“ Jacques répéta, rêveusement : — Papa a été bon pour Marthe... pour moi... pour toi aussi, ma chère Mitsi. Et un instant après, il ajouta d’un air pensif : — Quand papa te regarde, ses yeux ne sont plus les mêmes. Les joues de Mitsi brûlaient, son cœur battait avec violence. Ainsi l’enfant lui-même remarquait le trop vif intérêt que portait à l’humble orpheline le riche et puissant châtelain de Rivalles... Avec un frisson de détresse, Mitsi songea désespérément : a Mon Dieu, venez à mon secours ! Que deviendrai-je, si vous ne me défendez ? ”
Citations sur “Mitsi”
“ Il s’y joignait une profonde angoisse et celle-ci révélait à M. de Tarlay que le sentiment éprouvé à l’égard de Mitsi différait fort des fantaisies qui avaient passé dans sa vie, jusqu’à ce jour. La courageuse attitude de l’orpheline ne faisait que donner plus d’ardeur à cette passion dont Christian, jusqu’alors, n’avait pas mesuré l’étendue. Il s’en apercevait aujourd’hui à cette inquiétude violente qui s’était saisie de lui, dès qu’il avait appris la fuite de Mitsi. « Je l’aime, cette petite Mitsi... je l’aime comme un fou ! » ”
“ Et, tournant les talons, Anna quitta la pièce, dont elle verrouilla la porte. Mitsi, terrifiée, songea désespérément : « Mon Dieu ! mon Dieu ! en quelles mains suis-je tombée ? Ayez pitié de moi, pauvre orpheline, qui fuis un danger pour en retrouver un autre, peut-être pire encore ! Qu’est-ce donc que ce Parceuil, pour me traiter ainsi ? Que lui ai-je fait, à cet homme qui a cru bon autrefois de se charger de ma tutelle, qui m’a fait élever, sans jamais paraître s’intéresser autrement à moi ? » ”
“ Tandis qu’elle dirigeait vers elle des regards sournoisement haineux, il lui venait l’envie féroce de déchirer avec ses ongles ce délicieux visage, d’aveugler à jamais ces yeux incomparables, de meurtrir ces lèvres charmantes dont le sourire devait avoir tant de séduction. Sa colère jalouse augmenta encore, en remarquant les coups d’œil fort intéressés que jetait vers Mitsi Thibaut de Montrec et les regards discrets, mais pleins de sympathie respectueuse, du Suédois. Un irrésistible désir d’humilier l’orpheline s’empara d’elle... ”
“ Que deviendrions-nous alors ? La vie est déjà si difficile, si dure pour eux, là-bas ! La porte de la lingerie, à ce moment, fut ouverte par une main autoritaire. Mme Léonie parut, presque semblable à autrefois. On voyait peu de rides sur son visage rebondi ; sa perruque continuait d’être du même blond roux, sur lequel tranchait le tulle noir du bonnet. Les yeux clairs, sous leurs paupières un peu gonflées, gardaient l’expression de méchanceté sournoise dont se souvenait trop bien Mitsi. ”
“ Subitement, elle se sentit libre... Pendant quelques secondes, ils restèrent face à face : lui, très pâle, les yeux étincelants d’une ardente colère, elle, frémissante de détresse, le regard chargé d’indignation, de souffrance, de reproche douloureux... Puis, se détournant, elle s’enfuit du pavillon somptueux, elle descendit le degré de marbre... et là-bas, juste devant elle, dans une des allées pleines d’ombre, elle vit un groupe élégant qui se hâtait, désireux sans doute de gagner le château avant l’orage. Mitsi distingua vaguement Florine, vêtue de blanc, la majestueuse présidente... ”
Maxine, Fées de la terre canadienne
“ « Le géant revient-il toujours par le même chemin ? » demanda Misti. — « Pas toujours. Le plus souvent il rentre par cette ouverture que tu vois dans le haut de la caverne et qui communique avec un passage secret de presque deux milles de longueur ; au bout de ce passage il y a une ouverture, et il passe par là. Pour descendre ça ne va pas mal, mais pour monter, c’est bien plus long ! » « — C’est la chute qui fait tout le temps ce grondement de tonnerre ? » « — Oui ! Entre ce bruit et la voix du géant, j’ai été presque folle !... Mais, écoute ! !... Misti, Misti ! Malheur ! C’est lui !... » ”
Maxine, Fées de la terre canadienne
