F. Génin, Lexique comparé de la langue de Molière et des écrivains du XVIIe siècle
“ C’est exactement l’amour d’Alceste pour Célimène. Molière, devant ce même public qu’il avait tant réjoui aux dépens des maris trompés, voulut une fois épancher noblement la douleur qui navrait son âme. De là vient que le Misanthrope, sans action, est si intéressant: c’est le cœur du poëte qui s’ouvre, c’est dans le cœur de Molière que vous lisez, sans vous en douter; tout cet esprit si fin, cette délicatesse élevée, cette jalousie vigilante et confuse d’elle-même, cette fière vertu rebelle à la passion qui la dompte, c’est Molière, c’est lui qui se plaint, qui se débat, qui s’indigne ”
