Résumé

Charles Desprez Alger naguère et maintenant, par Charles Desprez (1868)

Mais, direz-vous encore, si le premier mal de mer peut inspirer à un homme tant de dégoût et de terreur qu'il se refuse absolument a en affronter un second, le profit n'en doit-il pas être partagé par la colonie ? Car enfin on court aussi bien la chance de souffrir en venant ici qu'en s'en retournant. Eh ! pour quoi comptez-vous le coeur humain ? Il n'est maux si grands, si certains qui puissent nous tenir éloignés de la patrie. Tandis que pour une fantaisie, pour la fortune, pour le bonheur même, on marchandera les épreuves. A Alger, nostalgique, vous partez malgré vent et marée.
Source : Gallica

Charles Desprez Alger naguère et maintenant, par Charles Desprez (1868)

Voulait-on voir passer le monde, être foi-même vu, rencontrer des amis, on se promenait, en temps de soleil, à l'ombre des arbres, en hiver ou les soirs d'été, sur le ciment du milieu net et battu comme l'aire d'une grange. El toujours on trouvait les personnes désirées. Quel autre lieu fréquenter en effet ? C'était le seul rendez-vous possible, le seul centre d'affaires, de flânerie et de plaisir. Médiocre d'étendue et de population, Alger réunissait ainsi, sur la place du Gouvernement, l'aspect et les avantages d'une grande capitale.
Source : Gallica

Charles Desprez Alger naguère et maintenant, par Charles Desprez (1868)

Si l'on pouvait encore, là bas, se reposer a son aise en attendant le départ ou l'arrivée des bateliers ! Mais pas un banc, pas un abri. Force est de rester debout, se morfondre à la pluie, ou rôtir aux rayons particulièrement incendiaires d'un soleil reflété par les mille facettes des flots.
Restait naguère, pour ceux que la descente au quai rebutait, la ressource de suivre des yeux, en se postant a la balustrade, les détails du départ ou les surprises du débarquement. Impossible, depuis que ces maudits sièges ont masqué de leurs toits aigus la plus intéressante partie du rivage.
Source : Gallica

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