“ Intérieur du chignon de la Bavaria. Cette petite histoire des erreurs relatives à la Bavaria est à faire trembler les historiens présents et futurs. Voilà un fait qui est matériellement faux : cinquante personnes peuvent le constater tous les jours, et il n’en court pas moins, comme vérité, toute l’Europe d’un bout à l’autre. Du colosse grec passons à l’arc de triomphe romain ; nous irons ensuite à l’obélisque des Pharaons ; on peut ainsi voyager dans Munich, sans sortir de l’antiquité. ”
Duke of Bavaria
Définition et enjeux
Citations sur “Duke of Bavaria”
Louis Rivière, Entre l'Inn et le lac de Constance… (1891)
“ Ce roi qui avait passé sa vie à faire reproduire des monuments étrangers eut enfin une idée originale le jour où le patriotisme l'inspira : la Bavaria n'a de modèle dans aucune des capitales de l'Europe. ”
Johann Friedrich von Schulte,
Histoire du droit et des institutions de l'Allemagne
(1882)
“ Si autem predictus dux austrie... et uxor ejus absque liberis decesserint, libertalem habeant eundem ducatum affectandi cuicunque voluerint. Statuimus quoque ut nulla magna vel parva persona in ejusdem ducatus regimine sine ducis consensu vel permissione aliquam justiciam presumat exercere. Dux vero Austrie de ducatu suo aliud servicium non debet imperio nisi quod ad curias quos imperator prefixent in Bavaria, evocatus veniat ; nullam quoque expeditionem debeat, nisi forte quam imperator in regna vel provincias Austrie vicinas ordinaverit... Datum Ratisbone XV. Kal. Oct. ind. ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Histoire secrète d’Isabelle de Bavière…
(1953)
“ Louis de Bavière veut faire quelques représentations ; Jean ne les écoute point et fait aussitôt retourner vers Paris la litière où était le dauphin. Il est reçu dans la capitale par le roi de Navarre, les ducs de Berri et de Bourbon, le comte de la Marche et une foule de seigneurs. Des réjouissances se préparent, les rues sont tapissées et le duc de Bourgogne est hautement proclamé le sauveur de la France. Entre deux rivaux aussi puissants, il est rare que ce qui fait le bonheur de l’un ne fasse le malheur de l’autre. ”
Jacques Bainville,
Bismarck et la France
(1927)
“ L'histoire de Bavière se passait entre les frises et la rampe... Louis II ne voulut pas sacrifier son trône à la Musique de FA venir. Il céda. Pourtant, il eut encore quelques hésitations. Il lui était cruel de se séparer de Wagner, de renoncer aux rêves formés, aux projets ébauchés. Enfin la sagesse, l'esprit du devoir royal et politique, l'emportèrent. « La décision m'est pénible, dit-il au baron Schrenk, un de ses ministres. Mais, au-dessus de tout, je mets la confiance de mon pays. Je veux vivre en paix avec mon peuple. » ”
Jacques Bainville,
Louis II de Bavière
(1900)
“ Dans la partie qui commençait à se jouer entre les grandes puissances environnantes, — Prusse, France, Autriche, — il était clair que la Bavière ne pouvait servir que d’instrument, d’otage ou d’enjeu. Maximilien mourut le 7 mars 1864, pressentant des catastrophes. Il avait pu, avant d’expirer, faire ses dernières recommandations, remettre son testament politique à son successeur. Et voilà ce jeune homme de dix-huit ans qui a la charge d’un royaume. C’est un enfant. Non seulement il n’a pas d’expérience, mais il ne possède ni les qualités ni les aptitudes qui font l’homme d’État. ”
Léon Dusillet, Le Château de Frédéric Barberousse à Dole… (1843)
“ Sous la bure comme sous l'hermine, répondit le prince d'un air fier, Henri de Bavière est toujours chevalier, et prêt à punir qui l'outrage. Ne l'oubliez pas, sire châtelain ; si quelqu'un a failli, c'est moi. La fille du margrave ne me connaissait pas, et le duc de Bavière n'était qu'un simple chevalier pour elle. Mais rassurez-vous, vigilant comte : je ne viens point ravir votre pupille; je viens lui offrir ma foi, mon coeur et mes étals. ”
Louis Rivière, Entre l'Inn et le lac de Constance… (1891)
“ Dans la salle des batailles, on peignit les grandes luttes du commencement du siècle. On peut y constater que, seule de tous les Etats de l'Europe, la Bavière a toujours été victorieuse de 1800 à 1815 : le sage Max-Joseph a en effet eu soin de trahir Napoléon le jour où l'étoile de son protecteur a pâli. La dernière pièce, la salle du trône, est décorée de douze statues colossales en bronze doré représentant les ancêtres des Wittelsbach. Le visiteur est tout étonné d'y rencontrer Charles XII de Suède, allié assez éloigné des électeurs de Bavière. ”
