Résumé

J.-G. Bordot Histoire de l'empereur Napoléon Ier… (1853)

Jamais la position du général Bonaparte, aux heures les plus graves de sa vie, n'a été aussi critique qu'à cette heure. Pourtant Napoléon ne s'effraie pas ; selon l'expression d'un des annalistes de l'époque impériale, son oeil a toisé le géant. Réduit à se battre un contre cinq, il a pour lui son génie et l'épée qui a conquis l'Italie. Ni l'un ni l'autre ne lui fera défaut ; jamais il n'aura été plus grand que dans cette campagne ; toute la force, toute l'énergie de ses plus jeunes et de ses plus belles années de gloire, il va les retrouver en face de la coalition.
Source : Gallica

J.-G. Bordot Histoire de l'empereur Napoléon Ier… (1853)

En effet, au moment même où les membres de la chambre donnaient au pays le triste spectacle d'une défection en face de l'ennemi, une foule tumultueuse assiégeait l'Elysée en poussant des cris de vive l'Empereur ! Napoléon en fut frappé:—Que me doivent ceux-ci? dit-il à Benjamin Constant; je les ai trouvés, je les ai laissés pauvres. L'instinct de la nécessité les éclaire. La voix du pays parle par leur bouche ; et si je le veux, si je le permets, la chambre rebelle n'existera plus dans une heure. Mais la vie d'un homme ne vaut pas ce prix.
Source : Gallica

J.-G. Bordot Histoire de l'empereur Napoléon Ier… (1853)

Bonaparte, lui, fait l'apprentissage du pouvoir absolu qu'exercera un jour Napoléon. Pour les puissances c'est déjà l'arbitre unique de la paix et de la guerre ; en Italie tous les regards sont tournés vers lui; à vingt-sept ans il est salué du nom de conquérant, de pacificateur ; en France on l'attend déjà comme un libérateur.
Spectacle étrange, en effet, que celui du représentant de la révolution française fondant la restauration de la vieille Italie sur ces maximes conservatrices: «Si la liberté est le premier des biens, une révolution est le plus terrible des fléaux ! »
Source : Gallica

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