Résumé

P. Scudo La Musique dans les Villes rhénanes

Qu’est devenue l’œuvre gigantesque des Alexandre, des César, des Charlemagne, des Charles-Quint et des Napoléon ? Ils ont perdu le pays dont ils s’étaient appuyés pour conquérir les autres. Il n’y a que Pierre de Russie et Frédéric de Prusse qui puissent mériter l’éloge d’un vrai philosophe, parce qu’ils se sont servis de la guerre pour créer un peuple qui n’existait pas avant eux. Depuis deux cents ans que l’Alsace est attachée aux destinées de la France, ce dont elle est loin de se plaindre, elle n’a pu se dépouiller de ses goûts, de ses mœurs et de ses instincts allemands.
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P. Scudo La Musique dans les Villes rhénanes

Le théâtre de Mannheim a été célèbre pendant les vingt dernières années du XVIIIe siècle, sous le règne de Charles-Théodore, prince magnifique, qui protégea l’art, la littérature et la musique allemande, dont il voulait l’émancipation. C’est sur le théâtre de Mannheim qu’ont été jouées les premières pièces de Schiller, sous la direction d’Iffland, et Mozart vint deux fois y chercher un refuge. L’orchestre de Mannheim était alors le premier de l’Allemagne et célèbre dans toute l’Europe. La ville est propre et jolie, mais d’une régularité désespérante et d’un style tout moderne.
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P. Scudo La Musique dans les Villes rhénanes

Encore une fois, on a beau faire, les races persistent à travers les modifications des siècles et les progrès de l’esprit. Pour moi, assis dans une embrasure du vieux château de Heidelberg, ayant en face le Neckar, qui coule paisiblement vers Mannheim, et dont la rive droite, parsemée de jolies maisons de plaisance, m’a rappelé les rives de la Brenta, je remplissais ces ruines et cet admirable paysage de souvenirs que j’évoquais, et je le peuplais à ma fantaisie d’êtres aimés, dignes de comprendre cette langue de la nature qu’a si bien parlée Beethoven !
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