Emmanuel Lasserre

Résumé

Emmanuel Lasserre L'enfant devant la justice répressive (1891)

Sans volonté, sans discernement à son entrée dans la vie, l'homme n'est pas encore responsable de ses actions ; il ne peut en apprécier la valeur morale et en saisir la portée, parce que son intelligence et sa liberté ne sont pas complètement éveillées.
Si on n'avait qu'à déterminer l'influence de l'âge sur les conditions de l'imputabilité et de la culpabilité suivant la science rationnelle, il serait facile d'établir la règle scientifique : lorsque, l'enfant agit manquant de la liberté et de la raison morale, il y a non imputabilité
Source : Gallica

Emmanuel Lasserre L'enfant devant la justice répressive (1891)

Nous allons donc parler des effets de la minorité, 1° relativement à la juridiction, 2° à la valeur morale et juridique des faits imputés, 3° à la pénalité à établir, lorsque la culpabilité a été reconnue ou non.
La minorité amène des règles spéciales, par rapport à la juridiction appelée à statuer. Pour ce qui concerne les faits qualifiés crimes, sous l'empire du Code pénal de 1810, le mineur était traduit devant la Cour d'Assises. Mais lorsqu'il était établi qu'il avait agi avec discernement, le mineur n'était passible que d'un emprisonnement pendant un certain laps de temps.
Source : Gallica

Emmanuel Lasserre L'enfant devant la justice répressive (1891)

Pour apprécier la moralité d'un enfant, il faut distinguer entre le développement du sens moral et celui de l'intelligence : chez certains enfants, l'intelligence a devancé quelquefois le sens moral. En commettant un délit, ils ne verront qu'une malice, sans s'apercevoir de la gravité du mal moral ; chez d'autres, au contraire, l'intelligence est encore très bornée, et le sens moral est cependant fort développé : par un mouvement très pur, incontestablement, ils pourront commettre un acte répréhensible, parce qu'ils n'en connaîtront pas l'illégitimité.
Source : Gallica

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