“ « Courage, Misti ! » lui cria-t-elle, en partant, tenant bien serré la brassée de papooses, le géant aura bien de la peine à remonter, ça va te donner du temps ! Et tu seras victorieux, je le sens, tu es si brave ! »... « Misti sortit rapidement à sa suite et s’éloigna un peu de la chute. « Presque deux milles », avait dit Niata... Misti se mit à courir le long du rivage... Pendans près d’une demi-heure il courut ainsi, puis il s’arrêta pour respirer un peu et regarda avec désespoir cette falaise à pic, partout la même, droite, haute, inaccessible... Une idée lui vint... « Ma lame ! » ”
Maxine, Fées de la terre canadienne
“ « Misti saisit les mains de Niata, ses bras vigoureux la soulevèrent et il réussit à la sortir de la caverne. « Ils durent rester plusieurs heures blottis dans le passage de pierre. Enfin, un mince filet de lumière annonça le jour. — « Le géant revient-il toujours par le même chemin ? » demanda Misti. ”
Frédéric Mistral,
Mes Origines; Mémoires et Récits de Frédéric Mistral
“ Un jour, je n’avais pas plus de quatorze ans, peut-être, je venais de Saint-Remy, conduisant une charretée de paille roulée en trousses, et, par le mistral qui soufflait, je n’entendais pas la voix d’un monsieur dans sa voiture qui venait derrière moi et qui criait paraît-il, pour me faire garer. Ce personnage, qui était, ma foi, un prêtre noble (on l’appelait M. de Verclos) finit par passer ma charrette et, sitôt vis-à-vis de moi, il me cingla un coup de fouet à travers le visage, qui me met tout en sang. ”
Maxine, Fées de la terre canadienne
“ « Songeant aux méfaits de ce monstre, Misti, avec un cri de colère, se mit à lui lancer des flèches, dont une seule l’atteignit... — « Poltron ! Lâche ! Ver de terre ! » invectivait le géant, « tu me braves parce que je ne puis passer ! Mais attends ! Je vais te rejoindre... de mes deux mains je vais te tordre le cou ! » et il s’élança vers l’échelle pour remonter par le haut de la caverne ! — « Vite, Niata, prends ces bébés », dit Misti, et sauve-toi au bord du bois ! Oh ! Si je pouvais escalader la falaise ! » ”
“ Et peut-être qu’il aurait eu une Mitzi, si son égoïste père, le bey, avait épousé sa mère. Mais il est heureux même ainsi. Il reste sur son tabouret bas, dans un coin de la cuisine, et fait semblant de ne rien voir. Les dames ne se méfient pas de lui. Elles se frisent les cheveux tous les matins, sous ses yeux. Souvent, elles plaisantent, se bousculent l’une l’autre, font de grands mouvements, quand le peignoir s’ouvre et lui montre, comme dans un éclair, des seins et des genoux qui lui brûlent le regard. ”
Frédéric Mistral,
Mes Origines; Mémoires et Récits de Frédéric Mistral
“ Une année, à la Saint-Jean, maître François Mistral était au milieu de ses blés, qu'une troupe de moissonneurs abattait à la faucille. Un essaim de glaneuses suivait les tâcherons et ramassait les épis qui échappaient au râteau. Et voilà que mon seigneur père remarqua une belle fille qui restait en arrière, comme si elle eût eu peur de glaner comme les autres. Il s'avança près d'elle et lui dit:-- Mignonne, de qui es-tu? Quel est ton nom?La jeune fille répondit:-- Je suis la fille d'Étienne Poulinet, le maire de Maillane. ”
Paul Gilbert, Mithral, Chant épique. Protée, drame (1927)
“ Comme un mystère unit les soleils à distance, Une chaîne invisible a joint nos existences. Le rosaire des jours, fleuri par la pitié, S'égrène aux mains du Père, et tombe, heure par heure. La nuit monte. A mes pieds mon peuple se rassemble. Un frisson nous étreint d'avoir souffert ensemble, Et je les chéris tous jusque dans leurs erreurs Où tant de foi se mèle à l'ombre de l'amour ! — Les sentiers de la gloire ont d'étranges détours, Dit Mithral, où Dieu seul pourrait se reconnaître ! Le commun des croyants s'y perd avec son maître. ”
Paul Gilbert, Mithral, Chant épique. Protée, drame (1927)
“ Le pâle anneau lumineux qui le suit Palpite avec son souffle et s'éteint avec lui, Et ses orteils sanglants et crispés par l'effort Creusent le sable frais d'empreintes de phosphore Il brûle d'un vouloir splendide ; il est à bout, Il va s'abattre et l'orgueil seul le tient debout. Il marche vers Mithral qu'il provoque du geste : — Ami, ne parle pas toi-même au Roi céleste ! Choisis un interprète habile et me confie Le mot qui t'illumine ou t'assombrit la vie : Je traduirai ton rêve à Dieu. Pour ton bonheur, J'ai le secret du verbe agréable au Seigneur : Parle. ”
