest Billault de Gérainville, Histoire de Louis-Philippe. Tome 2 (1870-1875)
“ « Philippe d'Orléans a combattu à Jemmapes sous la bannière tricolore, qu'il s'empresse d'adopter aujourd'hui. Confiant en la dignité du peuple français, il est resté dans son sein; son administration intérieure, son caractère et ses antécédents, l'appellent à gouverner constitutionnellement notre belle patrie. Lui seul peut prévenir la guerre civile ; lui seul donnera les garanties nécessaires au commerce et au monde entier. « PLUS DE CAPETS ! Vive Louis-Philippe d'ORLÉANS ! » ”
G. de la Magdeleine, Revue des Deux Mondes
“ Les princes d’Orléans devaient-ils accepter cette restitution partielle ? Telles sont les questions que nous allons examiner. I. Le 7 août 1830, la chambre des pairs et la chambre des députés, après avoir modifié ou supprimé plusieurs articles de la charte, déclarèrent, « moyennant l’acceptation de ces dispositions et propositions, » que « l’intérêt universel et pressant du peuple français appelait au trône S. A. R. Louis-Philippe d’Orléans, duc d’Orléans, lieutenant-général du royaume. » ”
Vie de Louis-Philippe par M. Alfred Nettement (1848)
“ Cette prospérité, jusque-là inaltérable, se démentit : l'étoile de Louis-Philippe d'Orléans se couvrit d'un nuage de deuil, et un hôte inaccoutumé, le malheur, frappa à la porte du roi des Français. L'espoir de sa dynastie, le premier-né de sa maison, ce fils qu'il avait élevé pour régner, était tombé de sa voiture et s'était brisé la tête sur le pavé de la route de la Révolte ; il était passé en un instant de vie à trépas. Cette mort étrange, comme celle de ces princes retranchés par Dieu, qu'on voit tomber de leur char dans les récits bibliques, frappa tout le monde de stupeur. ”
Histoire anecdotique de Louis-Philippe d'Orléans… (1846)
“ Vive le duc d'Orléans ! Les femmes montraient le plus vif enthousiasme; heureuses d'être affranchies de toute inquiétude, maintenant que le duc d'Orléans consentait à se mettre à la tête de la Révolution. Les jeunes gens accueillaient par de nombreuses acclamations les fils de Louis-Philippe, si jeunes, si beaux, si gracieux. ”
Paul-Mathieu Laurent,
La Maison d'Orléans devant la légitimité et la démocratie…
(1861)
“ Toujours sous le prestige de cette illusion d'omnipotence royale, Louis XVIII fut conduit, dit M. Lourdoueix, par sa bonté excessive, à des fautes encore plus funestes : par des ordonnances" qui ne furent même pas publiées dans les formés prescrites, il rendit à Louis-Philippe d'Orléans tous ses biens non vendus. ”
Louis Blanc,
Histoire de dix ans : 1830-1840…
“ Allons donc ! s’écrie avec humeur Casimir Périer, et M. Laffitte s’empresse de lire le dernier paragraphe qui invite Louis-Philippe d’Orléans, duc d’Orléans, à prendre le titre de roi des Français, moyennant l’acceptation de la charte modifiée. Ce paragraphe est adopté à une grande majorité. Trente membres de la droite s’abstiennent. M. de Corcelles veut qu’on soumette, du moins, l’élection du duc d’Orléans à l’acceptation du peuple : tous gardant le silence. ”
Histoire anecdotique de Louis-Philippe d'Orléans… (1846)
“ Il nous faut un roi! Or le duc d'Orléans était là. A la vérité c'était un Bourbon, mais il avait été professeur de mathématiques; il était duc, mais il avait été soldat de la République ; c'était un d'Orléans, mais il n'avait jamais porté les armes contre la France ; il était le fils du prince Égalité, mais il s'était associé à la cause de la liberté américaine. ”
Le Cte Jean LVII de Pathmos à la recherche de son roi (1870)
