Mademoiselle d’Estorade

Définition et enjeux

Portrait de George Sand George Sand Narcisse (1858)

Mademoiselle d’Estorade parlait avec un grand abandon. Toute sa timidité avait disparu, et, bien qu’elle eût pu dire toutes ces choses avec une arrière-pensée de coquetterie, tant elle était idéale et d’un charme pénétrant dans ce moment-là, il y avait dans son exaltation une foi vive et aussi une bonne foi sincère. Elle m’inspirait un grand intérêt, mêlé d’un grand étonnement. Était-il possible que jamais l’espoir d’être aimée ne fût entré dans son cœur ? Il le fallait bien, puisqu’elle était riche et célibataire à vingt-huit ans.
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Portrait de George Sand George Sand Narcisse (1858)

Oui, mademoiselle, répondit avec une fermeté glaciale mademoiselle d’Estorade.
Et elle me regarda comme pour me dire : « C’est à votre tour de me justifier comme vous l’entendrez. »
Je pensai que la vérité de fait était le meilleur moyen d’en sortir. Grâce au ciel, Julia ne savait rien du rendez-vous, de la correspondance et des sentiments secrets qu’à tort ou à raison nous pouvions attribuer à mademoiselle d’Estorade.
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Portrait de George Sand George Sand Narcisse (1858)

Je crois que cette découverte, si elle ne fit pas un secret plaisir à mademoiselle d’Estorade, lui causa au moins cette sorte de soulagement intérieur que les femmes seules pourraient définir si elles voulaient bien être franches, et qu’à la vue d’une rivale laide ou enlaidie, la plus austère éprouve encore, sans se l’avouer à elle-même.
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