“ John Bright, toujours prêt à faire feu, surveillait avec soin tous les mouvements du comte ; lorsqu’il vit sa démonstration amicale, il se leva et lui fit signe d’approcher. Le jeune homme remit tranquillement son mouchoir dans sa poche, alluma son cigare, plaça son lorgnon dans l’angle de son œil, et, après s’être ganté avec soin, il s’avança résolument. Arrivé aux pieds des retranchements, il se trouva en face de John Bright qui l’attendait appuyé sur son rifle. « Que me voulez-vous ? lui dit brusquement l’Américain, faites vite, je n’ai pas de temps à perdre en conversation. » ”
John Bright
Définition et enjeux
Citations sur “John Bright”
“ John Bright veillait à la garde du camp. John Bright était un homme doué d’une volonté de fer, d’un courage de lion ; jusque-là ses combinaisons n’avaient pas réussi, et il avait juré, coûte que coûte, de se faire une position honorable. Elle se tenait accroupie devant le feu. Il descendait d’une vieille famille de squatters. Le squatter est une individualité particulière de l’Amérique et que l’on chercherait vainement autre part. ”
“ By God ! s’écria John Bright avec colère en frappant du poing sur sa cuisse, je dois avouer que je n’ai pas de chance, tout tourne contre moi ; à peine suis-je installé ici, où tout me faisait présager un avenir des plus confortables, que me voilà malgré moi entraîné dans une guerre contre ces païens endiablés. Qui sait comment cela finira ? il est évident pour moi que nous y laisserons tous nos chevelures. By God ! belle perspective pour un homme tranquille, qui ne songe qu’à élever honorablement sa famille par son travail. — Ce n’est pas de cela qu’il s’agit en ce moment, dit Ivon ”
“ Les pauvres femmes, peu habituées au rude labeur auquel elles s’étaient livrées, avaient besoin de repos. John Bright ne s’était pas plus ménagé que les autres ; il comprit la justesse de la demande que sa femme et sa fille lui adressaient, et comme il n’avait plus rien à redouter provisoirement, il accorda généreusement un jour entier de repos à la petite colonie. Les événements qui avaient marqué l’arrivée des squatters dans la province avaient laissé une profonde impression dans le cœur de mistress Bright et de sa fille. ”
“ Le soir même de ce jour, John Bright, pressé par sa femme, avait dit adieu au comte et au major et était retourné dans son défrichement. L’hiver s’écoula sans incident nouveau, la rude leçon donnée aux Indiens leur avait profité. Fleur-de-Liane, reconnue par son oncle, était restée au fort Mackensie. L’enfant était triste, rêveuse ; souvent elle passait de longue heures appuyée sur les parapets, les regards fixés sur les campagnes et les forêts qui commençaient à reprendre leur verte parure. ”
“ Il y a certaines natures brutales avec lesquelles, comme le comte l’avait fait avec John Bright, il faut employer les moyens extrêmes et leur imposer sa supériorité ; avec ces gens-là on ne discute pas, on assomme ; puis, après, il arrive généralement que ces hommes si intraitables d’abord deviennent doux comme des agneaux et font tout ce qu’on veut. L’Américain, doué d’une grande force physique, et comptant sur elle, avait cru avoir le droit d’être insolent avec un homme maigre et fluet ”
“ Vous le savez ? s’écria John Bright. — Je sais tout, répondit-elle ; mais rassurez-vous, vous avez encore deux heures avant que d’entendre résonner à vos oreilles leur horrible cri de guerre ; c’est plus qu’il ne vous en faut pour vous mettre en sûreté. — Oh ! nous avons de bons rifles et un coup d’œil sûr, dit William en serrant son arme dans ses mains nerveuses. ”
“ Ils n’attendent pour tous attaquer que le coucher de la lune. Il vous reste à peine une heure. — Ma pauvre femme, murmura John Bright. — Il m’est impossible de vous sauver tous, le tenter serait une folie ; mais je puis, si vous le voulez, essayer de soustraire votre femme et votre fille au sort qui les menace. — Parlez ! parlez ! — Cet arbre, au pied duquel nous nous tenons, bien qu’ayant en apparence toute la sève de la jeunesse, est intérieurement rongé, de sorte que l’écorce seule le tient debout. ”
