“ « Votre tristesse, ma chère amie, poursuivit sir Ralph, est un état purement maladif ; lequel de nous peut échapper au chagrin, au spleen ? Regardez au-dessous de vous, vous y verrez des gens qui vous envient avec raison. L’homme est ainsi fait, toujours il aspire à ce qu’il n’a pas... » Je vous fais grâce d’une foule d’autres lieux communs que débita le bon sir Ralph d’un ton monotone et lourd comme ses pensées. Ce n’est pas que sir Ralph fût un sot, mais il était là tout à fait hors de son élément. ”
Sir Ralph
Définition et enjeux
Citations sur “Sir Ralph”
Jules Lacroix,
Le neveu d'un lord. Tome 2
(1839)
“ Ralph s'éveille en sursaut, il se lève tout hagard, il appelle, il se tâte pour s'assurer qu'il est bien vivant, il se frotte les yeux, il regarde partout d'un air effaré et ne voit rien d'extraordinaire. ”
George Sand,
Œuvres illustrées de George Sand…
“ « Sir Ralph était jadis un galant homme, que l’on n’aimait pas parce qu’il n’était pas communicatif, mais que l’on estimait. Voilà tout ce que je puis dire de lui ; car, depuis sa malheureuse histoire, je n’ai eu aucune relation avec lui. — Quelle histoire ? » demandai-je. On me raconta la mort subite du colonel Delmare, la fuite de sa femme dans la même nuit, le départ et le retour de M. Brown. L’obscurité qui enveloppait toutes ces circonstances n’avait pu être éclaircie par les enquêtes de la justice ; nul n’avait pu prouver le crime de la fugitive. ”
Vladimir Karenin, George Sand, sa vie et ses œuvres
“ La malheureuse Indiana but jusqu’à la lie la coupe de sa déception et résolut de mourir. Sir Ralph, à qui elle ne cachait pas son dessein, et qui, comme un chien fidèle l’avait suivie à Bourbon et en revient en même temps qu’elle, voulait lui rester dévoué jusqu’à la mort et disparaître avec elle. ”
Adrien Paul, Blanche Mortimer (1861)
“ Sir Ralph, lui-même, avait une fortune très-restreinte mais, grâce à des arrangements viagers, cette fortune lui suffisait sur le continent et lui permettait même d'y faire une certaine figure sans l'astreindre à avoir un état de maison, ce qui, en Angleterre, est toujours inséparable des autres dehors de la vie opulente. ”
Constant Guéroult,
Le retour de Rocambole (Édition illustrée…
(1876)
“ Aussi, l'entrée de sir Ralph fut-elle un coup de théâtre pour tous les invités. Ce dernier inspirait un sentiment absolument contraire à celui que chacun éprouvait pour la jeune fille, et ce sentiment se manifesta par un vague et insensible murmure, quand on le vit s'avancer vers elle, pâle et évidemment en proie à une émotion qui ne faisait qu'accentuer encore le caractère équivoque et répulsif de sa physionomie. ”
Constant Guéroult,
Le retour de Rocambole (Édition illustrée…
(1876)
“ Pas du tout; celui auquel nous devons cette heureuse chance, et sans lequel nous n'eussions jamais été réunis, c'est sir Ralph, notre ennemi commun, sir Ralph qui a tenté de fait e empoisonner M. Valcresson, sir Ralph qui trempait dans le complot dirigé contre madame Taureins par son mari, la marquise de Santarès et l'Allemand GoÜzmann, sir Ralph qui, avec ses deux complices, Mac-Field et Badoir, a imaginé l'effroyable machination dans laquelle la malheureuse comtesse de Sinabria se débat à cette heure comme la colombe dans les serres du vautour ”
Constant Guéroult,
Le retour de Rocambole (Édition illustrée…
(1876)
“ Je l'ignore complètement, et il est probable que je serais fort embarrassé, répondit tranquillement sir Ralph, mais on est bien fort quand on a sa tête à défendre, et, dès que la vôtre est intéressée dans l'affaire, je suis sûr que vous accomplirez des miracles pour épier, veiller, prévoir et éloigner, par tous les moyens imaginables, le péril que nous redoutons. ”
George Sand,
Œuvres illustrées de George Sand…
“ De son côté, Ralph était entraîné dans ses promenades vers les endroits sombres et couverts, où le souffle des vents marins ne pouvait l’atteindre ; car la vue de l’Océan lui était devenue antipathique autant que l’idée de le traverser de nouveau. La France n’avait pour lui qu’une place maudite dans la mémoire de son cœur. C’était là qu’il avait été malheureux à en perdre courage, lui habitué au malheur et patient avec ses maux. Il cherchait de tout son pouvoir à l’oublier ; car, quelque dégoûté de la vie qu’il fût, il voulait vivre tant qu’il se sentirait nécessaire. ”
