Résumé

G. d’Avenel L’Évolution des dépenses privées depuis sept siècles

Ce sont les luxes anciens du riche et même des luxes que le riche ancien n’avait pas.
Le nivellement consiste donc en ceci : que le peuple a acquis plus de vrai bien-être, plus de luxe utile que le riche. La richesse a moins de jouissances véritables par-dessus la médiocrité, qui lui ravit ses anciens privilèges. La foule les possède désormais avec très peu d’argent, ce peu que le commun des hommes obtient aisément par son travail. Et l’argent, pour donner quelque chose, en est réduit à donner des biens de plus en plus factices.
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G. d’Avenel L’Évolution des dépenses privées depuis sept siècles

Pour procurer à ce Français actuel ce qu’il mange et boit si béatement, il a fallu révolutionner l’agriculture et l’industrie, découvrir les engrais artificiels, acclimater et sélectionner des races, des plantes et des graines, inventer des faucheuses, des batteuses, des moulins, des pressoirs, des turbines, des écrémeuses, des alambics, des appareils et des instrumens innombrables ; il a fallu inventer les transports à vapeur par terre et par mer, combattre et enrayer les maladies des bêtes ou des choses, imaginer des procédés scientifiques pour reproduire à volonté des phénomènes naturels
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G. d’Avenel L’Évolution des dépenses privées depuis sept siècles

Faut-il, pour que les Français soient heureux, qu’ils détiennent tous le meuble unique, ou qu’on brise ce meuble puisque tout le monde ne peut l’avoir ? Il est des cas où le « plaisir de rareté » est indéniable, lorsqu’il s’agit de certains biens dont la foule ne peut user sans leur enlever une partie de leur charme : il serait sans doute plus agréable pour chaque Parisien de posséder le Bois de Boulogne à soi tout seul, ou avec un petit nombre d’amis, plutôt que d’en partager aux jours de fête la jouissance avec 500 000 propriétaires.
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