“ Votre femme et votre fille, munies de quelques provisions, descendront dans l’intérieur de cet arbre, elles attendront là en sûreté que le danger soit passé. Quant à vous... — Quant à nous, qu’importe, interrompit vivement John Bright, nous sommes des hommes habitués aux périls, notre sort est entre les mains de Dieu. ”
“ John Bright avait laissé tomber sa tête sur sa poitrine avec découragement. « Que faire ? » murmura-t-il. Natah-Otann lui posa la main sur l’épaule. « Que mon frère ouvre les oreilles, lui dit-il, un chef va parler. ». L’Américain fixa sur lui un regard interrogateur. ”
“ « Eh bien ? s’écrièrent-ils en même temps, lorsqu’ils se rencontrèrent. — Rien, et vous ? — Rien. — C’est étrange ! murmura John Bright, le bruit était pourtant assez distinct. — C’est vrai ; mais je vous répète, père, que ce n’était pas autre chose qu’un animal qui a bondi aux environs. Par une nuit aussi calme que celle-ci, le moindre bruit s’entend à une grande distance ; du reste, nous sommes bien certains à présent que personne ne se tient caché auprès de nous. — Rentrons, » dit l’émigrant tout pensif. Ils se mirent en devoir d’escalader les retranchements du camp ”
“ « Eh ! eh ! reprit John Bright, voici le jour, ne perdons pas de temps, mettons-nous en route ; vous, William, je vous recommande votre mère et votre sœur, ainsi que tout ce qui est ici. — Allez, mon père, répondit le jeune homme, je ferai bonne garde pendant votre absence ; vous pouvez être tranquille. » L’émigrant serra la main de son fils, jeta son rifle sur l’épaule, fit signe à Sem de le suivre, et s’avança vers les retranchements. ”
P. Challemel-Lacour, Hommes d’état de l’Angleterre - John Bright
“ M. Bright a eu la fortune d’être porté aux affaires sans l’avoir voulu, par la seule force des idées qu’il travaillait à propager, en sorte qu’il n’a eu ni un mot à effacer de ses discours, ni une démarche à désavouer dans son passé. Tant qu’il conservera sa position nouvelle, son éloquence devra s’y approprier. Je doute qu’elle y gagne ; mais s’il est vrai, comme le dit Cicéron, que dans l’éloquence aussi bien que dans la vie le comble de l’art soit de voir ce qui convient, on peut attendre d’un homme si plein de tact qu’il modifie quelque peu son langage. ”
“ Et se penchant à l’oreille de sa fille : « Quand nous serons seules nous parlerons de lui, lui dit-elle tout bas. — Oh ! ma mère ! s’écria Diana avec bonheur, que vous êtes bonne et que je vous aime ! » Elles sortirent et regardèrent dans la plaine. En effet, à une assez grande distance encore, on apercevait une troupe de quatre ou cinq personnes, en tête desquelles marchaient John Bright et son fils Williams. ”
P. Challemel-Lacour, Hommes d’état de l’Angleterre - John Bright
“ Après avoir demandé qu’au moins on ne se montre pas hostile, il ose davantage : en présence d’un si grand intérêt pour la civilisation, il interdit au cœur et à la raison de rester neutres. Je crains bien que, si M. Bright n’était pas aujourd’hui ministre, de sages esprits, un peu trop amoureux de la correction, ne fussent tentés de voir là moins la conduite d’un vrai politique que les procédés d’un agitateur ou même d’indignes flatteries adressées aux passions de la foule. ”
P. Challemel-Lacour, Hommes d’état de l’Angleterre - John Bright
“ Lorsqu’on vit le nord commencer la guerre, confiant dans sa force et dans son droit, on s’irrita. Des gens qui n’auraient pas eu assez de railleries contre lui, s’il avait cédé sans combat, feignirent l’indignation, et lorsque M. Bright embrassa résolument la cause abandonnée de l’Union, les mêmes personnes crièrent au scandale. ”
P. Challemel-Lacour, Hommes d’état de l’Angleterre - John Bright
“ Les deux premiers points sont, comme on sait, les seuls qui aient été modifiés par le bill de 1867. Le scrutin secret n’y a pas été introduit, et la réforme est, même en ce qui concerne l’extension du droit électoral et la distribution des sièges, moins large que ne l’aurait souhaitée M. Bright ; mais M. Bright n’est pas un homme de parti, dans le sens du moins où on l’entend chez nous. Il n’a pas un programme invariable, il ne se cramponne pas au droit absolu. Il a donc accepté le bill, sans toutefois y borner ses espérances. ”