Edmond About,
La Grèce contemporaine
“ Le roi ne va jamais au théâtre sans y dormir. La reine est fille du grand-duc d’Oldenbourg, qui est mort en 1853. Le roi est le second fils du roi Louis de Bavière, qui s’est rendu célèbre par son amour pour les beaux-arts et pour les belles artistes. Le roi, lorsqu’il traverse les rues d’Athènes, dans le costume des Pallicares, sur un cheval fringant qu’il conduit avec grâce, peut produire quelque illusion. Sa haute taille, sa maigreur et un certain air de majesté ennuyée ont frappé beaucoup d’étrangers qui le voyaient de loin. C’est de loin que l’Europe le regarde depuis vingt ans. ”
Henri Welschinger,
Revue des Deux Mondes
“ Certains rêvent de s’étendre en Alsace et de fonder un royaume d’Alemanie. D’autres en veulent faire un pays d’Empire ; d’autres parlent de céder Mannheim et Heidelberg à la Bavière. Les appétits sont aiguisés, les ambitions allumées. La question de l’Empire allemand se pose nettement. Bismarck amène avec adresse le roi de Bavière à offrir le titre d’Empereur au roi de Prusse ; mais il s’étonne que la Bavière réclame une armée personnelle, une représentation internationale et sa participation à la politique étrangère par voie de contrôle. ”
Saint-René Taillandier,
Revue des Deux Mondes
“ La France l’a bien récompensé de ces sympathies généreuses. Si la révolution, dans ses premiers jours, a dû briser l’épée du colonel de Louis XVI, elle le retrouvera plus tard et, lui donnera un trône. C’est le hasard qui le fit duc de Deux-Ponts en 1795 et duc de Bavière en 1799 ; mais c’est le vainqueur d’Austerlitz qui, en 1805, créa pour lui un royaume. Ce jeune colonel au service de la France, ce souverain sacré par Napoléon, c’est Maximilien-Joseph, premier roi de Bavière. ”
Julien Rovère, Revue des Deux Mondes
“ « A vrai dire, écrit Franziss en 1894, le mot de politique bavaroise provoque des haussements d’épaules dans certains cercles où on le considère comme incompréhensible. Cela vient de ce qu’on y a une trop insuffisante connaissance de l’histoire et de l’importance du pays... Aucun État moyen en Europe n’a à défendre des intérêts plus élevés et plus considérables que n’en a la Bavière. » Donc, si l’Autriche était trop puissante en Allemagne, le royaume devrait chercher dans la Prusse une alliée contre elle, et c’est ce qui s’est produit à la fin du XVIIIe siècle. ”
Konstantinos Chrestomanos, Élisabeth de Bavière, Impératrice d'Autriche (1900)
“ Sa sœur, la duchesse Sophie d’Alençon, brûlée vive au Bazar de la Charité; une autre sœur, qui perd héroïquement un royaume; son beau-frère, l’empereur Maximilien Ier, fusillé, le 19 juin 1867, à Queretaro; sa belle-sœur, l’impératrice Charlotte, folle de douleur; son cousin préféré, le roi Louis II de Bavière, noyé, le 13 juin 1886, dans le lac de Starnberg; son beau-frère, le comte Louis de Trani, suicidé à Zurich; l’archiduc Jean de Toscane renonçant à ses dignités et se perdant en mer; l’archiduc Guillaume tué par son cheval; sa nièce, l’archiduchesse Mathilde, brûlée vive ”
Julien Rovère, Revue des Deux Mondes
“ En outre, le royaume n’a cessé, à l’intérieur de l’Empire allemand, de vivre d’une vie propre et de nourrir de grandes ambitions. Ces ambitions lui paraissent légitimes. Il faut voir de quel ton les historiens bavarois parlent de la grandeur de leur pays au temps passé. Ils rappellent qu’au XIVe siècle l’un des ducs, qui fut l’empereur Louis IV, régnait sur la Bavière, le Tyrol, la Carinthie, le Palatinat, la Hollande, la Frise, le Hainaut, tout le pays situé entre l’Elbe et l’Oder, et le marquisat de Brandebourg. ”
Princess of Belgium Louise, Autour des trônes que j'ai vu tomber
“ Les Bavarois se souvenaient de Louis II, à la fois bon et magnifique.Le peuple est flatté quand un roi qui est un roi vient à lui; mais, s'il a l'air d'un charretier, il n'éprouve nulle fierté de le voir s'avancer sur le char de l'Etat changé en charrette.La cour de Bavière, qui s'était un peu relevée avant 1914, tomba de Charybde en Scylla avec le Kronprinz de Munich jouant, ainsi que celui de Berlin, au foudre de guerre. Les Wittelsbach ont dû s'évanouir comme une fumée dans la défaite des ambitions prussiennes. ”
