Charles Desprez

Élements biographiques

Charles Desprez Alger l'été, par Charles Desprez… (1865)

Je vous le répète, mon cher maître, Alger est la patrie du roman, ou du moins il en possède au plus haut degré la suprême essence, l'amour ! « Les joies de l'amour, a dit un poète africain, qu'elles sont vives dans ce pays où la beauté du ciel vous enivre, où la fraîcheur de l'ombre vous trouble, où le chant des oiseaux est plus passionné qu'ailleurs, où l'humble cri de la cigale elle-même semble un refrain d'infatigable plaisir ! Qu'elles sont impétueuses et profondes au sein de cette végétation luxuriante, sur cette mer tranquille, dans ces plaines brûlées, sous ces marabouts frais ! »
Source : Gallica

Charles Desprez Souvenirs intimes (1881)

ASPHODÈLE ET CYCLAMEN.
J'avais quatre ans à peine, et l'on m'habillait encore en fille lorsque je fis un rêve où, la main dans la main de ma chère maman, je traversais avec elle un bois rempli de fleurs blanches côtelées de rose saumon et dentées comme des étoiles ; elles s'épanouissaient innombrables au sommet de tiges rameuses et presque aussi hautes que moi. Mille insectes brillants,— abeilles, mouches, papillons, — voletaient à l'entour. Le ciel était bleu, l'air doux, et je me sentais heureux au possible. Que de fois, depuis lors, cette idylle a repassé dans mon souvenir !
Source : Gallica

Charles Desprez Alger l'été, par Charles Desprez… (1865)

Il y a là des banquettes pour s'asseoir et des nattes pour s'accroupir; du café brûlant, du thé suisse et de l'eau fraîche à volonté. La tasse d'une main et la cigarette de l'autre, on regarde passer, à l'ombre des jeunes rameaux de l'eucalyptus globulus, arbre australien d'immense avenir, les calèches, les cavaliers, les amazones, les piétons, les chameaux elles omnibus qui font de celle roule une vraie lanterne magique; jusqu'à ce qu'enfin rappelé par l'heure, plutôt que chassé par l'ennui, on reprenne le chemin d'Alger.
Source : Gallica

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