“ Voyez comme à vous deux vous avez perdu totalement cet oiseau. J’ai trouvé cet insouciant lourdaud qui lui faisait manger de la viande non lavée, et c’est un fauconneau ! — Allons, s’écria Woodcock, tu n’es qu’un fauconneau toi-même, mon petit Roland ; est-ce que tu entends quelque chose à la manière de nourrir les faucons ? Je te dis que l’oiseau doit avoir sa viande non lavée jusqu’à ce qu’il devienne un brancher [2] . Ce serait un excellent moyen de lui donner le mal de bec que de lui laver son manger plus tôt, et c’est ce qui est connu de tous ceux qui distinguent un milan d’un faucon. ”
Fauconneau
Définition et enjeux
Citations sur “fauconneau”
Victor Hugo,
Les Burgraves : trilogie (2e édition…
(1843)
“ On ne connaissait pas les fauconneaux au treizième siècle ; mais qu'importe ! il y a encore dans le public, quoiqu'il devienne de jour en jour plus sympathique et plus intelligent, beaucoup de braves gens qui n'admettraient pas les mangonneaux. ”
Juliusz Słowacki,
Oeuvres complètes de Jules Slowacki…
(1870)
“ Fauconnier, tiens bien l'oiseau sur ton poing ; couvre-lui les yeux de son voile doré ; empêche-le de battre de l'aile ; garde qu'il ne bouge et ne fasse sonner ses grelots ; tu lui enlèveras lé voile, lorsque l'animal aura donné dans nos pièges ; alors son rôle commencera. Le faucon se rembrunit; ainsi aveuglé, il hérisse ses ailes, allonge ses griffes, et, sombre, gonfle sa poitrine. J'entends un bruit là-bas... est-ce la bête qui passe? Non, c'est encore trop tôt; le moment n'est pas venu. C'est un lévrier léger, tenu en laisse, qui, impatient de ses liens, grogne et saute. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et le roi leva les yeux, et vit sur l’arbre un serpent ; et ce qui coulait était son venin. Alors le roi se repentit d’avoir coupé les ailes au faucon. Puis il se leva, remonta à cheval, partit en emportant avec lui la gazelle, et arriva à son palais. Il jeta alors la gazelle au cuisinier et lui dit : « Prends-la et cuisine-la ! » Puis le roi s’assit sur son trône, ayant sur sa main le faucon. Alors le faucon eut un hoquet et mourut. À cette vue le roi poussa des cris de deuil et d’affliction pour avoir tué le faucon qui l’avait sauvé de la perdition. ”
Pierre-Amédée Pichot, Fauconnerie (1890)
“ Maintenant, Messieurs, je veux vous dire quelques mots de l'éducation du faucon et de son dressage que nous appelons l'affaitage. L'éducation du faucon demande du soin et de la patience, de la douceur et du jugement, mais elle est loin d'être aussi difficile qu'on se l'imagine. C'est un apprivoisement, au bout du compte, une sorte d'association entre l'oiseau et son fauconnier. ”
Œillet Des Murs, La fauconnerie ancienne et moderne (1862)
“ Un bon Faucon doit avoir l'œil fier et assuré, le bec court et gros, le cou fort, gros, la poitrine bien musclée, les mahutes larges, les cuisses longues, les jambes courtes, la main large, les doigts déliés, allongés et nerveux aux articulations; les ongles fermes et recourbés; les ailes longues; le pennage foncé et sans mouchetures. La bonne couleur des mains et du bec est le jaune verdâtre. Placé sur le poing et exposé au vent, le bon Faucon doit se tenir ferme. ”
Paul Lacroix,
Moeurs, usages et costumes, au moyen-âge et à l'époque de la Renaissance
(1872)
“ Faire que le faucon obéît au sifflet, à la voix, au geste du fauconnier, c'était là le but suprême de l'art, et Dieu sait au prix de quels efforts et de quels soins on arrivait à ce résultat vraiment prodigieux. Tous les oiseaux de proie qui servaient à la chasse recevaient, quand ils étaient dressés, le nom générique de faucons; mais on distinguait, parmi eux, le gerfaut, le sacre, le Fig. i5o. — Varlets de fauconnerie. Fac-similé d'une miniature du manuscrit du Livre du roy Modus. ”
Georges-Louis Leclerc de Buffon,
Œuvres complètes de Buffon, éd…
“ J’observerai seulement que la couleur la plus ordinaire des pieds du faucon est verdâtre, et que quand il s’en trouve qui ont les pieds et la membrane du bec jaunes, les fauconniers les appellent faucons bec jaune et les regardent comme les plus laids et les moins nobles de tous les faucons, en sorte qu’ils les rejettent de l’école de la fauconnerie ”
Œillet Des Murs, La fauconnerie ancienne et moderne (1862)
