Résumé

Th. Pavie Revue des Deux Mondes

Les récits de la veillée avaient troublé l’imagination des péons ; au moindre bruit, au passage d’un cheval, que l’on entendait ou que l’on croyait entendre, tous se soulevaient sur le coude, prêtaient l’oreille pour discerner le bruit de l’éperon et le trot sourd sur l’herbe sèche ; une fois enfin, ce fut comme le galop d’une armée. On se jeta précipitamment sur les pistolets. Ce n’était que la plainte de la brise de nuit et le murmure des eaux ; l’œil le plus perçant n’aurait pu découvrir autre chose que la neige de la Sierra traçant une ligne blanche à travers les ténèbres.
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Th. Pavie Revue des Deux Mondes

Quand le soleil fut au niveau des montagnes, il colora d’une nuance rose les nuées suspendues dans l’espace ; puis elles se condensèrent, et descendirent humblement vers l’abîme, au fond duquel la casucha s’apercevait à peine. Nous restâmes seuls au-dessus de cette mer de vapeurs, sur le roc isolé, comme des naufragés jetés sur un écueil. On éprouve un vague sentiment de terreur à se voir dans ces hautes régions ; il semble, quand on regarde les nuages courir sous ses pieds, que toute communication est interdite avec les gens de la terre, et que rien ne sépare plus des habitans du ciel.
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Th. Pavie Revue des Deux Mondes

Afin d’éviter la rencontre des tribus kafres, les émigrans traversèrent au nord-est la Grande-Rivière, tournèrent les montagnes qui séparent la Kafrerie du pays des Bechuanas, pour descendre ensuite droit à l’est, dans les plaines de Natal ; mais hélas ! « ces monts présentent une barrière insurmontable : ce sont d’innombrables collines pyramidales entassées en désordre et de la manière la plus fantastique ; un pic s’élève et se dresse au-dessus d’un autre comme pour arrêter, entraver la marche de l’homme, et à plus forte raison celle de tout chariot roulant sur un essieu. »
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