Bonaventure Des Périers, Les Contes; ou, Les nouvelles récréations et joyeux devis
“ «Voisin, dit ce larron, venez-moi aider à prendre ma vache qui est entrée en votre cour, pour avoir mal fermé votre huis.» Après que ce voisin lui eut aidé à ce faire, il lui persuada d’aller au marché avec lui (car, demeurant en la maison, il se fût aperçu du larcin) . En chemin, comme le jour s’éclaircissoit, ce pauvre homme, reconnoissant sa vache, lui dit: «Mon voisin, voilà une vache qui ressemble fort à la mienne.—Il est vrai, dit-il; et voilà pourquoi je la mène vendre, pource que tous les jours votre femme et la mienne s’en débattent, ne sachant laquelle choisir.» ”