“ Le Faucon niais étant assez fort pour recevoir les premières leçons, il faut : 1° lui mettre les jets qui servent à le tenir à la main, l'habituer graduellement à la vue des hommes, des chiens, des chevaux, des voitures, aux bruits divers qu'il pourra entendre, et les porter souvent sur le poing. Il faut, dans tous les exercices qui vont suivre, éviter les mouvements trop brusques, les impatiences, et ne pas oublier d'approcher l'oiseau toujours doucement, en avant, et en lui parlant; 2° le forcer à sauter lui-même du bloc sur le poing, à l'appel qu'on lui fait. ”
Œillet Des Murs, La fauconnerie ancienne et moderne (1862)
“ LARGE. — L'oiseau fait large quand il écarte ses ailes au repos; c'est un signe de santé. LÉGER. — Un Faucon est léger quand il soutient bien son vol. LEURRE ou RAPPEL. — Lure, angl. — Loer, holl. Planchette recouverte sur ses deux côtés par les ailes et le manteau d'un Pigeon pour rappeler les oiseaux. Le leurre est garni, entre la bifurcation des ailes, d'un petit ruban destiné à nouer au besoin un morceau de viande. A sa partie supérieure est fixé un anneau qui reçoit une ficelle permettant de l'agiter en l'air pour le faire voir de loin par l'oiseau qu'on leurre. ”
Johann Karl August Musäus,
Contes populaires de Musaeus
(1900)
“ Un jour, il lança son faucon, qui s'éleva bien haut dans les airs, et ne voulut plus revenir dans la main de son maître, malgré tous ses appels. Le comte suivit de son mieux le vol de l'oiseau à travers la plaine immense. Le faucon vola jusqu'à la terrible forêt. Le comte ne voulut pas s'y aventurer de nouveau, et disait déjà adieu à son cher oiseau. Tout à coup un aigle énorme s'éleva au-dessus de la forêt, et se mit à la poursuite du faucon, qui, au premier aspect de ce redoutable ennemi, s'en revint comme un trait vers son maître pour chercher protection auprès de lui. ”
Hendrik Conscience,
Le Lion de Flandre
(1838 (NL))
“ Ici, fauconniers ! L’oiseau a déchiré son armure de cuir et il est cruellement blessé. Mon Dieu ! la pauvre bête aura fait un trop violent effort ! Qu’on prenne bien soin de lui ! Stéven, toi qui l’as élevé et dressé, guéris-le : je serais désolé qu’il mourût. Il remit le faucon blessé à Stéven qui le prit presque les larmes aux yeux. Stéven était chargé d’élever et de dresser les faucons : ces animaux lui tenaient au cœur comme s’ils eussent été ses enfants. Après que les principaux seigneurs eurent lancé leurs faucons, la chasse devint générale. ”
Paul Lacroix,
Le Moyen-âge et la Renaissance…
(1848)
“ Un fauconnier, pour être expert en son art, devait savoir bien des choses; mais, l'emploi de fauconnier se transmettant de père en fils, le fils profitait des leçons de son père en y ajoutant les fruits de sa propre expérience. La Fauconnerie fut surtout en grand honneur au quatorzième siècle ; le nombre des nobles chassant au faucon était alors si considérable, que dans les salles des hôtelleries, sous le manteau de la haute cheminée, il y avait des perchoirs recouverts de peaux pour y mettre les oiseaux pendant le dîner des chasseurs. ”
Alfred Belvallette, Traité de fauconnerie et d'autourserie… (1903)
“ L'affaitage des faucons adultes sera plus délicat, mais aussi les services qu'ils vous rendront seront tout autres, car ayant chassé pour leur propre compte ils connaîtront toutes les ruses de l'adversaire qu'ils entreprendront et vous obtiendrez avec eux des résultats que les niais seraient tout à fait incapables de vous donner. DRESSAGE DES FAUCONS ADULTES Celui qui n'a pas retiré lui-même, des mailles d'un bow-net, un faucon sauvage qui vient de s'y laisser prendre, ne peut avoir aucune idée de la beauté farouche de ce noble oiseau. ”
Paul Lacroix,
Moeurs, usages et costumes, au moyen-âge et à l'époque de la Renaissance
(1873)
“ Le livre du roy Modus donne les plus minutieux détails et les plus singuliers sur la noble science de fauconnerie. Il nous apprend, par exemple, que la noblesse des faucons était en tel respect, qu'on n'employait jamais pour un de ces oiseaux les ustensiles, harnais et vaisselle qui avaient été employés pour un autre faucon. Le gant même, ce gant souvent magni- fiquement orné d'orfèvrerie, sur lequel le faucon avait l'habitude de se reposer, servait à lui seul et non à deux oiseaux. ”