Jean-Baptiste Penon,
Discours prononcé à l'occasion de la fête de saint Mitre…
(1887)
“ Tous les historiens, tous les moralistes à l'âme un peu élevée, même ceux qui sont étrangers à notre foi, ont reconnu et proclamé que ces religieux, ces solitaires si étrangement méconnus par la légèreté mondaine, ont puissamment contribué à élever le niveau morel de l'humanité. Remercions donc aujourd'hui saint Mitre qui fut de leur nombre avant d'être appelé à une vie plus active, et prions-le de maintenir toujours au milieu de nous, par la puissance de son intercession, ces austères et fortifiants exemples. ”
Léopold Curez, Metz et les princes, souvenirs du camp de la Moselle… (1844)
“ Sois fière! et, quand s'exhale au loin ma triste plainte, Salut et gloire à toi ! Montre ton diadème en sa clarté sublime ! Pare-toi comme au jour du splendide réveil! Tu peux lever la tête au-dessus de ta cime, Car ta virginité ne craint pas le soleil ! Nemours et Montpensier de la splendeur du prince Chez toi ne viennent pas éblouir la cité ; Et ce sont deux soldats à qui toute province Doit l'hospitalité ; Surtout quand le canon sur ses remparts rayonne, Qu'on s'appelle une ville excellente en renom, Telle que Jeanne d'Arc, s'avouant ta patronne, Metz, peut t'offrir son nom! ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ Toutefois, comme il n’y aurait trouvé ni à déjeuner, ni à dîner, il fallait bien qu’il en redescendît deux fois par jour, à tout le moins. Et justement, ce matin-là, il n’en redescendait pas à l’heure habituelle, il se faisait attendre, ce dont maugréait Mitz, en tournant autour de la table. « Il ne viendra donc pas ? répétait-elle. — Omicron n’est pas là ? demanda Francis Gordon. — Il est toujours où est son maître, répliqua la servante. Je n’ai pourtant plus assez de jambes — oui, c’est ainsi, en vérité, que s’exprima l’estimable Mitz — pour grimper à son perchoir ! » ”
Juliette Adam,
Récits du golfe Juan. Patrie. La Pêche au feu…
(1875)
“ Son palais a mille colonnes ; il est situé dans le pays de la victoire. Il y conduit ses initiés, lorsqu'ils sont devenus trois fois bons. C'est Mithra qui bénit les troupeaux, qui les féconde. Il distribue les beaux jours à la terre. Ses vêtements luisent de sainteté. Il parcourt MITHRA. 355 incessamment les espaces, voyant tout de sa vue perçante, entendant tous les voeux des Fervers, qui sont la forme pure, les voeux des hommes, les voeux des animaux, ceux des fleuves, ceux des moissons. Il est le dieu de gloire. — Mon dieu est Mithra, dit Rosy en prenant la main de sir Edouard. ”
Willy et Jeanne Marais, La Virginité de Mademoiselle Thulette
“ Comme il se penchait de côté pour en jeter les morceaux dans sa corbeille à papiers, il aperçu Mitsou, silencieuse et charmée, Mitsou mettant à mal, sans bruit, un peloton de laine qu’elle avait déniché dans la lingerie. ”
Jean-Baptiste Penon,
Discours prononcé à l'occasion de la fête de saint Mitre…
(1887)
“ Dans la nombreuse famille des Saints qui appartiennent à notre pays, il est peu de figures plus attachantes que celle du glorieux Patron dont notre ville d'Aix, et en particulier ce Cercle catholique d'ouvriers, célèbrent aujourd'hui la fête. Outre l'auréole qui couronne toujours le front d'un martyr, il y a, en effet, dans les circonstances caractéristiques de la vie de saint Mitre, dans la générosité et la spontanéité de son dévouement, dans les merveilles de sa mort, un charme attendrissant que quatorze siècles n'ont point effacé. ”
Julie Borius, Corbeille du jeune âge
“ André se prit pour Misti d’un amour si tendre qu’il ne se séparait qu’à grand’peine de son petit chat. — Vraiment ! disait la cuisinière, — celle qui avait emporté les frères de Misti le jour de leur naissance ; mais Misti ne lui en voulait pas, car il n’avait plus souvenance de ce fait, — vraiment, je crois impossible de s’aimer plus que ne le font cet enfant et ce chat. Pourquoi faut-il que les amitiés les plus grandes subissent des épreuves ? ”
