“ Mais le roi Abgar paraissait beaucoup plus attristé qu’aucun autre, même parmi les princes et les hauts fonctionnaires ; sa désolation était telle que, dédaignant de chercher quelque allégement dans les honneurs royaux, il refusa de manger et de boire le jour où l’apôtre le quitta ; et tous les habitants de la ville s’étonnaient fort de son extrême affliction, comme s’il eut accompagné à sa dernière demeure un homme décédé. ”
Abgar
Définition et enjeux
Citations sur “Abgar”
“ Après qu’il eut mis fin à son discours, qu’il avait prononcé devant toute la ville d’Ourha, le roi Abgar vit que tous les citoyens, hommes et femmes à la fois, témoignaient leur joie pour avoir entendu la doctrine de l’apôtre et qu’ils lui disaient : Le Christ qui vous a envoyé à nous est vrai et digne que nous lui prêtions foi. Le roi, charmé de plus en plus, glorifiait Dieu avec ferveur ”
“ Abgar, roi d’Arménie, à mon Seigneur Tibère, salut. Quoique je sois sûr que rien n’échappe à votre connaissance, toutefois j’ai écrit à votre auguste majesté pour vous informer que les Juifs qui sous votre puissance habitent les contrées de Palestine, se réunirent ensemble et crucifièrent le Christ, étranger à tout crime capital, et malgré les grands actes de bienfaisance qu’il leur fit par ses miracles, ses prodiges et ses hautes vertus qui allaient jusqu’à ressusciter les morts ”
Louis Moréri,
Le grand dictionnaire historique…
“ J’ai ici une ville qui est belle & commode ; encore qu’elle soit petite, elle suffira pour tout ce qui vous sera nécessaire. Jesus-Christ retenu dans la Judée par la nécessité d’y accomplir les mysteres pour lesquels il avoit été envoyé, fit cette réponse par écrit au roi Abgar : Vous êtes heureux, Abgar, de croire en moi sans m’avoir vu ; car c’est de moi qu’il est écrit, que ceux qui m’auront vu, ne croiront point en moi, afin que ceux qui ne m’auront point vu croient & reçoivent la vie. ”
“ Quelques années après, le roi Abgar mourut [104] et le trône fut occupé par un de ses fils, homme méchant et pervers, impie à outrance, ennemi de la paix et rejetant la doctrine de la prédication de l’évangile. Il manda à l’évêque [105] Addé pendant qu’il interprétait au peuple, assemblé dans l’église, les oracles des saintes écritures : « Fais-moi des tiares en or comme tu en faisais auparavant à mon père ». ”
“ Mais ni le roi Abgar, ni même l’apôtre Addée, ne forçaient personne ni ne la contraignaient à embrasser le christianisme ; car, sans recourir à aucune violence, les miracles et les prodiges étaient assez évidents pour que l’on y crût. Ainsi toute la province de Mésopotamie et les pays d’alentour recevaient de bon cœur la doctrine de l’apôtre. ”
Moïse de Khorène,
L'Histoire de la Grande-Arménie
(1836)
“ Au retour, les députés arméniens vont à Jérusalem voir le'Sauveur, notre Christ, attirés par le bruit de ses miracles. Devenus eux-mêmes témoins oculaires de ces prodiges, ils vont ensuite les rapporter à Abgar. Ce prince, saisi d'admiration, croit véritablement que Jésus est bien le fils de Dieu, et dit : « Ces prodiges ne sont pas d'un homme, mais d'un Dieu: Non, il n'est personne d'entre les hommes qui puisse ressusciter les morts. Il n'y à que Dieu qui ait ce pouvoir.» Abgar éprouvait dans tout son corps des douleurs aiguës qu'il avait gagnées en Perse, il y avait déjà plus de sept ans ”
Donat Vernier, Histoire du Patriarcat arménien catholique… (1891)
“ Mais qu'y a-t-il de vrai dans la légende d'Abgar en correspondance avec Jésus-Christ et converti par saint Thaddée? Ceux qui voudront approfondir cette question peuvent consulter l'ouvrage de M. Tixeront, prêtre de Saint-Sulpice, professeur au grand séminaire de Lyon, sur l'origine de l'Eglise d'Edesse et sur la légende d'Abgar (1) . Voici la conclusion de cet auteur. La légende d'Abgar est apocryphe; ce n'est point saint Thaddée, mais Addaï, qui est le fondateur de l'Eglise d'Edesse; son épiscopat se place vers le milieu du IIe siècle; il est incertain s'il a été vraiment martyrisé ”
Centenaire de l'Ecole des langues orientales vivantes… (1895)
