Maurice Moncharville

Résumé

Maurice Moncharville Notes indo-chinoises (1909)

L'après-midi entier je vagabonde à mon gré dans la chaloupe à vapeur de la compagnie, avec un sampan à la remorque pour les descentes de terre par hauts-fonds. Heures inoubliables, au sein d'une nature dantesque, sous un ciel uniformément gris. Seul à la proue, ma contemplation n'est interrompue que par l'Annamite qui vient demander un ordre ou me chercher pour un débarquement. Ce que j'avais entrevu hier dans le Grand Chenal se renouvelle aujourd'hui au centuple, parce que la petitesse du bateau permet d'affronter des passages très étroits et des courbes de faible rayon.
Source : Gallica

Maurice Moncharville Notes indo-chinoises (1909)

Gaie, lumineuse, colorée se détache après eux la vision de Langson. Non pas que cette partie du Tonkin n'ait eu ses heures sombres, singulièrement plus tragiques que celles de la vallée du Namti. Depuis Hanoï jusqu'à la frontière du Kouang-Si on s'est battu avec acharnement. Le chemin de fer de Langson a coûté bien des vies de soldats, sans parler des autres, et sa construction, disent les vieux coloniaux, représente autant de cadavres que de traverses posées. Mais aujourd'hui le pays est calme : il est redevenu sain dès que la terre n'a plus été remuée.
Source : Gallica

Maurice Moncharville Notes indo-chinoises (1909)

A mesure que nous approchons, la rive se précise, couverte d'arbres ; mais sous ces arbres le lac continue, sans qu'on en puisse soupçonner la fin.
Nous pénétrons dans la forêt et alors c'est un enchantement. De l'eau, tout argentée par la lumière matinale, les troncs émergent droits pour s'épanouir en un bouquet de branches tordues, noueuses, couronnées d'un feuillage ténu. Le soleil arrive tamisé à la nappe liquide, où ses taches claires alternent avec les images floues de l'enchevêtrement qu'il a dû transpercer.
Source : Gallica

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