“ En effet, les cigales dont nous venons de parler ne sont pas plus tôt en état de se mouvoir, qu’elles s’attachent sous l’aile de l’oiseau, le percent de leur aiguillon, et le font mourir par leurs piqûres répétées. Quelque ridicules que paraissent ces contes, il ne faut pas croire qu’on les ait inventés à plaisir ; chacun d’eux, au contraire, repose probablement sur quelque fait mal observé. Ainsi le coucou ressemble à l’épervier par le vol, par la longue queue, par la couleur générale du plumage, par celle des yeux et des pieds, par l’espèce de manchette qui retombe de la jambe sur le tarse. ”
Roulin
Résumé
Revue des Deux Mondes, de Roulin, est une œuvre qui dévoile les merveilles de l’histoire naturelle à travers des observations portant sur les animaux, les végétaux et les phénomènes naturels. Publié dans un contexte scientifique, l’ouvrage combine récits de faits mal interprétés, descriptions d’espèces comme le coucou ou le crapaud, et réflexions sur les rapports entre humains et environnement.
Les thèmes de la nature, des comportements animaux et des erreurs d’interprétation y prennent le dessus, illustrés par des exemples liés à Rio-Grande ou à l’île de Borneo. L’ouvrage s’inscrit dans une tradition de curiosités naturalistes, confrontant science et folklore.
Citations de Revue des Deux Mondes (Roulin)
“ S’ils voulaient couver eux-mêmes leurs œufs, ils les cuiraient, pour ainsi dire, et c’est pour parer à ce danger que la nature leur a donné l’instinct d’aller pondre dans un nid étranger. Toutes les fois qu’un animal présente, soit dans ses mœurs, soit dans ses formes, quelque chose d’un peu étrange, il devient bientôt l’objet d’une foule de fables ridicules. Le coucou nous en offre un exemple, puisque son histoire s’est successivement enrichie de plusieurs circonstances merveilleuses, dont quelques-unes même n’ont aucun rapport avec celle qui avait d’abord appelé l’attention. ”
“ Si l’on pouvait, en agissant sur les passions du sang, produire chez un mort une hémorrhagie, on devrait pouvoir, à plus forte raison, l’arrêter chez un vivant en excitant une passion contraire. Lors donc que le sang, emporté par un mouvement aveugle, semblait vouloir abandonner le corps et perdre la communauté en se perdant lui-même, au lieu d’opposer à sa sortie des obstacles que peut-être il eût forcés, on lui présentait quelque objet propre à le faire reculer d’horreur ; or, parmi tous ceux auxquels on pouvait penser, aucun ne semblait mieux approprié que le crapaud. ”
