Résumé

Portrait de Georges d’Avenel Georges d’Avenel L’Évolution des dépenses privées depuis sept siècles…

Nous pouvons noter d’ailleurs que, lorsqu’on parle de la passion du moyen âge pour la cuisine fortement pimentée et aromatisée, cela ne doit s’entendre que d’une élite assez fortunée pour s’offrir le luxe des épices, venues à grands frais de cet Orient mystérieux, « séjour des fées, » qui produisait le poivre, la cannelle, la muscade, le girofle et le safran. Le prix de ces condimens et la profusion incroyable avec laquelle on en usait dans toutes sortes de plats, de boissons et de confiseries, eût suffi à établir une démarcation profonde entre la table des riches et celle du peuple.
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Le système n’était pas économique, et ce n’était pas au reste par économie que les riches avaient si peu d’assiettes, puisqu’il leur en eût coûté beaucoup moins de les acquérir que de s’offrir le luxe d’une masse d’ustensiles massifs et même de meubles en argent. Mais, par un vestige de la simplicité primitive, tout en visant au superflu, on n’avait pas encore imaginé le nécessaire.
Dans toute argenterie privée au moyen âge s’observe la même disproportion que dans le mobilier royal entre la vaisselle que nous qualifierions d’indispensable et les objets de pur ornement.
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À peine venait d’être terminée l’ornementation du trône d’argent, dans le salon d’Apollon consacré aux audiences solennelles des ambassadeurs, que le Roi, soit que la passion de la guerre éteignît en lui l’amour du faste, soit qu’il fût séduit par le beau geste de jeter en solde, à ses armées en campagne, le métal de son trône et des choses précieuses qui l’avaient charmé, envoya fondre en 1688 tous ces meubles à la Monnaie. De ces chefs-d’œuvre qui avaient coûté 35 millions de francs et dont la façon était plus chère que la matière, le souverain croyait tirer 21 millions ; il n’en eut que 10.
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