“ Sir James est l’unique héritier d’un grand nom et d’une fortune immense. Son père tient à tous les préjugés attachés à sa noblesse ; il doit avoir pour son fils l’ambition d’un homme de son rang, et il est presque certain qu’il s’opposerait à leur union. Ne vaudrait-il pas mieux arrêter les progrès d’une passion qui ne présage que des peines, et ne regardes-tu pas comme un de mes devoirs d’éclairer cette jeune amie, sur les suites d’une semblable liaison. ”
Sir James
Définition et enjeux
Citations sur “Sir James”
Jean Cathérineau, Le Paramaribo, roman maritime et de moeurs créoles (1866)
“ Frémissant de rage de savoir celle qu'il aimait en la puissance de son rival, qu'il croyait être un pirate, sir James réunit toutes ses forces, qui furent quintuplées par la colère, par la jalousie et par l'instinct de la conservation, si puissant chez l'homme, et, donnant une suprême secousse, il parvint à briser les liens qui lui garrottaient les mains. ”
Philippe Aubert de Gaspé,
Mémoires
“ Sir James se croise les deux mains sur son gros ventre. L’Américain avance une des siennes pour s’en saisir sur l’abdomen vice-royal même ; alors sir James laisse pendre les siennes chaque côté de ses culottes aristocratiques. Jonathan veut s’en emparer de nouveau ; mais sir James les passe derrière les basques de son habit galonné. Et comme uncle sam [59] n’osa pas les débusquer de ce retranchement inexpugnable, il se contenta de penser en lui-même, je suppose, que le gouverneur britannique n’avait pas volé le sobriquet de petit roi Craig. ”
“ Le ton de sir James, les pleurs de Jeannette, et le souvenir de l’éloge qu’il m’en avait fait, suffirent pour m’éclairer. Je revins au château, en réfléchissant sur cette aventure qui ne me fut pas difficile à expliquer. Sir James a été trompé par une femme du grand monde, il les croit toutes perfides, cependant son cœur éprouve le besoin d’aimer, et pour se garantir d’une nouvelle trahison, il adresse ses vœux à l’être qui lui paraît le plus innocent ; puisse-t-il ne pas s’abuser encore ? ”
Arthur Conan Doyle,
Son Dernier Coup d’Archet
“ C’est un homme blanchi sous le harnais, un gentleman, un invité honoré des plus nobles maisons, et par dessus tout un homme dont le patriotisme est au delà de tout soupçon. Il est l’un des deux hommes possédant une clé du coffre. Je peux ajouter que les plans étaient indubitablement au bureau pendant les heures de travail lundi, et que Sir James est parti pour Londres vers trois heures de l’après-midi. Il est demeuré à la maison de l’amiral Sinclair à Barclay Square pendant toute la soirée où les faits se sont produits. ”
Jean Cathérineau, Le Paramaribo, roman maritime et de moeurs créoles (1866)
“ Mais, ma chère enfant, tout n'est pas désespéré, disait-elle à miss Lucy : puisque sir James est un homme plein de loyauté, il ne voudra pas faire votre malheur et le sien en vous épousant contre votre volonté, surtout quand il saura que vous en aimez un autre. ”
“ Après ces mots, sir James eut un petit ricanement qui ne laissa aucun doute dans l’esprit de son interlocuteur. — Eh bien ! que voulez-vous de moi ? — Écoutez, mon cher Antarès, ou monsieur le comte, si cette seconde appellation sonne mieux à votre oreille, croyez que je ne dois qu’au hasard la découverte de ce petit mystère. — Eh ! monsieur, je le sais !... Le hasard est notre plus mortel ennemi. — Aussi, pour nous mettre à l’aise l’un envers l’autre, je vous propose d’en finir aussitôt avec ce sujet. — J’ai beaucoup de créanciers, monsieur le comte. — C’est un tort, sir James. ”
Eugène Robin, Revue des Deux Mondes
“ Sir James, a-t-il écrit quelque part, n’avait pas seulement de l’humour, il avait aussi de l’esprit (wit) ; du moins, dans ses raisonnemens, des rapports soudains et nouveaux d’idées illuminaient sa pensée, produisaient sur l’auditoire le même effet que l’esprit, et auraient passé pour tels, si le sentiment instantané de leur valeur et de leur utilité avait laissé le pouvoir d’admirer leur nouveauté, et ne leur avait mérité le nom plus élevé de sagesse (wisdom) ... ”
Isabelle de Charrière,
Caliste ou Lettres écrites de Lausanne
(1785)