Charles Dickens,
Vie et aventures de Nicolas Nickleby
“ Voilà encore, répliqua Ralph d’un ton aussi adouci que pouvait le permettre son caractère, que vous ne m’avez pas laissé parler jusqu’au bout. Vous êtes un homme tout à fait propre à briller dans le monde. Vous avez encore bien des années devant vous, du moins si vous viviez plus librement, au grand air, sous un ciel plus pur et dans une société de votre choix. ”
George Sand,
Œuvres illustrées de George Sand…
“ Si le récit de la vie intérieure de Ralph n’a produit aucun effet sur vous, si vous n’en êtes pas venu à aimer cet homme vertueux, c’est que j’ai été l’inhabile interprète de ses souvenirs, c’est que je n’ai pas pu exercer non plus sur vous la puissance que possède la voix d’un homme profondément vrai dans sa passion. Et puis la lune ne me prête pas son influence mélancolique ; le chant des sénégalis, les parfums du giroflier, toutes les séductions molles et enivrantes d’une nuit des tropiques ne vous saisissent pas au cœur et à la tête. ”
Alexandre Thomas, Revue des Deux Mondes
“ Je passe les scènes d’alcôve et les scènes de club, les apparitions de la baronne sur les barricades et ses rencontres vagabondes avec ses amoureux de toutes les dates. Je passe jusqu’à ses complaisances pour le mécanicien. Ralph, qu’elle porte dans son lit et même dans son cœur d’un aussi beau sansg-froid que le volage Lichnowski. Ralph est pourtant une curieuse copie germanique du Compagnon du tour de France ; Ralph du moins ne s’amuse pas à s’alanguir dans les faveurs d’une belle dame ”
Constant Guéroult,
Le retour de Rocambole (Édition illustrée…
(1876)
“ Malheureusement pour lui, l'ouverture de l'égout était trop grande pour qu'il pût poser les coudes de chaque côté, de sorte que ses bras, tendus dans toute leur longueur, manquaient de force pour. soutenir le poids de son corps, qui s'enfonçait lentement audessous du niveau de la rue. Croyant à un accident, l'infortuné se mit à crier : — Sir Ralph, à moi ! accourez vite ou je suis perdu!. A moi! à moi! sir Ralph! Sir Ralph s'approcha et le regarda. Il était livide et ses traits, bouleversés par l'épouvante, étaient devenus méconnaissables en quelques secondes. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1838)
“ Vous direz encore que je suis folle, dit-elle en retirant sa main que tenait toujours sir Ralph, mais je ne sais quelle catastrophe se prépare autour de nous. Il y a ici un danger qui pèse sur quelqu'un. sur moi sans doute; mais. tenez, Ralph, je me sens émue comme à l'approche d'une grande phase de ma destinée. J'ai peur, ajouta-t-elle en frissonnant , je me sens mal. ”
Constant Guéroult,
Le retour de Rocambole (Édition illustrée…
(1876)
“ Et moi, s'écria la sage-femme avec une extrême animation, je vous déclare que c'est la première fois que j'entends parler de cette comtesse, que je n'ai jamais franchi le seuil de cet infâme cabaret, que le 31 décembre je n'ai fait qu'un seul accouchement, celui d'une fermière de la rue de Paris, et que, ce jour-là, je n'ai déclaré aucun enfant à la mairie. Voilà la vérité et n'essayez pas de me faire dire autre chose, ce serait inutile. Les rôles avaient complètement changé. Sir Ralph était anéanti, paralysé par la stupeur, tandis qu'à son tour le comte était rayonnant de bonheur. ”
Charles Dickens,
Vie et aventures de Nicolas Nickleby
“ Ralph, pendant ce temps-là, considérait, d’un œil perçant le malade en délire. « Il est sûr, dit-il, rompant enfin le silence, que c’est bien humiliant pour un homme renommé comme le lion, le roué, le héros de tous les rendez-vous à la mode, d’avoir reçu cette leçon d’un petit polisson ! » ”
Mary Webb,
Sept pour un secret
“ « J’ai tué Ruth dans la petite friche... » — C’est Ralph ! murmura Gillian, c’est Ralph ! Ô mon Dieu ! Et elle en revint à son raisonnement. L’horloge, de sa mince voix d’or, sonna très doucement sept heures moins le quart, mais Robert dormait trop profondément pour l’entendre. — Continue à dormir ! Oh, continue à dormir ! murmura-t-elle, sur un ton qui ressemblait à une incantation. ”