Musée universel... 1re [-2e] année (1857-1858)
“ Pourauoi le faucon a-t-il eu l'honneur de de- - - -- -i -- - - venir le type du genre, à l'exclusion de l'aigle, son supérieur en force et en stature? Cela tient à plusieurs causes. D'abord, le faucon est de tous les rapaces diurnes, celui dont le vol est le plus puissant. Un tiercelet de faucon, échappé de la fauconnerie du roi Henri II, à Fontainebleau, fut retrouvé à Malte, moins de vingt-quatre heures après. Trois cents lieues en un jour! La locomotive ne dévore pas mieux l'espace. ”
Ermitage impérial. Catalogue de la galerie des tableaux (1863)
“ UNE CHASSE AU FAUCON. Une dame et un cavalier lancés au galop suivent un faucon qui est prêt à se jeter sur un héron. Près d'eux, un piqueur donnant du cor et suivi d'un chien. A droite, un fauconnier tenant deux chevaux par la bride et quelques gens qui se baignent; à gauche, au pied d'un groupe en marbre, une société faisant de la musique. Au fond, un paysage montueux avec ruines et dans le lointain, une ville. ”
Pierre-Amédée Pichot, Fauconnerie (1890)
“ Nous voilà donc assurés qu'il passe un faucon quelque part; nous ne savons pas où ; nous ne le voyons pas ; mais nous en sommes sûrs. Il faut attirer ce faucon. Alors on agit sur les filières des poteaux ; on fait voler le pigeon d'appel, on fait voler le faucon, ou le plumeau terrible, de façon à simuler un combat. L'oiseau passager a aperçu la manœuvre ; il y a là un camarade qui chasse ; il y a donc quelque chose à manger. ”
Jules Verne,
Voyage au centre de la Terre
(1864)
“ Pas un animal, sinon quelques chevaux, de ceux que leur maître ne pouvait nourrir et qui erraient sur les mornes plaines. Parfois un faucon planait dans les nuages gris et s’enfuyait à tire-d’aile vers les contrées du sud ”
Paul Féval, L’Homme de fer (1877)
“ Merci, Bette, ma mie, répondit dame Josèphe de la Croix-Mauduit, comme elle le faisait régulièrement depuis un demi-siècle, donnez une caresse aux chiens, ce sont des animaux fidèles : l’histoire ancienne rapporte nombre de traits qui prouvent le dévouement intelligent dont ces animaux sont susceptibles... Merci, maître Biberel, vous apporterez la provende du faucon, c’est un noble oiseau ; les Grecs ni les Romains ne connaissaient point sa valeur. La gloire du faucon est née avec la chevalerie. ”
Œillet Des Murs, La fauconnerie ancienne et moderne (1862)
“ Le biaz, c'est le nom du fauconnier, de celui qui est spécialement chargé de soigner et de nourrir l'oiseau de race, a quel- quefois pour son élève une tendresse aveugle, funeste; il le choie, il le nourrit avec excès, et, quoi qu'en dise le proverbe : « L'amour-propre est son seul conseiller, le seul mobile de ses actions, » s'il n'a pas faim, au lieu de chasser, le noble oiseau reprend sa liberté. Il faut d'ailleurs qu'un Faucon soit bien renommé pour qu'on le garde plus d'une année ”
Œillet Des Murs, La fauconnerie ancienne et moderne (1862)
“ Le Faucon se précipite sur le Pigeon; mais ses serres s'embarrassent dans le filet; il ne peut ni les retirer ni s'envoler, et on s'en empare. Quand le Faucon se voit pris, il ne donne aucun signe de colère ni de crainte. Il existe au désert un proverbe qu'on répète dans le malheur : « Thaïr-el-Hoor ila hasnel ma itkhbotchi : l'oiseau de race, quand il est pris, ne se tour- mente plus. » On dresse un perchoir dans sa tente, et on y attache l'oiseau avec une élégante lanière de filali, cuir travaillé à Tafilalet. ”
Paul Lacroix,
Le Moyen-âge et la Renaissance…
(1848)
“ Fauconnerie, comme le prouve ce passage du Lévitique : « Si quis venalione vel aucupio avem aul ferarn ceperil, » etc. Quoi qu'il en soit, la Fauconnerie fit les délices des grands seigneurs du Moyen Age et de la Renaissance. Les prélats eux-mêmes se délassaient de leurs graves occupations, en chassant au faucon; mais, comme ils ne voulaiént pas se donner la peine de dresser les oiseaux, certaines redevances Mœurs et Usages de la vie privée. CHASSE. Fol. XIII. leur accordaient des faucons apprivoisés et exercés à la Chasse. ”
Ernest Renan,
Souvenirs d’enfance (E. Renan)
