Charles Desprez

Résumé

Charles Desprez Souvenirs intimes (1881)

ASPHODÈLE ET CYCLAMEN.
J'avais quatre ans à peine, et l'on m'habillait encore en fille lorsque je fis un rêve où, la main dans la main de ma chère maman, je traversais avec elle un bois rempli de fleurs blanches côtelées de rose saumon et dentées comme des étoiles ; elles s'épanouissaient innombrables au sommet de tiges rameuses et presque aussi hautes que moi. Mille insectes brillants,— abeilles, mouches, papillons, — voletaient à l'entour. Le ciel était bleu, l'air doux, et je me sentais heureux au possible. Que de fois, depuis lors, cette idylle a repassé dans mon souvenir !
Source : Gallica

Charles Desprez Souvenirs intimes (1881)

Nulle part le touriste n'avait trouvé résidence plus agréable, accueil plus sympathique, nulle part l'écrivain sujet de livres plus intéressants, nulle part l'artiste horizons plus splendides et motifs de peinture plus originaux, nulle part enfin le malade air plus salubre et climat plus réparateur. Alger donc devenu ma patrie d'adoption, ce n'est plus qu'à titre de visiteur que je fis, en 1865, le voyage de Paris. Les parents embrassés d'abord, je courus chez Calixte. Il prenait son chapeau pour sortir. — « C'est un bon génie qui t'amène, » fit-il en me sautant au cou.
Source : Gallica

Charles Desprez Souvenirs intimes (1881)

Vingt fois par jour interrompant nos explorations, nos études, nous nous demandions: Sera-ce demain ? Et chaque soir, en rentrant à l'hôtel, nous n'avions rien de plus pressé que d'interroger les gens de service, mais, hélas! toujours vainement.
Une après-midi enfin que, désespérant de l'audience, nous cherchions dans l'almanach les fêtes qui nous permettraient de rencontrer du moins le pape en quelque basilique, la porte de notre salon, soudain ouverte à deux battants, livra passage au plus beau dragon que j'aie rencontré de ma vie : casque doré, culotte blanche, grandes bottes à l'écuyère.
Source : Gallica

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