P. Challemel-Lacour, Hommes d’état de l’Angleterre - John Bright
“ De là l’inquiétude que le peuple leur inspire, de là leurs dédains plus irritans pour lui que leurs privilèges, et cette inquiétude et ces dédains ne sont pas le propre des tories. On se rappelle les excès de langage auxquels s’est maladroitement porté contre le peuple, pendant la discussion du bill de lord Russell, un député libéral, éloquent, M. Lowe, dont les circonstances ont fait depuis un collègue de M. Bright au ministère. Il y a toute une école de politiques qui regardent la peur du peuple comme le premier article de la sagesse ”
Adolphe Bitard,
Dictionnaire de biographie contemporaine française et étrangère
(1887)
“ Il fut, à cette occasion, fait chevalier par le vice-roi d'Irlande. Plusieurs messages furent aussitôt échangés entre Londres et New-York, parmi lesquels des adresses de félicitationsentre lareine d'Angleterre et le président des Etats-Unis sans parler des ordres contremandant l'envoi de deux régiments ranadiens aux Indes, dont la réception en temps opportun réalisa une économie de 1,250,000 francs au bas mot. Sir Ch. Bright a été membre de la Chambre des communes pour Greenwich, de 1865 à décembre 1868. ”
Louis Reybaud,
Revue des Deux Mondes
“ M. Bright prit le commandement, M. Cobden ne vint qu’en second ; l’autorité se déplaçait. Pour bien juger M. Bright, il faut se souvenir de ce qu’il est, un quaker, et un quaker convaincu. C’est ainsi seulement qu’on s’explique ces discours si étranges de la part d’un Anglais, et où, se faisant l’homme de toutes les nations, il affecte de n’être pas de la sienne. La croyance chez lui domine l’opinion : il ne voit dans le monde que des frères unis en Dieu et victimes ici-bas de séparations artificielles ; il n’admet et ne veut admettre de justice que dans la paix ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 octobre 1866
“ Gêné dans l’argumentation, M. Bright essaie de se tirer d’affaire par l’invective : il fond sur les tories avec violence, il attaque lord Derby ; sa bête noire est surtout M. Lowe, un des plus grands talens du parti libéral, qui s’est montré si éloquent dans la discussion du bill de M. Gladstone : esprit libre de préjugés, capable de dominer par la solidité de ses idées les intelligences les plus positives et de charmer les intelligences les plus cultivées par l’art tout à fait distingué de sa méthode et de ses formes oratoires. ”
Émile Montégut, Le Roman contemporain en Angleterre…
“ Sans force de résolution, mais capable de mouvemens subits, lent à l’action et cependant prompt à la colère, indécis et timide dans sa conduite et cependant rongé d’ambitions dévorantes, John Briggs était un de ces jeunes hommes qui réclament de ceux qui les approchent des ménagemens infinis, une sollicitude pleine de tendresse, une surveillance délicate et finement rusée. ”
Adolphe Bitard,
Dictionnaire de biographie contemporaine française et étrangère
(1887)
“ En 1851, il prit part au vote de censure infligé à lord Palmerston, à propos de l'affaire Pacifico et, en 1852, à la manifestation de bienvenue organisée en l'honneur de Kossuth par les libaraux avancés du Lancashire. Lors de la formation du premier ministère Derby (1852) , M. Bright s'occupa de la reorganisation de l'Anti-Corn law League; mais l'acceptation finale du libre échange par le nouveau gouvernement rendit ses efforts inutiles en ceci. Aux élections generales de la même année, Manchester le renvovait eiéger à la Chambre des communes. ”
Nathaniel Hawthorne,
Le Livre des merveilles
“ Il faut vous dire qu’Eustache Bright avait acquis parmi les enfants une grande réputation comme conteur de récits merveilleux. Bien qu’il se prétendît fatigué toutes les fois que ses auditeurs, qui ne se lassaient pas de l’entendre, lui en demandaient encore un autre, je doute réellement que rien pût lui faire autant de plaisir que de les leur débiter. ”
G. Charmes, Revue des Deux Mondes