“ Ensuite elle fit appeler James, lui donna une boîte qu’elle avait tirée de sa poche, et lui dit : portez-la-lui vous-même, et, s’il se peut, restez à son service ; c’est la place, et dites-le-lui, James, que j’ai longtemps ambitionnée pour moi. Je m’en serais contentée. Après avoir eu quelques moments les mains jointes et les yeux levés au ciel, elle s’est enfoncée dans son fauteuil, et a fermé les yeux. ”
Armand Durantin, L'Héritage de la folie, par Armand Durantin (1873)
“ Sir James possède une énorme fortune, et il fait comprendre à sa fille qu'elle ne peut disposer de sa main en faveur d'un jeune homme très-aimable sans faute, à qui elle doit une immense reconnaissance ”
Léon Griffon, Souvenirs de la campagne de Crimée (1857)
“ Sir James sortit enchanté du brave chef d'escadron et courut chez sa cousine pour lui faire part de sa joie : J'ai eu l'honneur de voir le commandant lui dit-il. Oh ! quel homme excellent. Combien je regrette de lui avoir envoyé un écrit injurieux ! combien plus coupable encore étais-je de vouloir tuer en duel un officier qui m'a comblé de marques d'amitié! Pour peu que le caractère de la jeune fille ressemble à celui du père, j'ai l'espoir de réussir. ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ Je vais te répéter tout ce que je tiens de lui ; ce malheureux, après être revenu de son ivresse, se livra au plus violent désespoir. Le château de Varannes lui était fermé, il ne pouvait aller y protester de son innocence, et d’ailleurs qu’eussent produit ses serments contre tant de faits déposant contre lui ? Il se détermina, dans l’excès de ce désespoir, à aller se jeter aux pieds de sir James ; il lui parla avec cet accent que n’a point le crime, l’assura que préférant la mort à l’infamie, le souvenir de sa femme et de ses enfants ne l’empêcherait pas d’attenter à sa vie. ”
“ En la prononçant, sa figure avait changé d’expression, elle ne peignait plus que la mélancolie ; mais bientôt après elle se couvrit d’un voile de tristesse ; il fut pourtant assez attentif à la conversation ; il y mêla quelques mots que je n’ai point oubliés : on parla littérature et chacun combattit pour son idole, comme c’est l’usage ; sir James fut le seul qui rendît justice au mérite de tous nos écrivains, sans dissimuler la préférence qu’il accordait aux philosophes anglais, comme les croyant plus profonds que les nôtres. ”
“ Sir James est malheureux... Il t’inspira quelque temps une douce pitié... dis un mot et il revient près de toi... tu devines le reste ;... enfin choisis entre le déshonneur et la contrainte, et préfère les intérêts de notre amour à ceux d’une vaine considération. Ta réponse fixera notre sort... Je l’attends en tremblant. Caroline, ne prolonge pas plus longtemps mon inquiétude. Apprends-moi bientôt qu’il m’est encore permis de te serrer contre mon cœur, et de te consacrer ma vie. ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ La petite, étonnée d’une caresse aussi respectueuse, a sauté à son cou ; en l’embrassant, des larmes sont venues aux yeux de sir James : il s’est levé, et après avoir regardé la pendule, s’être excusé de ne pouvoir rester plus longtemps, il est parti. Madame de Varannes, occupée à discuter avec Frédéric, n’a point remarqué l’effet que m’a produit le discours de sir James ; mais je redoute l’œil attentif de Frédéric, sans trop savoir ce que j’en dois craindre ; au fait, que m’importent ses conjectures sur une chose que je ne comprends pas moi-même ? ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ Il n’appartient qu’à vous, aimable Laure, d’acquitter les heureux que sir James fait ; ils n’ont que leur reconnaissance à lui offrir, et vous, vous pouvez par vos talents et par votre amitié, lui donner des jouissances aussi douces que durables, et qui seront partagées par tous ceux qu’il intéresse. ”