Victor Perceval, Un excentrique (1866)
“ Ralph exigea galamment des deux dernières dames qu'elles prissent le bras d'un cavalier, et naturellement il offrit le sien à la Vénus sortant du sein des eaux. L'hidalgo réclama pour lui cette faveur. Ralph fit valoir ses droits. Et comme, entre les deux, le choix de la déesse semblait balancer, le colosse aux piastres, pour le déterminer à son bénéfice, apostropha Ralph d'une moquerie injurieuse. Le nain, trop petit pour souffleter le géant, lui cingla le visage de son stick. ”
Jules Lacroix,
Le neveu d'un lord. Tome 2
(1839)
“ Jamais Ralph, dont les moeurs étaient pures et candides, malgré sa passion violente pour le genièvre, jamais l'honnête et brave domestique n'avait pu souffrir Cléland ; il aimait l'oncle et détestait le neveu. Sir Frédéric, avec sa vie folle et licencieuse, avec son renouvellement continuel de chevaux, d'équipages et de maîtresses, faisait au bon Ralph l'effet du diable en personne ”
George Sand,
Indiana
(1861)
“ On entendit alors la voix de Lelièvre qui criait du côté du parc : — Il y est! il y est ! Bien ajusté, mon colonel! le. brigand est par terre !... Sir Ralph commença à s'émouvoir. Il suivit madame Delmare. Quelques instants après, on apporta sous le péristyle de la maison un homme ensanglanté et ne donnant aucun signe de vie. ”
Jules-Berlioz d' Auriac, Oeil-de-feu (1879)
“ La voix de Ralph l'appelait ; Clara se tourna de ce côté, l'aperçut accourant vers elle, et tomba évanouie, succombant à ses émotions. La joie est un baume souverain. Bientôt les mains froides de la jeune fille se réchauffèrent ans les mains de son fiancé; ses joues reprirent des couleurs ; ses doux yeux se ranimèrent ; elle sourit au travers de ses pleurs. — Oh! Ralph! murmura-t-elle ; que Dieu est bon de me rendre votre chère présence ! Quand mon père m'avait appris la fatale nouvelle, j'avais tout perdu dans la vie. ”
George Sand,
François le Champi
“ Qui peut nous dire les merveilles qui se révèlent à l’âme du juste à l’heure où le ciel s’entr’ouvre pour le recevoir ? Ralph, cet homme si vulgaire en apparence, homme d’exception pourtant, car il croyait fermement à Dieu et consultait jour par jour le livre de sa conscience, Ralph réglait en ce moment ses comptes avec l’éternité. ”
Charles Dickens,
Vie et aventures de Nicolas Nickleby
“ Pendant que le plus jeune, qui était d’un esprit timide et contemplatif, n’y trouvait qu’un avertissement sérieux de fuir le grand monde et de s’attacher plus que jamais à la routine paisible de la vie des champs, Ralph, l’aîné, raisonnant sur ces contes d’autrefois si souvent répétés, en tirait la conséquence qu’il n’y a pas d’autre source de bonheur et de puissance que la richesse, et que tous les moyens sont bons pour l’acquérir, pourvu qu’ils ne soient pas précisément criminels. ”
Constant Guéroult,
Le retour de Rocambole (Édition illustrée…
(1876)
“ Et sir Ralph, qui en affaires a toujours l'habitude d'éclairer, se fendit de vingt-cinq francs en me disant : — Il faudrait voir à changer de frusques, une tenue décente est de rigueur pour inspirer la coni fiance. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1838)
“ Je me rappelle aussi mon père. dit Indiana en appuyant tristement sur cette réponse et en mettant sa main dans la main de sir Ralph. Ils retombèrent dans un profond silence. - Vois-tu, Indiana, dit Ralph après une pause, le bonheur est toujours à notre portée. Il ne faut souvent qu'étendre la main pour s'en saisir. Que te manque-t-il? Tu as une honnête aisance, préférable à la richesse, un excellent mari qui t'aime de tout son cœur, et, j'ose le dire, un ami sincère, dévoué. Madame Delmare pressa faiblement lamainde sir Ralph, mais elle ne changea pas d'attitude ”
Jules Lacroix,
Le neveu d'un lord. Tome 2
(1839)
“ Pourtant Ralph, dont l'oreille n'était pas trèsfine, puisqu'il n'avait pas entendu le roulement d'une voilure, Ralph put distinguer, à travers les rafales, des claquements de fouet et des imprécations furieuses. L'obscurité était si profonde qu'il ne pouvait rien apercevoir, pas même la grille, qui se trouvait séparée de lui par une grande cour. — Ce n'est pas milord ! marmotta le domestique entre ses dents ; milord ne jure et ne blasphème jamais!.., Mais allons toujours voir qui ce peut être.... ”