“ Au moment où le dernier morceau du corps du saint homme fut mis dans le plateau, le fléau s'abaissa enfin, le petit oiseau s'envola, et le saint entra dans le nirvana. Le faucon, qui, après tout, avait fait une bonne affaire, se gorgea de sa chair.Le petit oiseau représente les parcelles de beauté et d'innocence que notre triste planète recèlera toujours, quels que soient ses épuisements. Le faucon est la part infiniment plus forte d'égoïsme et de grossièreté qui constitue le train du monde. ”
Laurent Degreaux, Études ornithologiques. La puissance de l'aile… (1871)
“ Tout Fart de la fauconnerie repose entièrement sur Inintelligence mise en pratique de cet oiseau. Le furet qui poursuit le lapin pour le saigner et satisfaire son appétit, voilà l'instinct ; mais un carnivore comme le Faucon, qui se dessaisit du fruit de sa chasse pour le céder bénévolement, nous donne la mesure de ses capacités intellectuelles. En présence d'un pareil fait, n'est-on pas forcé d'avouer que le Faucon comprend le but des leçons de son maître ? Le mot comprendre rentre dans la définition de l'intelligence. ”
Œillet Des Murs, La fauconnerie ancienne et moderne (1862)
“ La femelle ne diffère du mâle que par une taille plus forte et des teintes plus sombres. Les jeunes, avant la première mue, ressemblent, par les teintes, à ceux du Faucon d'Islande. En avançant en âge, ils offrent de la ressemblance avec le Faucon Pèlerin adulte; mais les pieds sont verdâtres au lieu d'être jaunes. Les jeunes mâles se distinguent toujours du Faucon d'Islande par la taille moins forte; les jeunes femelles ressemblent, sous tous les'rapports, aux jeunes mâles de ce même Faucon. ”
Paulin Paris,
Chansons de geste. [Signé : P. Paris…
“ Du cheval descendi, dedens l'ostel entra, Un faucon sur son poing que moult bel affaita : Le faucon mist à perche et gorge fait lui a. Le fils au forestier à qui moult anoya Aherdi le faucon, le col lui debrisa, Et puis lui dist : « Trouvés, mal ait qui vous porta ! » Quant le bastart ouÿ que trouvé l'appella, Et vit son faucon mort, forment lui ennoya, Il desclique la paume, et tel cop lui dona Que petit s'en failli le cuer ne lui creva. Survient alors le forestier, qui d'un autre coup de poing étend Doon près de son fils. ”
Amand Dubois, D'Europe en Asie : souvenirs d'un oiseau (1882)
“ Le rapace le plus généralement employé est le faucon commun, appelé encore faucon voyageur et faucon pèlerin. Cet oiseau, de la grosseur d'une poule, a environ vingt centimètres d'envergure : Il vole, en rasant, la surface des champs, avec une grande rapidité, pour faire lever et pour saisir les oiseaux cachés dans l'herbe et derrière les buissons : C'est peut-être le faucon dont le courage est le plus franc, le plus grand relativement à ses forces ; c'est le même que j'ai déjà vu en Afrique, chasser les jolies gazelles du désert. ”
Œillet Des Murs, La fauconnerie ancienne et moderne (1862)
“ Est-ce une Buse ou tout autre ennemi lourd et peu dangereux, la Pie-Grièche ne se remue qu'assez mollement; mais si elle cherche à se précipiter dans la loge et à s'y cacher, elle annonce, par cette démonstration, un oiseau d'un genre noble. Sonnini. qu'à faire jouer les panneaux du filet pour couvrir le Faucon, qui ne lâche pas sa proie. Les ouvrages de fauconnerie contiennent d'autres procédés pour prendre les Faucons de passage, mais ils sont tous fondés sur le même principe : la voracité et l'appât d'une proie en mouvement, ou l'antipathie pour les oiseaux de nuit. ”
Ernest de Limagne, L'étincelle : album-mosaïque (1860)
“ Le faucon ne se suivait pas dans l'air comme le cerf dans le bois. Il fallait, attaché à l'essor de l'oiseau, chevaucher par monts et par vaux, gravir des montagnes, traverser des rivières, braver mille dangers. L'envoi d'un faucon, .fait par un chevalier à la dame de ses pensées, était presque toujours accompagné d'un gantelet enrichi de pierreries. Toutes les dames nobles portaient sur le poing leur faucon. En entrant dans l'église, elles les déposaient sur des perchoirs disposés à cet effet à l'entrée du chœur. ”
Arthur Mangin,
L'air et le monde (4e édition)
(1885)
“ Au premier rang se placent, comme les plus beaux, les plus forts, les plus braves et les plus dociles à la fois, les faucons proprement dits : le faucon blanc, le faucon d'Islande, le faucon-gerfaut, le fauconsacre, le pèlerin ou faucon commun, l'autour et l'épervier. ”