Jacques Bainville,
Louis II de Bavière
(1900)
“ Le roi de Bavière et sa vie tourmentée n’ont pas cessé de parler à l’imagination des hommes. Ses châteaux reçoivent toujours des visiteurs. Louis II n’a pas eu tort d’élever des palais où se fixe la curiosité. Sinon, sa cousine, la tragique Élisabeth d’Autriche, eût bien pu effacer son souvenir. Comme la sensibilité de l’Impératrice est plus douloureuse et plus profonde que la sienne ! Et quelle rivale pour notre artiste manqué ! ”
Marie-Nicolas Bouillet, Atlas universel d'Histoire et de géographie contenant 1° la chronologie… (1872)
“ La Bavière, l'alliée de l'Empereur, devait garder, au nom de la France, le Tyrol et le Voralberg, les évêchés de Brixen et de Trente; Burgau, Eischtadt, Passau, Lindau, etc. Enfin la Bavière et le Wurtemberg, accrus de nouvelles provinces, formèrent deux nouveaux royaumes. L'Autriche une fois abattue, Napoléon n'avait plus d'obstacle à craindre ni en Italie, ni dans l'Allemagne occidentale. Aussi créa-t-il dans ces contrées des royaumes et des principautés qui ne reconnaîtront d'autre maître que lui. ”
Jacques Bainville,
Louis II de Bavière
(1900)
“ De bonne heure, Louis II avait rêvé de reconstruire là un grand château féodal. Il avait visité l’Exposition de 1867, invité par Napoléon III avec les princes de l’Europe entière, et de son rapide voyage — la mort de son oncle Othon, le roi exilé de Grèce, l’ayant rappelé en Bavière au bout de quelques jours — il avait surtout rapporté l’impression que la reconstitution de Viollet-le-Duc à Pierrefonds lui avait produite. Il n’avait plus cessé d’envier ce grand jouet en pierre de taille. À Eisenach, à la Wartbourg, l’Allemagne possède des châteaux forts historiques. ”
Julien Rovère, Revue des Deux Mondes
“ Pourquoi est-elle plus riche et plus peuplée ? La Bavière, pense-t-on communément dans le royaume, pourrait avoir la puissance de la Prusse et prendre la tête de l’empire. Ce mirage s’appuie encore sur d’autres considérations. Les patriotes étroitement nationalistes ne croient pas que leur pays ait perdu toutes ses chances d’accroissement territorial. D’autres États, qui sont moins grands, sont certainement appelés à jouer encore un rôle en Europe. Pourquoi la Bavière devrait-elle renoncer à tout avenir ? ”
Jacques Bainville,
Louis II de Bavière
(1900)
“ Il est remarquable qu’un sensible changement dans la vie et dans le caractère du roi ait coïncidé avec les manifestations du mécontentement public contre Wagner. C’est à ce moment que Louis II commença ses longues traites dans la solitude. Plus de réceptions, plus de promenades à travers Munich. La société lui pèse, et, quant à la foule, il la fuit. Il refusa même d’assister aux fêtes traditionnelles des chevaliers de Saint-Georges, ordre dont le roi de Bavière est le grand maître. ”
Jacques Bainville,
Louis II de Bavière
(1900)
“ C’est à ces lectures qu’il dut, lui qui se tint toujours à l’écart du monde, de pouvoir porter sur les hommes un jugement généralement sûr. Chaque fois qu’il se mêla personnellement, et avec quelque décision, de politique, sa finesse et sa pénétration furent remarquables. Bismarck, qui l’avait étudié, qui connaissait les faiblesses de son caractère, était loin, d’ailleurs, de le tenir pour une intelligence négligeable. Dans les passes difficiles, il ne dédaigna pas de jouer fin avec le roi de Bavière et se garda surtout de blesser Louis II, à qui il savait le cœur fier et bien placé. ”
J. B. de Saint-Victor, Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours…
“ La France n'y parut d'abord que comme alliée de l'électeur de Bavière, qui, dès qu'il se vit soutenu par un si puissant auxiliaire, déclara hautement ses prétentions à la couronne impériale, en concurrence avec le grand duc de Toscane, mari de la reine de Hongrie. ”
Jacques Bainville,
Bismarck et la France
(1927)
