Louis Reybaud

Louis Reybaud

Résumé

Portrait de Louis Reybaud Louis Reybaud La vie de l'employé (1855)

Mais les filles sont si cachées ! Se cacher de son père, Edouard, juge donc? C'est là un de mes chagrins, ajouta le vieillard avec amertume, le chagrin qui me ronge. Mariette ne m'aimait pas comme je l'aimais; elle en aimait d'autres plus que moi. Je ne sais pas comment cette idée ne m'a pas emporté plus tôt. C'est comme un charbon que j'ai dans le coeur. Est-ce croyable, Edouard? Aimer d'autres gens plus que son père !
— Et qui donc? dis-je avec inquiétude.
— Qui ! belle demande! s'écria le vieillard irrité. Les parents d'Arpajon ! Qui ça peut-il être, si ce n'est eux?
Source : Gallica

Portrait de Louis Reybaud Louis Reybaud La vie de l'employé (1855)

On ne sait le prix des choses que lorsqu'on a failli les perdre. Marchons encore, mon ami. Si vous saviez comme je me sens vaillante!
— Comme vous voudrez, ma chère âme, lui dis-je ; comme vous voudrez. Appuyez-vous alors sur moi, la fatigue sera moindre.
— Edouard, ajouta-t-elle, ne trouvez-vous pas le ciel plus transparent que de coutume, et le soleil plus doux?
— Oui, Mariette, et cela doit être, puisque je suis près de vous. Quel magicien que l'amour! comme il embellit toutes choses!
— Excepté dans les heures sombres, me répondit la jeune fille avec un mélancolique sourire.
Source : Gallica

Portrait de Louis Reybaud Louis Reybaud La vie de l'employé (1855)

Je donne à Edouard le sabre de son oncle.
— Un beau venez-y voir, dit tout bas Grandchamp, tombé de nouveau du haut de ses illusions.
— Ce sabre, voisin, ajouta ma tante, c'est toute une histoire. Vous avez bien connu Murat?
— Où voulez-vous que je l'aie connu ? répondit le pépiniériste, d'un air accablé.
— C'est juste, Grandchamp, vous n'étiez point des nôtres ; vous vous êtes laissé gagner par ceux-ci. Eh bien ! Murat, c'était, comme vous diriez, le roi de Naples, le meilleur sabreur de son temps, et qui chargeait l'ennemi avec une toque à plumes.
Source : Gallica

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