“ Aucun écrivain national ou étranger n'en fait mention, à l'exception du seul Moïse de Khoren. Mais, il y a trois ans, on découvrit dans la bibliothèque du Saint-Siège [de Jérusalem] , dans un recueil de pièces, un traité ainsi intitulé : « Lettre d'Abgar, fils de Maanou, roi de la ville d'Edesse, en syriaque Ourrha. » Cet écrit raconte la conversion d'Abgar, comment il écrivit à Jésus et en reçut une réponse, la venue de l'apôtre Thaddée auprès d'Abgar en Arménie (?) après l'ascension du Sauveur, sa prédication, etc. ”
Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible - Vigouroux
“ Un grand nombre de toparques de l’Osrhoène se sont appelés Abgar. Denys deTelmahar en énumère vingt-neuf. Celui qui régnait à Édesse du temps de Notre-Seigneur est le cinquième. Il reçut le surnom d’Uchama ou Ucomo, c’est-à-dire le Noir. D’après la chronologie du patriarche Denys, rectifiée par Gutschmid, Die Kônigsnamen in den apokryph. Apostelgeschichten, dans le Rheinisches Muséum, nouv. série, t. xix, p. 171, Abgar V gouverna l’Osrhoène de l’an 13 à l’an 50 de notre ère. D’après Moïse de Khorène, il descendait du roi parthe Arsace. ”
“ Abgar, après avoir entendu parler d’Addé, de ses miracles et de ses guérisons merveilleuses, réfléchit et fut persuadé que c’était vraiment lui dont Jésus avait dit qu’après son ascension il lui enverrait un de ses disciples qui lui rendrait la santé. Alors Abgar fit venir Tobie dans son palais et lui dit : « J’ai entendu dire qu’un homme puissant est entré chez vous ; amenez-le-moi donc, afin que je sois guéri par lui de mes maux ». ”
Centenaire de l'Ecole des langues orientales vivantes… (1895)
“ A trois reprises (2) , il est question dans la Lettre de la femme d'Abgar, qui se nomme Schelamat ~ (&) et rien ne fait supposer qu'il y ait eu d'autres « reines ». Or nous voyons apparaître tout à coup « la première des femmes d'Abgar », à qui Sanatrouk, après avoir massacré toute la famille, veut bien laisser « la souveraineté de toute la Mésopotamie ». Cette femme s'appelle Hélène. La combinaison qui a amené Moïse à en faire la veuve d'Abgar repose sur une erreur de l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, version arménienne. ”
Centenaire de l'Ecole des langues orientales vivantes… (1895)
“ Cependant l'apôtre Thaddée, ayant baptisé un nommé Addée (2) , ouvrier en soie lui. Lorsque Addée entra, une merveilleuse apparition se peignit sur son visage aux yeux d'Abgar. A l'instant même, lorsque Abgar vit l'apparition, il tomba la face contre terre et se prosterna devant lui. Tous ceux qui se tenaient devant lui, n'apercevant point la vision. furent saisis d'étonnement. Abgar demanda à Addée : « Es-tu vraiment le disciple de Jésus fils de Dieu, qui m'a dit : « J'enverrai vers toi un « de mes disciples pour qu'il te guérisse et te « donne la vie? » ”
C E Pichard, Essai sur Moïse de Khoren, historien arménien du Ve siècle du Christ… (1866)
“ Il força les Pacradouni à abandonner les lois du judaïsme et leur défendit surtout la circoncision. Cette famille prétendait descendre de Schampath, un des Juifs ramenés par Nabuchodonosor lors de la prise de Jérusalem. — 43 — III ABGAR, PREMIER ROI CHRÉTIEN. Abgar, une fois roi, songe à secouer le joug des Romains. Il ne peut réussir dans ses projets de révolte. Alors il passe en Orient et concilie les différends qui existaient dans la famille d'Ardachès. ”
“ La Chronologie d’Édesse lui attribue aussi 37 ans et un mois de règne, mais en en reculant le commencement, elle en met la fin l’année 45. ↑ Le syrien ou peut-être son traducteur anglais omet la dénomination évêque. Quant à cette histoire du martyre d’Addée, Moïse de Khorène l’a presque copiée mot à mot (liv. II, 34) . Quelques historiens byzantins (Cedrenus et le Porphyrogène entre autres) croient avec les Syriens que le fils d’Abgar et son successeur fut aussi bon chrétien que son père : tandis que le fils de ce dernier nommé aussi Abgar serait mécréant et persécuteur des chrétiens ”
Centenaire de l'Ecole des langues orientales vivantes… (1895)
