Paul Labbé

Résumé

Paul Labbé Chez les Lamas de Sibérie... (1909)

Un formidable orage éclata, une pluie torrentielle tomba, et dans la station de poste où je ne trouvai que du pain et des punaises, je regrettai la bonne maison du lama où j'aurais dormi sous la garde du dieu Abéda devant lequel sept offrandes avaient été placées.
Dans toute cette partie de la Sibérie, les orages sont terribles ; souvent les chevaux des tarantas, parfois les voyageurs eux-mêmes sont atteints. Le nombre de bêtes que la foudre tue est très grand. Le malheur est qu'un seul orage rend parfois le voyage difficile
Source : Gallica

Paul Labbé Chez les Lamas de Sibérie... (1909)

Mais la trompe retentit à nouveau et cette fois apparut le dieu Chadgor, celui qui donne la puissance et organise les choses de la foi ; il tenait un sceptre et un calice, son masque était bleu de ciel ; après lui s'avança Gonbo que les Bouriates appellent Otchervani ; son masque terrible était bleu de ciel lui aussi; il tenait le digouk, sorte de hache dans une main et dans l'autre une kabala, coupe dont le fond est fait avec un crâne humain. Il dansa
une danse très noble et très majestueuse pendant que les lamas recueillaient en passant dans le public les écharpes de soie qu'on lui offrait.
Source : Gallica

Paul Labbé Chez les Lamas de Sibérie... (1909)

Enfin, dans le lointain apparut, dominée par sa grande prison blanche, la ville de Verkhné-Oudinsk avec ses clochers rouges et bleus, charmante et coquette sous les rayons trompeurs et le mirage du soleil couchant. Elle avait vraiment assez grand air, vue de loin; de près, ce n'était plus qu'un gros village, semblable à tous les chefs-lieux de districts sibériens, avec ses larges rues poussiéreuses qu'un seul orage devait transformer en fondrières, avec ses maisons en bois, avec cet aspect triste et monotone qu'offrent la plupart des villes de la
Russie.
Source : Gallica

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