“ En ce qui concerne la Bavière, il ne m'est pas possible de cacher que nous avons le monarque le plus aimable qu'il m'ait été donné de voir. C'est une nature tout à fait noble et poétique. Sa personnalité a un pouvoir de séduction extraordinaire, parce que l'on sent que sa politique est l'expression d'un cœur bienveillant. ”
Jacques Bainville,
Bismarck et la France
(1927)
“ « Aussitôt qu'un Prussien franchira notre frontière, 600.000 Français et 400.000 Autrichiens se lèveront pour chasser l'envahisseur. La Bavière aux Bavarois! » Nos compatriotes de passage à Munich et reçus dans des salons où l'on sympathisait avec la France, ne doutaient pas que l'alliance de la Bavière, au cas d'un conflit, ne dût être française bien plutôt que prussienne. A la dernière minute, le gouvernement de Napoléon III tentait l'impossible pour gagner les États du Sud. A Paris même, il n'était politesses que ne reçut le comte Quadt, représentant diplomatique de Louis II... ”
Anonyme, Marie-Antoinette et Marie-Thérèse…
“ On y avait accueilli avec un vif mécontentement l’occupation de la Basse-Bavière et l’armement subit du roi de Prusse. Louis XVI avait dit à la reine en recevant les premières nouvelles : « L’ambition de vos parens va tout bouleverser. Ils ont commencé par la Pologne ; maintenant la Bavière fera le second tome : j’en suis fâché par rapport à vous. Nous venons de donner ordre aux ministres français de faire connaître dans toutes les cours que ce démembrement de la Bavière se fait contre notre gré, et que nous le désapprouvons. » C’était aussi le sentiment de Marie-Antoinette ”
Julien Rovère, Revue des Deux Mondes
“ D’autre part, la maison royale possédait au XVIIIe siècle les trois voix électorales de Bavière, du Palatinat et de Cologne. Elle aurait presque des droits sur la Bohême, puisqu’en 1440 ce pays a été offert par la diète au duc Albert III. Les patriotes les plus exaltés s’enivrent de ces souvenirs, songent que le royaume pourrait bien reprendre un jour son expansion interrompue, établir tout au moins son hégémonie sur l’Allemagne du Sud, mieux encore dominer l’Allemagne du Nord pour supplanter à la fois l’Autriche et la Prusse. ”
Histoire de Napoléon le Grand, empereur des Français… (1849)
“ Le 8 septembre, l'avant-garde impériale franchissait l'Inn et envahissait la Bavière. Le grand duc, qui avait réclamé vainement les privilèges de la neutralité, quitta précipitamment sa capitale avec sa famille et ses ministres, et se retira à Wurzbourg, de l'autre côté du Danube. Entre l'Autriche et la France, le choix de l'électeur ne pouvait être douteux ; aussi s'était-il lié par un traité avec l'empereur Napoléon, à qui la Bavière devait ses récentes acquisitions territoriales, et qui seul pouvait les lui conserver. ”
comte Maurice Fleury, Angélique de Mackau, Marquise de Bombelles…
“ Lors du traité de Versailles il avait été sérieusement question de permettre l'annexion de la Bavière à l'Autriche contre la cession des Pays-Bas à la France.Si ces échanges de territoire n'avaient pu se réaliser, l'occasion ne tarderait pas à s'offrir pour l'Autriche de revendiquer des prétentions, qui jusqu'alors étaient restées à l'état de rêve. La succession de Bavière allait s'ouvrir à la mort, escomptée dès longtemps, de l'électeur Maximilien-Joseph: ses états devaient passer à l'électeur palatin Charles-Théodore, dont la puissance était minime. ”
Anciens mémoires sur Du Guesclin
“ Louis de Bavière conservoit donc un vif ressentiment contre le Roi, et tout le portoit à favoriser les projets d’Édouard, lorsque ce monarque alla le trouver à Cologne. Les détails de leur entrevue sont fort curieux, ils montrent à la fois les prétentions, l’orgueil et la foiblesse des princes qui étoient revêtus du vain titre de chef de l’Empire. On avoit dressé deux trônes sur la grande place de la ville ; l’Empereur, au milieu d’une foule de noblesse, s’assit le premier, tenant à la main droite un sceptre et ayant la gauche appuyée sur un globe ”
La Neutralité belge et les crises européennes (1859)
“ On voulut réserver à la Bavière le rôle que la France aurait désiré voir remplir par la Prusse : celui de servir de contre-poids en Allemagne contre l'Autriche. On augmenta considérablement les possessions bavaroises ; on lui adjoignit le Tyrol, une perte que l'Autriche avait appelée naguère, dans une proclamation, le coup de mort de la monarchie. ”