Frédéric Mistral,
Mes Origines; Mémoires et Récits de Frédéric Mistral
“ Aussi les vacances venues, quand je retournai au Mas, ma mère en me voyant tout pâle, avec, de temps en temps, des atteintes de fièvre, décida dans sa foi, autant pour me guérir que pour me récréer, de me conduire à saint Gent, qui est le patron des fiévreux.Saint Gent, qui a pareillement la vertu de faire pleuvoir, est une sorte de demi-dieu pour les paysans des deux côtés de la Durance.-- Moi, nous disait mon père, j'ai été à Saint-Gent avant la Révolution. Nous y allâmes les pieds nus, avec ma pauvre mère, je n’avais pas plus de dix ans. Mais, en ce temps, il y avait plus de foi. ”
Léopold Peloutier, Discours sur la vie et le martyre de saint Mitre… (1877)
“ Mitre était seul chrétien parmi les esclaves du procureur de la province 1 ; Arvandus avait, paraît-il, ignoré jusque là la religion du jeune grec qui prétendait l'appeler à des mœurs moins ignobles. Les esclaves du palais s'empressèrent de dénoncer à leur maître celui dont ils étaient jaloux, comme un chrétien fervent qui cherchait à augmenter le nombre des serviteurs du Christ, en catéchisant les autres esclaves et en leur prêchant la doctrine du Crucifié. ”
Alfred de La Guéronnière, L'Homme de Metz. (Suite de "l'Homme de Sedan"… (1871)
“ « Pauvre Metz, la plus fière des villes, tout est perdu, c'en est fait de la France ! » quand tous ensemble confondaient leurs lamentations dans ce refrain : « Qui sera notre maître, qui nous gouvernera, où irons-nous pour ne pas voir la ruine de notre nation? » quand tous ensemble, à l'envi, ils jetaient le mépris, l'insulte, la menace à ce maréchal en défaillance, qui renouvelait pour la France l'oeuvre noire qui a fait périr Maximilien et a rendu folle de sa grande douleur une princesse aussi noble que belle, oh! ”
“ Mitra, sensible à nos louanges, secourt les mortels. C’est Mitra qui soutient la Terre et le Ciel. Mitra regarde les hommes sans jamais fermer l’œil. Mitra est honoré par nos holocaustes et nos offrandes de beurre. 2. Ô Mitra, (divin) Aditya ! qu’il soit dans l’abondance, le mortel qui t’offre les dons du sacrifice. (L’homme) que tu protéges ne connaît ni la mort ni la défaite ; le mal ne le touche ni de loin ni de près. ”
“ Ils éveillent le ciel pour le lever de la lumière ; oui, pour le lever de la lumière. Adityas forts et resplendissants, ils sont les maîtres des biens. Mitra, avec Varouna et Aryaman, excite l’émulation des hommes ; oui, l’émulation et les travaux des hommes. 4. Que le soma soit agréable à Mitra et à Varouna. Que, dans nos libations, cette (double) divinité ait sa part ; oui, qu’elle ait sa part comme les autres dieux. Que tous les dieux l’honorent, honorés aujourd’hui aussi bien qu’elle. Faites ce que nous demandons ; oui, (déités) royales et justes, faites ce que nous demandons. ”
André de Guerne, Les Siècles morts
“ Bondir les grands troupeaux hors de l’étable chaude. Pour sa protection nous honorons Mitra ! II C’est Lui le Véridique et Sage, aux mille oreilles, Dont l’œil resplendissant découvre au fond des cœurs Tous les songes mauvais accomplis dans les veilles. Il passe, et déchaînant les ouragans vainqueurs, Garde, avec la parole et la foi du Fidèle, Même les faux serments et les pactes moqueurs. Sa face est un miroir d’argent, et devant elle Même le vain traité, que le pervers jura, Est solide et puissant comme une citadelle. Pour sa protection nous honorons Mitra ! III Salut ! ”
Paul Gilbert, Mithral, Chant épique. Protée, drame (1927)
“ Viens, te dis-je. Et Mithral, bienheureux, obéit. Mais à peine a-t-il pris son rang dans le cortège Que son voisin ressent un frisson sacrilège, Et, par le seul contact avec cet étranger Mécréant, sans un mot, sans un geste échangés, Soudain la foule a froid, sans cause, et les élus Se prennent, quand il passe, à douter du salut. La peur ouvre son aile et fait de l'ombre au loin Sur l'abîme ; elle monte à l'horizon des âmes, Et couvre tout, et le silence est comme un blâme De l'Éternel dont l'univers serait témoin. ”