“ Votre Majesté n'a pas encore assez vécu en France pour comprendre le danger d'une telle promiscuité. On ne respecte guère en ce pays ce que l'on approche de trop près. C'est en sortant, un parapluie sous le bras, et en donnant force poignées de main, que Louis-Philippe d'Orléans a perdu toute sa considération. On ne fait cas en ce pays que de ceux qu'on aborde chapeau bas. On ne respecte qu'en raison de la distance où l'on est tenu. ”
Auguste-Aimé Boullée, Études biographiques sur Louis-Philippe d'Orléans… (1849)
“ Louis-Philippe n'insista pas ; mais jamais, depuis la mort du duc d'Orléans , une intimité complète ne s'établit entre le roi et sa belle fille. La mère du comte de Paris se plaignait du despotisme intérieur de LouisPhilippe, elle chef de la maison d'Orléans , qui avait espéré que son alliance avec la maison de Mecklembourg rapprocherait sa dynastie des familles souveraines de l'Europe, dissimulait mal, de son côté, les déceptions dont cette espérance avait été la source. ”
Paul-Mathieu Laurent,
La Maison d'Orléans devant la légitimité et la démocratie…
(1861)
“ S'il prenait plaisir à accuser la révolution, il ne se complaisait pas moins à absoudre les révolutionnaires qui avaient répudié le nom d'Orléans pour se parer de celui d'Égalité, et qui avaient fait également preuve, selon lui, d'un patriotisme ardent et désintéressé. Louis-Philippe disait hautement que pour le trouver reprochable, dans le passé comme dans le présent, il fallait le calomnier. Oubli ou audace, il se vantait de n'avoir jamais voulu porter les armes contre la France, et il se proclamait le plus mortel ennemi des carlistes. ”
République française. Vie de Louis-Philippe d'Orléans… (1848)
“ Vive la République! on nomme un gouvernement provisoire. La duchesse-d'Orléans s'échappe avec peine au milieu; de la foule toujours croissante. Le duc de Nemours , pressé par le peuple se voit enlever ses épaulettes et son chapeau ; mais, grâce à la garde nationale, il parvient à prendre la fuite. Cependant,Louis-Philippe était encore aux Tuileries. ”
Histoire anecdotique de Louis-Philippe d'Orléans… (1846)
“ Indubitablement Louis-Philippe est un grand roi ; le nier serait méconnaître le véritable caractère de tous les événements, de toutes les actions mémorables de son règne.— Cependant, en dirigeant lui-même les affaires de son gouvernement, il s'est attiré le reproche d'outrepasser ses pouvoirs comme roi constitutionnel; cela peut être, et je veux bien l'admettre, mais dans les circonstances difficiles où se trouvaient la France et l'Europe par suite de la révolution de 1850, tout autre que lui n'aurait amené que la guerre, la misère et l'anarchie. ”
Prosper Bole, Les prétentions dynastiques de la branche d'Orléans (1910)
“ Si ceux qui liront les lettres de Louis-Philippe d'Orléans en novembre 1806 et en 1809 ont encore le courage de qualifier ses descendants de maison de France, c'est — 32 — que leur patriotisme ne connaît pas les révoltes du dégoût. J'en appelle même aux salariés les plus complaisants du bureau politique du prince Philippe. ”
Histoire anecdotique de Louis-Philippe d'Orléans… (1846)
“ Hélas ! combien les temps avaient changé ! A la popularité d'alors avaient succédé les plus rudes Outrages, les reproches les plus durs et les plus indécents. Le prince, d'abord l'idole de la populace, avait été traîné par elle à l'échafaud, et mis à mort au milieu de ses vociférations ! Louis-Philippe a conservé un doux souvenir de Drontheim et Hamersfeldt ; dans la première de ces villes, il avait été accueilli avec courtoisie par le baron Kroh, et dans la seconde, il n'eut qu'à se louer de la douceur et de l'urbanité des habitants de la Laponie. ”
Vie civile et militaire de Louis-Philippe d'Orléans… (1830)