Mary Webb,
Sept pour un secret
“ Avec un vague malaise moral, Ralph laissa errer son regard sur la campagne environnante. Là, plus bas que l’auberge, séparée par un champ du ruban de route d’un blanc brunâtre, s’étendait la friche, une longue bande d’un noir sale soulignée d’une non moins longue ligne d’eau argentée. Il se raidit un peu, comme un chien à une odeur nouvelle, pointa légèrement les oreilles et regarda fixement. ”
Victor Perceval, Un excentrique (1866)
“ Ralph seul ne gardait aucune mesure dans l'expression de ses sentiments admiratifs. Sa parole avait le vertige. Il avait accaparé la Vénus sortant du sein des eaux, et lui prodiguait avec une faconde intarissable les plus extravagants éloges. Il procédait par exclamations. — Vous êtes la merveille des merveilles! s'écriait-il. Vous êtes admirable de la tête aux pieds ! Dieu a créé en vous le type parfait de la beauté humaine! Vous surpassez en perfection ce que nous à légué de plus splendide la statuaire antique! ”
Victor Perceval, Un excentrique (1866)
“ Il tenait du Tom Pouce beaucoup plus que de l'homme. Le chevalier Ralph paraissait âgé de trentecinq ans. Il portait au vent une abondante chevelure noire, et sa lèvre était légèrement ombragée par une moustache d'adolescent. Il avait le front d'un penseur, les yeux pleins de feu, le regard sympathique, les dents belles, le sourire fin, spirituel, agréable, et, par un rare contraste, sa physionomie exprimait à la fois la souffrance et la bonté. ”
Mary Webb,
Sept pour un secret
“ Il parlait très bas, pour que Gillian n’entendit pas. Il avait saisi Ralph au collet, ivre de fureur. L’autre ne put dire que : — Comment a-t-elle appris ? Oh, comment a-t-elle appris ? Il était stupéfait. Ruth s’était accroupie au pied du tableau noir. Ce fut Fringal qui se ressaisit le premier, et il s’interposa entre Ralph et Robert. — Vous ne voyez donc pas qu’elle est folle ? dit-il. Elle sait écrire, mais elle a perdu la raison. Il faut l’envoyer dans un asile. Ralph soupira, comme un homme qui revient à la vie après un évanouissement. ”
La nouvelle du jour par nos littérateurs les plus distingués (1844)
“ Le rocher s'entr'ouvre comme une gueule !... et, avec de sourds et profonds gémissements, dégoutte une eau noire et puante, pour laquelle Ralph était venu : une tète décharnée se colle à son visage, et, avec un rire hideux, lui montre l'eau dont la source va tarir. Le lendemain, le gardien du cimetière vit, d'une des hauteurs qui dominent la fondrière, deux hommes étendus près la roche du diable : il trouva le plus jeune respirant encore. Ralph était mort ; une tache noire était à sa langue, que l'on supposa provenir d'une goutte de l'eau fatale. ”
“ Ralph, duc de Montagu, récemment sorti d’Oxford et ayant encore sa première moustache, descendit du banc des ducs où il siégeait dix-neuvième, et alla se poser les bras croisés en face de Gwynplaine. Il y a dans une lame l’endroit qui coupe le plus et dans une voix l’accent qui insulte le mieux. ”
Eugène Louis Guérin, Le Mari de la reine, 1542-1546… (1835)
“ Minuit avait sonné, tout dormait autour de la taverne des Trois-Licornes, et les jeunes seigneurs qui y veillaient cette nuit-là n'avaient à craindre ni les regards indiscrets du roi, ni les vexations des constables; aussi la gaîté la plus franche régnait parmi eux. Sir Ralph, l'amphytrion de la soirée , avait réuni ses amis les plus intimes pour leur confier un secret qui semblait le tourmenter. Le vaniteux jeune homme, fier de l'amour qu'il avait inspiré à Catherine Howard, voulait qu'on enviât son bonheur lorsqu'il ”
Auguste de Belloy,
Les toqués
(1860)
“ Pour lui, chacun de nous est demeuré un des amis; mais l'ami, le génie, l'idole, il y a longtemps que c'est Ralph, ce même Ralph dont Henrion disait aux premiers mots de notre causerie : « Celui-là, il est au pinacle. » Au pinacle, en effet, à un certain pinacle. A chaque exposition, il y a foule devant les tableaux de genre et surtout les portraits de Ralph. Personne ne sait mieux tirer parti d'une figure ingrate. Il n'y a pas à Paris une couturière qui habille aussi avantageusement que Ralph. ”
