Résumé

Jean de La Jaline Journal de bord sentimental : les chemins du rêve (1905)

Un fossé plein d'eau fuit à perte de vue. En un clin d'œil nous passons de la verdure fraîche à la
poussière la plus effroyable, que soulèvent des milliers de coolies, de mulets et de voitures : nous sommes à Pékin.
La gare s'allonge au pied des murailles qui enferment le parc du temple du Ciel, dans un coin de l'esplanade qui sépare ce temple de celui de l'Agriculture et que traverse l'avenue de Young-Ting-Men : la Porte du Sud.
Nos bagages nous sont arrachés au milieu d'une bousculade indicible; on nous jette dans deux pousse-pousse qui partent à une allure folle.
Source : Gallica

Jean de La Jaline Journal de bord sentimental : les chemins du rêve (1905)

Dans les espaces géométriques ainsi délimités, les maisons basses s'enfouissent parmi les jardins. C'est à peine si une ligne de toits permet de deviner les neuf kilomètres de rue qui forment le Marché de l'Est ou celui de l'Ouest. Une mer de verdure se déroule jusqu'à l'horizon, interrompue par les flaques claires des lacs impériaux et la colline du Pe-ta. De loin en loin, émerge une tour, la flèche d'une pagode, les portes monumentales qui permettent de suivre le contour de la dernière enceinte, jusqu'aux sommets extrêmes de la cité chinoise, à plus de sept kilomètres à vol d'oiseau.
Source : Gallica

Jean de La Jaline Journal de bord sentimental : les chemins du rêve (1905)

Les palais sont à ses pieds, leurs toits ne dépassent pas la terrasse sacrée; à ses pieds, la Ville : elle n'est que le péristyle du temple, dont l'immense campagne peuplée de millions d'esclaves n'est que le décor. Et c'est bien un temple. Il a la disposition architecturale de ceux où l'on vénère Confucius ou Bouddha. Il en a la vétusté qui inspire le respect. Les siècles se lisent sur les troncs vermoulus des colonnes, sur l'écorce qui tombe et la peinture qui s'écaille, sur les tapis que foulèrent des générations.
Source : Gallica

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