“ Ecrions-nous, d'un commun accord, que Louis-Philippe a sauvé la France. Rallions-nous donc autour de ce prince que la France entière vient d'élever sur le pavois. Honnête homme, il ne violera pas ses sermens; vieux soldat de Jemmapes, il aimera les braves ; roi citoyen, il réparera tous les maux de la patrie. Ainsi, Français, sous l'égide d'un tel prince, notre avenir est désormais assuré; mais n'oublions pas que l'union, l'union seule fera, notre force. ”
Albert de La Berge, La famille d'Orléans et sa fortune (1872)
“ La révolution qui s'accomplissait devait avoir une autre moralité qu'un changement de dynastie. La monarchie sombra tout entière dans la tempête et Philippe lui-même, convaincu de trahison envers la République dont il s'était fait inutilement le flatteur, expia cruellement son ingratitude envers la royauté et ses complots contre la nation. 2 DEUXIÈME PARTIE. IV. Louis-Philippe d'Orléans. — Donations considérables que lui font Louis XVIII et Charles X. —Violation en sa faveur du droit monarchique. — Honteuse liquidation de son héritage paternel. — Soustractions de pièces aux archives. ”
Albert de La Berge, La famille d'Orléans et sa fortune (1872)
“ Liste civile de Louis-Philippe. La révolution de 1830 donna une proie nouvelle et la plus belle de toutes à l'insatiable avidité du duc d'Orléans. Le jour si désiré et si longtemps attendu vint enfin où la couronne de France passa de la branche aînée à la branche cadette des Bourbons. Le 29 juillet le trône du vieux Charles X s'écroulait sous l'orage populaire et Louis-Philippe était au comble de ses voeux. Ce n'est pas qu'il fût amoureux du pouvoir et qu'il désirât une grande autorité pour faire de grandes choses, non. Louis-Philippe n'était-pas un ambitieux, dans le sens politique du mot. ”
Notices historiques sur Son Altesse Royale Louis-Philippe d'Orléans… (1830)
“ Le duc d'Orléans s'empressa de répondre : « Quand ma » tendre mère recevra cette lettre, ses ordres se» ront exécutés, et je serai parti pour l'Amérique ; » je m'embarquerai sur le premier bâtiment qui » fera voile pour les États-Unis.... Et que ne fe» rais-je pas après la lettre que je viens de recevoir? 14 LOUIS-PHILIPPE D'ORLÉANS. » Je ne crois plus que le bonheur soit perdu pour » moi sans ressource, puisque j'ai encore un moyen » d'adoucir les maux d'une mère si chérie, dont la » position et les souffrances m'ont déchiré le coeur » depuis si long-temps. ”
Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand, Marie-Amélie et la duchesse d'Orléans… (1893)
“ Plus d'instabilité, plus de révolutions, on entre dans l'âge d'or. En recevant les hommages et les flatteries hyperboliques des anciens dignitaires de l'Empire et de la Restauration, Louis-Philippe qui avait de l'expérience savait bien ce qu'au fond il devait croire de tout cela. Le duc d'Orléans ne se laissait pas non plus tromper par l'excès des louanges. ”
Auguste-Aimé Boullée, Études biographiques sur Louis-Philippe d'Orléans… (1849)
“ «Dieu est juste, s'écriait Chateaubriand, et Dieu ne voudra pas que Louis-Philippe, ce faux roi, meure en paix dans le lit sanglant de Louis XVI, où il s'est couché furtivement. » L'hostilité croissait en raison de la personne même du prince, de son origine et de ses antécédents. Par sa double qualité de Bourbon et de représentant des intérêts de 89, le duc d'Orléans était sans contredit le seul homme capable d'imprimer une direction régulière et stable à ce mouvement révolutionnaire qui, abandonné à lui-même, eût disparu tôt ou tard dans les convulsions sanglantes de l'anarchie. ”
Histoire anecdotique de Louis-Philippe d'Orléans… (1846)
“ Fidèle à ses amis et reconnaissant envers ses défenseurs, Louis-Philippe a su récompenser le vrai mérite aussi bien que le dévoûment sincère à sa cause, à celle de la France et des libertés nationales ; aucun prince n'a su mieux que lui reconnaître les talents et le mérite des hommes publics ; il a souvent changé de ministres, non par caprice, mais par nécessité. ”
