Résumé

Érique Guilloteaux La Réunion et l'île Maurice, Nossi-Bé et les Comores… (1920)

Parfois, dans l'ouverture carrée, découpée à même les murs en planches des maisonnettes indigènes, le buste d'une noire, en camisole claire, s'encadre brusquement, et deux prunelles de jayet, noyées dans l'émail trop grand de l'oeil, vous dévisagent un instant — puis leur regard vide effleure les « Hauts » qui dominent le village — coupeaux des montagnes « Sous le Vent » dont l'intense végétation pose un « quartier
de sinople » sur le « champ d'azur » du ciel.
Un peu plus loin, l'avenue, déviant brusquement à gauche, dévale au coeur du village :
Ici encore, des masures ruinées ou closes...
Source : Gallica

Érique Guilloteaux La Réunion et l'île Maurice, Nossi-Bé et les Comores… (1920)

« plus ne m'est rien ! » étreint mon coeur, que mon âme s'affole dans ce retour stérile et vient se briser contre le mur sans fin de l'irréparable — le rouage du « tous les jours », dans l'horloge de la vie, continue son inexorable routine.
Des groupes de métis et de noires, descendues des Hauts, passent près de moi ; elles viennent au bourg emplir leur couffe de vacoa, qui, avec une boîte de sardines et un chouchou, celle-là avec une sapote et quelques biscuits, remportant fièrement, sur les coupeaux si durs d'accès, leurs maigres provisions.
Source : Gallica

Érique Guilloteaux La Réunion et l'île Maurice, Nossi-Bé et les Comores… (1920)

Maintenant, une plantation d'ylang succède aux roseaux : les grandes étoiles blanches, des fleurs parfumées, brillent dans les profondeurs vertes.
Je croise des mulâtresses à la démarche ondulante et souple, portant sur leurs têtes brunes des corbeilles de fruits exotiques, de maïs blond ou de patates. Et dans ce cadre colonial où torpeur des choses s'imprègne des senteurs de l'ylang et du vétiver, je crois vivre un chaph,e de Paul et Virginie, au temps des esclaves noirs.
Source : Gallica

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