Résumé

Portrait de Louis Judicis Louis Judicis Mémoires d'un enfant de troupe… (1873)

Un soldat doit son sang à la patrie, et la patrie ne lui doit pas de comptes. Cette soumission aveugle, que dis-je? cette religion du sacrifice était le sentiment qui animait toute l'armée, et lorsque la guerre fut officiellement déclarée, tous, depuis le général jusqu'au simple soldat, se préparèrent avec une mâle résolution à faire vaillamment leur devoir.
Chez mon oncle Gaspard, cette résolution était portée jusqu'à l'enthousiasme. Nul calcul d'intérêt ou d'ambition n'altérait, certes, la pureté de son patriotisme.
Source : Gallica

Portrait de Louis Judicis Louis Judicis Mémoires d'un enfant de troupe… (1873)

Qui pourra jamais exprimer l'indignation dont fut saisi le monde lorsque la nouvelle se répandit que Paris, la capitale de la civilisation, le resplendissant foyer des arts, des lettres et des sciences; Paris, la Ville-Musée , la Cité-Monument ; Paris , la patrie commune, le rendez-vous de toutes les nations du globe, était bombardé, écrasé, incendié par les obus prussiens, et cela sans résultat possible au point de vue stratégique, sans autre but que l'assouvissement de la haine qu'inspiraient à ses agresseurs la constance de sa population et l'héroïsme de ses défenseurs.
Source : Gallica

Portrait de Louis Judicis Louis Judicis Mémoires d'un enfant de troupe… (1873)

Ah misère! c'est fini, sergent! Tu n'es plus bon, désormais, qu'à faire un portier-consigne ou un inspecteur de promenades. Le beau métier! Fumer éternellement sa pipe devant la porte d'une caserne, ou flâner dans un square pour empêcher les chiens, errants de s'égarer dans les plates-bandes!
Une telle perspective, qui est pourtant le rêve de la plupart des vieux soldats, n'avait aucun charme pour mon oncle Gaspard. Il se sentait trop actif pour se résigner facilement à une existence aussi monotone ; il s'irritait surtout de ne pouvoir plus.
Source : Gallica

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