“ Il a été envoyé dans le pays d'Arménie, qui lui était échu (2) . Mais un de ses principaux compagnons, nommé Simon, a été envoyé en Perse; cherche-le et tu l'entendras, en même temps que ton père Artaschès. Il guérira toutes vos maladies et vous montrera le chemin de la vie. Nerseh envoya dire au roi Abgar : « Ou bien envoie-moi cet homme qui fait des miracles, pour que je le voie et que j'entende ses paroles, ou bien ». ”
“ Marinus, d’abord l’ami de l’empereur Tibère ensuite tué par son ordre. On cite dans la même époque le jurisconsulte Sabinus Mausorius. Dans le livre apocryphe de l’Évangile de l’enfance de Jésus qui se trouve en langue syriaque, on appelle Sabina le préfet de la Syrie, qui, selon qu’il y est dit, gouvernait ce pays, même après l’ascension de J.-C. Siméon Métaphraste dit qu’Anan ministre d’Abgar allant en mission chez le gouverneur de l’Égypte, et traversant la Palestine, vit dans cette dernière contrée J.-C. ”
Centenaire de l'Ecole des langues orientales vivantes… (1895)
“ Après (4) l'ascension du Christ vers son père, Thomas, un des Douze, envoya vers le roi Abgar l'apôtre Addée, un des Soixante-douze. Lorsque Addée vint à Ourrha (Edesse) , il prit logement chez Tobie, fils de Tobie, un Juif, qui était du pays de Palestine, et le bruit de son arrivée se répandit par toute la ville. Le roi Abgar entendant parler de ses miracles. crut en son cœur que c'était vraiment celui au sujet duquel Jésus avait envoyé (5) vers (1) Voir plus haut, p. ”
de Voragine Jacobus, La légende dorée (1902)
“ « Si tu crois dans le Fils de Dieu, tous les désirs de ton cœur seront réalisés ! » Et Abgare : « Certes, je crois en lui ; et bien volontiers j’égorgerais les méchants Juifs qui l’ont crucifié ! » Or le roi Abgare était lépreux ; mais Thadée prit la lettre du Seigneur, lui en frotta le visage, et aussitôt sa lèpre disparut.II. Jude prêcha ensuite en Mésopotamie et dans le Pont, et Simon en Egypte. Puis ils se rendirent en Perse, et y trouvèrent deux mages Zaroës et Arphaxal, que saint Matthieu avait chassés de l’Ethiopie. ”
Kévork Aslan, Études historiques sur le peuple arménien (1909)
“ A. Carrière, la légende d'Abgare. — Tixerand, les origines de l'Eglise d'Edesse.) (2) D'après une tradition d'origine syriaque qui avait cours en Arménie vers le milieu du IV" siècle et que rapporte aussi Eusèbe, Thaddée, l'un des Douze selon les uns, l'un des Septante selon les autres, se rendit en Mésopotamie, à Edesse, y guérit, Abgare et le baptisa. De là il passa en Arménio au district d'Arlaz, où il fonda une église et donna l'investiture à Zaohnrie. ”
François Arago,
Œuvres complètes de François Arago
“ « On se presse bien, dit-il que gagnerez-vous à pousser les choses à bout ? Envoyez-moi dans le Levant ; je vous promets de ne jamais revenir. Qu’avez-vous à me reprocher ? — Rien, répondit son escorte, si ce n’est votre nullité. Au reste, on ne peut pas vivre en simple particulier quand on a été dey d’Alger. » Et le malheureux expira par la corde. XXXV. Les communications par mer entre Bougie et Alger n’étaient pas aussi difficiles, même avec des sandales, que le caïd de cette première ville avait bien voulu me l’assurer. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Le roi d’Alger se tient sur la porte, étincelant sous le clair acier qui lui recouvre la tête et le buste, Ainsi le serpent sorti des ténèbres après avoir dépouillé sa vieille peau, et fier de sa nouvelle écaille, se sent redevenu jeune et plus vigoureux que jamais. Il fait vibrer son triple dard, le feu brille dans ses yeux, et, partout où il passe tous les autres animaux lui font place. ”
Louis-Émile Bougaud, Histoire de sainte Monique (5e édition… (1872)
“ Lisez, aux jours de vos grandes tristesses, l'histoire d'Agar chassée des tentes d'Abraham et s'enfonçant dans le désert, son enfant à la main. Le soleil est ardent sur sa tête ; le sable lui brûle les pieds; son enfant, dévoré de soif, gémit et va mourir sous ses yeux. ”
La Vérité sur Alger ; par Eugène P.… (1831)
“ ALGER, capitale de ce royaume, est bâtie sur une montagne en forme d'amphithéâtre, baignée au nord et au nord-est dans la Méditerranée. L'aspect de cette ville n'offre rien de beau; à peine le navire qui vous y porte est-il en vue de ses murs, qu'il vous semble voir une longue muraille blanche très-élevée, et ce n'est que lorsque vous en êtes assez près, que vous pouvez distinguer les maisons qui sont d'un blanc sale, et forment un amas de pierres, tant les rues sont serrées et étroites, puisqu'à peine cinq hommes de front peuvent y passer. ”