Auguste-Aimé Boullée, Études biographiques sur Louis-Philippe d'Orléans… (1849)
“ Je ne suis devenu roi, ajouta Louis-Philippe, que parce que moi seul je pouvais sauver la France de l'anarchie et du despotisme. » Puis, s'enivrant, pour ainsi dire, de la supériorité de position que venaient de lui faire les derniers événements, «l'élément des révolulions existe chez toutes les nations de l'Europe, et toutes n'ont pas l'étoffe d'un duc d'Orléans pour les terminer. En résumé, conclut-il, mon système de gouvernement n'a contre lui que les carlistes et les républicains (1) . » (1) Procès-verbal de l'entrevue de MM. Laffitte, Arago et Odilon Barrot avec le roi, le 6 juin 1852. ”
Auguste-Aimé Boullée, Études biographiques sur Louis-Philippe d'Orléans… (1849)
“ Louis-Philippe, personnellement, en conçut un dépit très-marqué. Cet événement, préparé dans le plus profond mystère , ruinait le laborieux échafaudage construit de longue main par le chef de la maison d'Orléans pour vouer à un célibat perpétuel, s'il était possible, l'héritier légitime du trône de Charles X. Le mariage du comte de Chambord fut célébré à Bruck, le 16 novembre 1846 , en présence des augustes débris de la famille royale , dont l'exil brilla tout-àcoup d'un de ces rayons d'allégresse pure qui ne visitent plus guère les palais des rois. ”
Auguste-Aimé Boullée, Études biographiques sur Louis-Philippe d'Orléans… (1849)
“ Charles X répliqua que « le duc d'Orléans trouverait dans sa mission même un moyen de se relever de ses fautes, en usant de son influence pour prévenir une nouvelle révolution (1) . » Les ministres écrivirent sous la dictée du roi la déclaration par laquelle il nommait son cousin lieutenant-général du royaume, et maintenait la convocation des Chambres pour le 3 août. Cet acte fut envoyé à Louis-Philippe, qui le communiqua immédiatement à ses conseillers intimes. ”
Paul-Mathieu Laurent,
La Maison d'Orléans devant la légitimité et la démocratie…
(1861)
“ « Ce n'est pas une insurrection, Sire. mais une révolution ! — 98 — caractère dans un genre de voluptés dont les échos dû château de Sainte-Assise répètent encore le bruit (1) . » Louis-Philippe d'Orléans mourut le 18 novembre 1785. Ses vertus privées furent célébrées dans quatre oraisons funèbres. L'un des orateurs, l'abbé Fauchet (2) , parla aussi des vertus nationales du prince. C'était une allusion aux sympathies que l'on supposait à la famille d'Orléans pour l'opposition parlementaire. Un autre panégyriste, M. l'abbé Bourlet de Vauxcelles ”
Louis-Achille Boblet, Le Principe et les faits (par A. Boblet… (1832)
“ Le duc d'Orléans répondit qu'il ne pouvait se charger d'un fardeau si pesant; et quelques jours après, trouvant apparemment la couronne plus légère, il céda à ceux qui la lui offrirent, prit là place de Henri V et le titre de roi des Français. On à parlé de la répugnance du duc d'Orléans à se faire roi ; mais quand un homme de coeur est décidé à ne point accepter l'héritage d'un enfant, il en rejette l'offre avec indignation, et rien ne peut l'y forcer. Louis-Philippe semblait être le dernier des Français qui pût aspirer au trône de la branche ainée des Bourbons. ”
Histoire de Louis-Philippe Ier… (1831)
“ Il se chargea de le faire connaître au lieutenant-général , et il le résuma lui-même en disant qu'il était question d'élever un trône populaire entouré d'institutions républicaines. Il partit ensuite pour le Palais-Royal, et, à son retour, dit à la députation populaire: « que le duc d'Orléans et son « fils partageaient toutes les opinions des patriotes, « que ce que ceux-ci devaient proposer était la pensée & intime de ces princes, et qu'on pouvait s'en « remettre à eux du soin d'assurer le bonheur de la « France. » ”
