Résumé

Antoine Roche Lettres tonkinoises, par Antoine Roche… (1895)

Le ciel est pur aujourd'hui, c'est-àdire qu'il est d'un gris bleuâtre, et du petit monticule sur lequel s'élève le mirador, on aperçoit le cours sinueux du Cua-Nhien-Phong qui, d'un côté, semble lécher la base de la montagne de l'Eléphant dominant Haïphong et de l'autre se perd dans le lointain dans un brusque détour.
Le clairon a établi son observatoire au haut du mirador ; à chaque instant son regard scrute la nappe brillante de l'arroyo et dès qu'une ombre vient à en ternir la transparence, il saisit d'une main fiévreuse une jumelle de marine pour mieux voir le point suspect.
Source : Gallica

Antoine Roche Lettres tonkinoises, par Antoine Roche… (1895)

Il est huit heures du soir, quand le Sphinx jette l'ancre au milieu de la baie ; tout autour de nous des milliers de petites jonques se livrent au travail de la pêche : toutes ont un fanal à leur bord et dans l'obscurité de la nuit, lorsque les étoiles deviennent plus brillantes, je cherche inutilement où commence le ciel et où finit la mer ; les lumières d'en haut sont absolument semblables à celles d'en bas et l'illusion est si complète qu'il me semble que le Sphinx est le centre de gravité de toutes ces étoiles.
Source : Gallica

Antoine Roche Lettres tonkinoises, par Antoine Roche… (1895)

Le Tigre, à bord duquel je me trouve, est une chaloupe à deux hélices, pouvant au besoin transporter six cents hommes; sa marche est excessivement douce quoique très rapide, aussi il semble que nous sommes immobiles au milieu de l'arroyo, tandis que défile autour de nous un paysage monotone et gris. Gris est le ciel, grise l'eau qui nous porte, grise la terre, grises les maisons, gris les vêtements des Annamites qui eux-mêmes sont d'un jaune gris ; enfin, dans le lointain, voici Haïphong.
Source : Gallica

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