Justin Taylor, L'Égypte (1857)
“ Ils s'étonnaient de voir étendu sans vie sur la poussière celui qui a fait trembler l'Arabie, et ne pouvaient se lasser d'admirer sa taille gigantesque. Renonçant à l'espoir d'atteindre la caravane qui avait dû arriver pendant la nuit à la tribu des Benou-Abs, ils se contentèrent de dépouiller Antar de ses armes pour les emporter chez eux comme un trophée. En vain ils voulurent saisir son coursier. Après la mort de son maître, Abjer n'aurait plus eu de cavalier digne de lui. Plus rapide que l'éclair, il disparaît à leurs yeux et s'enfonce dans les déserts. ”
Eusèbe de Salle,
Ali le Renard, ou la Conquête d'Alger…
(1832)
“ Abdalaziz et Théaleb trouvèrent l'aga entouré des grands-officiers de son armée et d'affidés qui, avec des titres moins sonores; avaient auprès de lui une influence plus réelle. De ce nombre était le chef des Zoaves de la garde particulière, le Kislar-Aga ou chef de ses eunuques, Merdjan, et un Espagnol connu sous le nom d'Albeïtar, parce qu'il avait exercé à Alger le métier de maréchal, ferrant avant de recevoir d'Ibrahim-Aga le titre officiel de son médecin. Ce titre est le seul qui fasse tolérer un chrétien auprès d'un grand seigneur musulman. ”
Armand Lacour, Monographie de la marine française en Algérie (1877)
“ Abou Mohamed el Abdery, le savant maure de Valence, écrivait un des premiers au XIIIe siècle, à propos d'Alger : « C'est une ville qu'on ne peut se lasser d'admirer et dont l'aspect enchante l'imagination. Assise au bord de la mer, sur le penchant d'une montagne, elle jouit de tous les avantages qui résultent de cette position exceptionnelle : elle a pour elle les ressources du golfe et de la plaine. Rien n'approche de l'agrément de sa perspective. » ”
“ Ce sera un âne sauvage que cet homme ; sa main sera contre tous, et la main de tous sera contre lui, et il habitera en face de tous ses frères. » Agar donna à Yahweh qui lui avait parlé le nom de Atta-El-Roï. car elle avait dit : « Ai-je donc ici même vu le Dieu qui me voyait ? » C’est pourquoi on a appelé ce puits le puits Lachaï-Roï. Il est situé entre Cadès et Barad. Agar enfanta un fils à Abram, et Abram donna le nom d’Ismaël au fils qu’Agar avait mis au monde. Abram était âgé de quatre-vingt-six ans lorsqu’Agar enfanta Ismaël à Abram. ”
Jules Janin,
Voyage de Victor Ogier en Orient…
(1834)
“ Il arrête l'Abjar, plante sa lance en terre, et, s'appuyant dessus, il demeure immobile. Les trente guerriers qui suivaient ses traces, en le voyant dans cette position, firent halte à l'autre extrémité de la vallée. « Antar, se disaient-ils les uns aux autres, s'est aperçu que nous observions sa marche; sans doute il nous attend dans ce défilé pour nous exterminer. Profitons de la nuit qui va nous envelopper de ses ombres pour regagner nos tentes et rejoindre nos frères. » ”
Charles Desprez, Alger naguère et maintenant, par Charles Desprez (1868)
“ A vous d'élever, comme bon vous semblera, vos baraques, à vous d'en éclairer les abords, à vous d'attirer le public par le bruit de vos trombonnes, de vos boniments, de vos cris. Si, dans ces conditions, vous parvenez à vivre, tant mieux pour vous et votre clientèle. Sinon, que la terre vous soit légère ; nous ne pleurerons pas votre mort. L'A'gérie a grandi ; ce n'est plus une enfant. ”
Jacques Suchet, Lettres édifiantes et curieuses sur l'Algérie… (1840)
“ On ne peut pas y aller d'Alger par terre, le pays n'étant pas assez sûr, et manquant totalement de route. Je m'embarquai donc encore sur l'Achéron : nous prîmes terre à Bougie , qui est une petite ville avec un joli port ; les Arabes l'ont abandonnée aux Français qui, lors de sa prise, avaient massacré une partie des habitants, et brûlé ou démoli une partie des maisons, de sorte que cette ville n'est presque plus qu'un monceau de ruines. J'y ai remarqué quelques antiquités romaines. On en trouve à chaque pas sur le littoral d'Afrique et dans l'intérieur des terres. ”
