Résumé

Portrait de Pierre-Jean de Béranger Pierre-Jean de Béranger Chansons anciennes et posthumes de Pierre-Jean de Béranger

N’est-il pas vrai, mon Dieu, qu’il n’est pas mort ?
Un matelot, qui connaît l’Inde esclave,
Pour nous servir veut qu’il y soit passé.
Il mène au feu le Mahratte si brave,
Et des Anglais l’empire est menacé.
Courant, volant, foudroyant des murailles,
Oui, de l’Asie il revient par le nord.
Hélas ! sans nous qu’il livre de batailles !
N’est-il pas vrai, mon Dieu, qu’il n’est pas mort ?
Des nations chacune a sa souffrance :
Il manque un homme en qui le monde ait foi.
C’est lui qu’on veut ; rends-le vite à la France,
Mon Dieu ; sans lui je ne puis croire en toi.
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Portrait de Pierre-Jean de Béranger Pierre-Jean de Béranger Chansons anciennes et posthumes de Pierre-Jean de Béranger

D’exploits futurs ces chants parlent toujours.
PREMIER CORSE.
Pourtant les Corses sont des braves.
Rome, la Rome des Césars,
N’osait en prendre pour esclaves :
Nous avions déjà des poignards.
DEUXIÈME CORSE.
On lui donne un patron sans gloire :
C’est Napoléon, m’a-t-on dit ;
Mais, si le saint est sans crédit,
Le nom semble fait pour l’histoire.
PREMIER CORSE.
Chaque navire a pavoisé son bord.
DEUXIÈME CORSE.
Les Anglais seuls désertent notre port.
PREMIER CORSE.
En quoi l’âpre sol de cette île
Peut-il tenter un roi puissant ?
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Tous sont au bal après quinze ans de deuil, [2]
Ne craignant plus que d’un coup d’aile il vienne
Éteindre encor leur joie et leur orgueil.
Ils dansent tous après quinze ans de deuil.
Mais sur leur front éclate la nouvelle :
Il revient ! Dieu ! Pâlissent tous les rois.
En vain l’orchestre au plaisir les appelle.
Sur les divans ils retombent sans voix.
Dieu ! que ce bal a vu pâlir de rois !
Pourtant on rêve encore aux Tuileries ;
Mais l’aigle frappe aux vitraux du palais.
Tout tremble alors, princes, grandeurs, pairies :
— Fuyons à Lille ; oui, fuyons à Calais.
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