“ Ces propos avaient été répétés à ma belle-mère par des gens fort obscurs, et Frédéric en détruisit bientôt l’effet, en faisant de son ami un éloge mérité. Sir James n’est pas, proprement dit, un homme généralement aimé ; il communique trop peu avec le monde et n’a pas l’air de l’estimer assez, pour s’attirer sa bienveillance ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ Sir James vit clairement son intention, baissa les yeux, et tomba dans une profonde rêverie. Il faut que cet homme ait éprouvé de bien cruels chagrins, mon amie ; il n’est pas naturel qu’à son âge on persévère dans le projet de vivre presque seul ; et j’avoue qu’il m’inspire une certaine curiosité qui m’était inconnue : j’ai quelquefois l’envie de questionner Frédéric sur son compte ”
Philippe Aubert de Gaspé,
Mémoires
“ Ceux qui avaient poussé sir James à des actes tyranniques devaient bien rire, sous cape, des élans de sublime et impitoyable logique du vieux soldat accablé d’infirmités, s’acheminant à la plus prochaine tombe. Oh ! non ! un homme déjà étreint par la mort ne trouve pas des accents aussi profondément empreints de vérité sans être sincère. ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ Ce peu de mots me prouve qu’il est amoureux. Amoureux ! lui, sir James ! Ah ! ma Juliette, combien tes conjectures sont loin de la vérité ! Crois-tu possible de se livrer avec tant de facilité au même sentiment qui a causé des maux irréparables ? Cette seule raison suffirait pour en ôter l’idée ; ajoutes-y que sir James ne me connaît que par ce que sa sœur peut lui avoir dit de moi ”
Armand Durantin, L'Héritage de la folie, par Armand Durantin (1873)
“ Sir James crut devoir intervenir. – Mais dit-il, mon cher monsieur le Français !. – Mais, mon cher monsieur l'Américain, fit le peintre, c'est à prendre ou à laisser. Nous autres Parisiens, quand nous rendons un service, nous ne souffrons pas qu'on nous le paie. Voilà comme nous sommes, bigre de bigre ! – Toujours originaux, ces Français ! s'écria sir James. – Toujours loyaux et chevaleresques ! ajouta Edith qui serra affectueusement la main de Stanislas. – Voulez-vous ? demanda Morris en tendant la main au neveu de Moyendoux. ”
“ Sir James était mieux, il l’avait conjuré de voler près de vous pour lui rapporter de vos nouvelles, et vous donner des siennes. — Il mourra, disait-il, si je lui fais le récit de ce que je vois. La fièvre lui a rendu ses forces, il est vrai, mais souvent le transport s’empare de lui, et l’on croirait que sa raison l’a tout à fait abandonné, si toutes les fois qu’il parle de Laure, il n’exprimait ses idées clairement, avec suite, et du ton le plus tendre. ”
Brada,
Mylord et mylady
(1884)
“ A l'intérieur, tout est solide, luxueux et vieux genre. Sir James aime sa maison telle quelle, avec ses tableaux de maître et ses draperies de perse luisante, avec son argenterie massive et sa salle à manger d'acajou épais. Rien n'a été changé aux bustes d'hommes d'Etat d'un autre temps, ni aux portraits de famille. Sir James a horreur des innovations et de ce qu'il appelle le décor à la moderne. Lady Pomeroy n'y peut sacrifier qu'en accordant de la façon la plus artistique possible ses fleurs et ses porcelaines. ”
Jean Féron,
Le Capitaine Aramèle
“ Pour cause ?... Un de ses amis intimes affirmait que toutes les bonnes fortunes de Sir James auprès de la gent féminine lui avaient été conquises par ses favoris, qui étaient d’un châtain un peu plus clair que ses cheveux, et si doux au toucher que maints doigts de femme y avaient trouvé à s’y promener des jouissances exquises ! Une autre qualité de Sir James Spinnhead — qualité physique encore — c’était sa belle vigueur corporelle et sa santé, vigueur et santé qu’il savait entretenir et ménager par un régime de mets choisis et de liqueurs les plus fines. ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ Cette phrase me fit présumer que Frédéric avait instruit sir James du motif de son départ ; je me rappelai le jour où il avait dit qu’il lui faisait toutes ses confidences, et je voulus me retirer pour éviter l’embarras que sa présence devait me causer ; mais madame de Varannes me retint, en me disant qu’il y aurait de la cruauté de ma part à la quitter dans l’instant où je venais de lui procurer un plaisir si doux. — Allons, dit-elle à Caroline, fais tout apprêter pour le petit déjeuner de famille ; sir James ne refusera pas d’en être ; allez au-devant de lui, Frédéric, et conduisez-le ici. ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ Cette occupation prouve assez qu’il n’est tourmenté d’aucune peine. Caroline est moins heureuse ; ce que je lui ai dit du père de sir James lui a ôté tout espoir, et la pauvre petite est vraiment à plaindre : le départ de sir James va la désespérer, mais je le regarde comme le seul remède à ses maux. L’absence opérera peut-être sa guérison ; si elle n’y réussit pas, je tâcherai de lui faire faire un voyage à Paris, et je te chargerai du soin de la distraire. Il est clair que sir James n’a qu’un très-léger penchant pour elle. ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ Un affreux pressentiment, ajouta-t-il, s’était subitement emparé de nous ; sir James nous avait quittés la veille, accablé d’une tristesse qui paraissait moins l’effet de la douleur que celui du désespoir. Son regard, son air farouche, semblaient annoncer quelque sinistre projet. Je n’osai faire part de mes craintes à personne, mais quand on me dit le matin qu’il avait disparu, je tressaillis et je conçus un soupçon si funeste, qu’en apprenant l’état où il était, qu’en vous voyant presque mourante, je rendis grâce au ciel de nous avoir encore laissé quelques rayons d’espoir. ”
Richard Cortambert,
Un drame au fond de la mer ; suivi de L'histoire de trois capsules
(1876)
“ Le roi Guékou et son ministre Rabassalao. — Eutrevue du roi et de sir James. — Comment il se fit que sir James eut les honneurs d'une grande fête. Sir James attache à un tronc d'arbre plusieurs brassées de lianes nouées solidement entre elles ; il les pousse vers le fleuve, se place audacieusement sur cet esquif improvisé et se met à ramer avec de larges feuilles de palmier; le courant l'entraîne pendant quelques milles et finit par faire échouer son radeau sur la rive opposée. A peine débarqué, le courageux Anglais dé- plie sa carte et interroge sa boussole. ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ Dois-je vous rendre compte de tous les sentiments de mon âme ? non, monsieur, un homme capable d’un semblable procédé n’est pas digne de ma confiance ; mais je veux bien vous éviter un nouveau tort, en vous jurant que jamais sir James ne m’a déclaré la passion que vous lui supposez ; qu’il est digne de votre amitié, et qu’il vous a tenu sa parole. ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ Il est trop vrai, sir James a fait la plus vive impression sur mon cœur ; ses malheurs, sa tristesse m’ont inspiré le désir de lui offrir des consolations ; et l’espoir d’y réussir, fondé sur quelques préférences de sa part, a bientôt fait d’égarer ma raison. Je sais tous les obstacles qui s’opposent à mon bonheur ”
Sophie Gay,
Laure d’Estell
(1802)
“ Elle va te confirmer dans ton erreur, et tu ne douteras plus que sir James ne soit aussi insensé que Frédéric ; n’importe, j’ai promis de ne te rien cacher, tu interpréteras mes récits à ton gré, ils n’en seront pas moins fidèles. Hier à midi, Emma entra toute parée dans ma chambre et me remit un bouquet de la part de son ami (c’est le nom qu’elle donne à sir James) . — M. le curé est dans la chapelle, ajouta-t-elle, tout le monde est arrivé, on n’attend plus que toi, descends bien vite ; ah ! mon Dieu ! comme tu es belle ! ”
Jean Froissart,
Les Chroniques de Sire Jean Froissart
“ Quand le prince vit monseigneur James, si se abaissa sur lui, et lui fit grand’chère, et le reçut doucement, et lui dit ainsi : « Messire James, je vous dois bien honorer, car par votre vaillance et prouesse avez-vous huy acquis la grâce et la renommée de nous tous ; et y êtes tenu par certaine science pour le plus preux. » ”
Isabelle de Charrière,
Lettres écrites de Lausanne
(1785)
“ La vue de James me tira de cet oubli de tout. — Ah ! James ! m’écriai-je. — Ah ! Monsieur, c’est vous ! Par quel hasard, par quel bonheur ?... attendez. J’appellerai un fiacre au lieu de cette chaise. Ce fut James qui décida que je serais encore quelques moments avec Caliste. — Où voulez-vous qu’il aille ? lui dit-il. — Au parc saint-James, dit-elle après m’avoir regardé. Soyons encore un moment ensemble, personne ne le saura. C’est le premier secret que James ait jamais eu à me garder ”
