Thérence

Définition et enjeux

Portrait de George Sand George Sand Les Maîtres sonneurs (1853)

Nous nous étions retournés au premier mot : la belle Thérence était devant nos yeux.
— À sa vue, Brulette, qui avait tant murmuré de son oubli, perdit tout son courage, et tomba dans ses bras en versant un grand flot de pleurs.
— Eh bien, eh bien, dit Thérence en l’embrassant avec la force d’une vraie fille de fendeux qu’elle était, m’avez-vous crue oublieuse de nos amitiés ? Pourquoi jugez-vous mal des gens qui n’ont point passé un jour sans songer à vous ?
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Portrait de George Sand George Sand Les Maîtres sonneurs (1853)

Mais Thérence parut tout à coup gagnée par le regard doux de Brulette, et, retirant sa figure, elle la laissa tomber sur l’épaule de cette belle, pour cacher des pleurs qui lui remplirent les yeux.
— Ma foi, dit le père Bastien en raillant et caressant sa fille, voilà ce qui s’appelle être farouche. Je n’aurais jamais cru que la honte des fillettes pût aller jusqu’aux larmes. Mais, comprenez quelque chose aux enfants, si vous pouvez ! Allons, Brulette, vous me paraissez plus raisonnable ; suivez-la, et ne la lâchez qu’elle ne vous ait parlé : il n’y a que le premier mot qui coûte.
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Portrait de George Sand George Sand Les Maîtres sonneurs (1853)

Mon sort me tourmente bien peu, allez, Brulette, et je ne comprends guère qu’on se souvienne de soi-même dans l’amitié qu’on a pour une personne.
— Alors, dit Brulette, vous êtes comme une manière de sainte, ma chère Thérence, et je sens que je ne vous vaux point ; car je me compte toujours pour quelque chose, et même pour beaucoup, quand je me permets de rêver le bonheur dans l’amour. Peut-être n’aimez-vous point Joseph comme je me l’imaginais ; mais quoi qu’il en soit, je vous prie de me dire comment je dois me comporter avec lui.
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