“ « Voici deux assertions des adversaires du tunnel que je prends la liberté de contester d’une manière absolue : la première, c’est que la nation française et son gouvernement sont composés de brigands ; la seconde, c’est que la grande nation anglaise, dont le bras s’étend sur tout le globe, est composée d’imbéciles. » Hélas ! si tous les Anglais sont de l’avis de M. Bright sur ce second point, ils ne le sont pas sur le premier. Le projet de tunnel a été rejeté sous prétexte qu’il mettrait l’Angleterre à la merci d’un coup de brigandage de la France. ”
Pierre Alexis Ponson du Terrail,
Les exploits de Rocambole. I, Une fille d'Espagne…
(1866)
“ Cette homme se nomme Walter Bright. Il connaissait cet haine ; mais en bon marin anglais qui croit que la discipline et le respect dû aux supérieurs constituent la meilleure égide, il ne s'en préoccupa point davantage. ; - Et vous croyez donc, observa le mulâtre, que ces i ru ures .,.. — Attendez, docteur. Walter Bright avait fait son temps de service et il était libre de quitter la marine de la Compagnie quand bon lui semblerait. Il vint me voir un jour, dans ma cabine, à bord d'un schooner que je ”
Adolphe Bitard,
Dictionnaire de biographie contemporaine française et étrangère
(1887)
“ C'est donc comme adversaire du Grand Vieillard que Birmingham l'a reelu à cette date. M. Bright a été elu lord recteur de l'université de Glasgow le 15 novembre 1880. Il a été publie en 1868 un recueil de ses Discours sur la Politique générale. BRIGHT, sir CHARLES TILSTON, ingénieur-électricien anglais, ne en 1832. Il embrassa la profession d'ingénieur civil en 1850, et en 1853 en qualité d'ingémeur de la Compagnie anglaise et irlandaise de télégraphie magnetique, eut à s occuper de relier l'Irlande et la Grande-Bretagne par un télégraphe sous-marin. ”
Baron George Gordon Byron Byron, Œuvres complètes de lord Byron…
“ Si vous ne m'écrivez bientôt, je vous ferai une querelle.»LETTRE CCCXCV. A M. MURRAY. Ravenne, 25 octobre 1820.«Pressez, je vous prie, la remise du paquet ci-joint à lady Byron. C'est pour affaires.»En vous remerciant pour l'Abbé, j'ai commis quatre grandes erreurs. Sir John Gordon n'était pas de Gight, mais de Bogagight; il périt non pour sa fidélité, mais dans une insurrection. Il n'eut aucun rapport avec les événemens de Loch-Leven; car il était mort quelque tems avant l'époque de l'emprisonnement de la reine: et quatrièmement je ne suis pas sûr qu'il ait été ou non l'amant de la reine ”
Émile Montégut, Le Roman contemporain en Angleterre…
“ John Briggs appartenait à une honnête et pauvre famille anglaise qui l’avait placé en qualité d’employé chez M. Thurnall, l’apothicaire de la petite ville de Whitbury. Vous pouvez imaginer aisément les ennuis du jeune poète livré à des occupations qui répugnent à sa nature. Inquiet, rêveur, distrait, jamais son attention n’est dirigée vers l’accomplissement des petits devoirs pratiques que lui impose sa condition : il égare les adresses des cliens, brouille les médicamens, se trompe de formules, le tout le plus innocemment du monde, en poursuivant une image ou en caressant une chimère. ”
Arthur Conan Doyle,
Jim Harrison, boxeur
“ Bien qu’il y eut un courant continu de commerce sur la route, les coches venant de Brighton en étaient encore trop près pour faire halte et ceux de Londres trop pressés d’arriver à destination, de sorte que s’il n’avait pas eu la chance d’une jante brisée, d’une roue disjointe, l’aubergiste n’aurait pu compter que sur la soif des gens du village. C’était juste l’époque où le prince de Galles venait de construire à Brighton son bizarre palais près de la mer. ”
“ Je crois que M. Bright avait raison, et qu’au point où l’affaire en était venue, les plus hardis des conservateurs opposans n’auraient pas osé se charger du gouvernement aux conditions qu’ils voulaient imposer à sir Robert Peel. Ils n’en persistèrent pas moins dans leurs exigences et leurs violences. C’est l’une des fautes les plus communes de l’opposition de réclamer avec passion ce qu’elle ne tenterait pas d’accomplir, se donnant ainsi, aux yeux des honnêtes gens sensés, le tort d’une imprévoyance frivole ou d’une hypocrisie ambitieuse. ”
